Valérie Pécresse recevant les organisations représentatives étudiantes (18 mai 2009) © TF1/LCIAlors que la fin de l'année universitaire approche à grands pas, une dizaine de facultés connaissent encore des blocages. Et pour les étudiants qui voient s'approcher la perspective d'examens sans avoir pu rattraper les cours, le stress monte. Valérie Pécresse, après avoir reconnu samedi que la "barque" des "réformes" était peut-être "trop chargée", ce qui avait pu "cristalliser les inquiétudes" au sein des universités, recevait ce lundi les responsables des organisations représentatives étudiantes : UNEF, FAGE, UNI, PDE et la Confédération étudiante. Jusqu'à présent, le mot d'ordre au ministère de l'Enseignement supérieur était : pas de diplôme bradé. Sans revenir sur ce principe, elle a fait tout de même un geste d'apaisement en présentant des mesures destinées à aider les étudiants concernés par un décalage des examens.
Elle a notamment accordé un mois de bourse supplémentaire aux boursiers. La ministre a également affirmé que les étudiants résidant en cité universitaire, mais aussi ceux résidant en ville, pourraient faire une demande de logement étudiant durant le mois de juillet. Une circulaire va aussi préciser qu'aucun étudiant ne devra être privé de sa bourse l'an prochain pour des raisons liées à son manque d'assiduité au second semestre. Autre mesure : Valérie Pécresse va demander aux préfectures qu'aucun étudiant étranger ne soit pénalisé dans sa demande de renouvellement de titre de séjour étudiant. Sur les examens, les présidents d'université devront garantir que l'organisation des épreuves ne soit pas pénalisante pour les étudiants. Les examens ne porteront que sur les enseignements effectivement réalisés ou rattrapés dans les universités. Les universités ont aussi l'obligation d'organiser une seconde session de rattrapage pour avoir le droit à une seconde chance.
Réponse par voie de presse aux "refondateurs"
Ces mesures "sont de nouvelles garanties pour les étudiants pour qu'ils puissent passer leurs examens dans de bonnes conditions" mais "ne permettent pas de lever les inquiétudes qui s'expriment sur le fond" du conflit, a toutefois estimé Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF. Il a ainsi demandé "des gestes d'apaisement supplémentaires".
Valérie Pécresse a aussi voulu tendre la main par voie de presse aux "refondateurs" de l'université - les 29 universitaires de premier plan signataires d'un "manifeste" pour "refonder l'université française" publié la semaine dernière. Dans Le Monde, elle s'est dite "frappée par la convergence" entre certaines idées du manifeste et celles qu'elle défend. Et elle a tenu à rappeler que, pour permettre aux universités de se développer pédagogiquement et scientifiquement, Nicolas Sarkozy leur a "alloué des moyens inédits" et "offert l'autonomie".
"Les universités se rapprochent des écoles"
Concernant la concurrence de l'université avec les filières plus sélectives, la ministre a écrit qu'elle souhaitait "construire, pour les étudiants, des passerelles entre écoles et universités, permettre aux universités de mettre en place des classes préparatoires en leur sein, développer les cohabilitations de diplômes, créer des écoles doctorales communes". Selon la ministre, grâce à l'autonomie, l'Etat de "tuteur" devient "garant", tandis que grâce à la constitution des pôles de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) et la création de "grands campus universitaires", "les universités se rapprochent des écoles".
Sur les cursus, Valérié Pécresse a rappelé son plan "réussir en licence", doté de 730 millions d'euros, qui met l'accent sur l'orientation des lycéens et le soutien des étudiants. Et elle "prend acte que, pour certains universitaires, la question de la sélection" dans des masters rénovés "doit être reposée". Enfin, à propos de la gouvernance, elle écrit que la "collégialité" dans les universités ne doit pas être considérée "seulement comme un contre-pouvoir" au conseil d'administration, mais comme "un point d'appui".
Grève de la faim d'étudiants à Toulon |
Onze étudiants de l'Université du Sud Toulon-Var, qui réclament notamment le retrait de la loi LRU sur l'autonomie des universités, ont entamé lundi une grève de la faim collective sur le campus. Les grévistes de la faim se sont installés dans le campus face au bâtiment administratif. "Nous allons recevoir des toiles de tente, comme les Don Quichotte, et nous allons rester sur place 24 heures sur 24 en espérant être entendus par le gouvernement", a expliqué l'un d'eux. Pour assurer la sécurité sanitaire des grévistes de la faim et les soutenir dans leur démarche, des étudiants vont se relayer nuit et jour à leurs côtés. |
D'après agence
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