Pécresse veut aider les étudiants à sauver leur année

le 18 mai 2009 à 16h46 , mis à jour le 19 mai 2009 à 07h41

La ministre fait un geste d'apaisement dans le conflit des universités et annonce des mesures destinées à aider les étudiants concernés par un décalage des examens.

Valérie Pécresse recevant les organisations représentatives étudiantes (18 mai 2009)Valérie Pécresse recevant les organisations représentatives étudiantes (18 mai 2009) © TF1/LCI

Alors que la fin de l'année universitaire approche à grands pas, une dizaine de facultés connaissent encore des blocages. Et pour les étudiants qui voient s'approcher la perspective d'examens sans avoir pu rattraper les cours, le stress monte. Valérie Pécresse, après avoir reconnu samedi que la "barque" des "réformes" était peut-être "trop chargée", ce qui avait pu "cristalliser les inquiétudes" au sein des universités, recevait ce lundi les responsables des organisations représentatives étudiantes : UNEF, FAGE, UNI, PDE et la Confédération étudiante. Jusqu'à présent, le mot d'ordre au ministère de l'Enseignement supérieur était : pas de diplôme bradé. Sans revenir sur ce principe, elle a fait tout de même un geste d'apaisement en présentant des mesures destinées à aider les étudiants concernés par un décalage des examens.

Elle a notamment accordé un mois de bourse supplémentaire aux boursiers. La ministre a également affirmé que les étudiants résidant en cité universitaire, mais aussi ceux résidant en ville, pourraient faire une demande de logement étudiant durant le mois de juillet. Une circulaire va aussi préciser qu'aucun étudiant ne devra être privé de sa bourse l'an prochain pour des raisons liées à son manque d'assiduité au second semestre. Autre mesure : Valérie Pécresse va demander aux préfectures qu'aucun étudiant  étranger ne soit pénalisé dans sa demande de renouvellement de titre de séjour étudiant. Sur les examens, les présidents d'université devront garantir que l'organisation des épreuves ne soit pas pénalisante pour les étudiants. Les  examens ne porteront que sur les enseignements effectivement réalisés ou rattrapés dans les universités. Les universités ont aussi l'obligation d'organiser une seconde session de rattrapage pour avoir le droit à une seconde chance.

Réponse par voie de presse aux "refondateurs"

Ces mesures "sont de nouvelles garanties pour les étudiants pour qu'ils puissent passer leurs examens dans de bonnes conditions" mais "ne permettent pas de lever les inquiétudes qui s'expriment sur le fond" du conflit, a toutefois estimé Jean-Baptiste Prévost, président de l'UNEF. Il a ainsi demandé "des gestes d'apaisement supplémentaires".

Valérie Pécresse a aussi voulu tendre la main par voie de presse aux "refondateurs" de l'université - les 29 universitaires de premier plan signataires d'un "manifeste" pour "refonder l'université française" publié la semaine dernière. Dans Le Monde, elle s'est dite "frappée par la convergence" entre certaines idées du manifeste et celles qu'elle défend. Et elle a tenu à rappeler que, pour permettre aux universités de se développer pédagogiquement et scientifiquement, Nicolas Sarkozy leur a "alloué des moyens inédits" et "offert l'autonomie".

"Les universités se rapprochent des écoles"

Concernant la concurrence de l'université avec les filières plus sélectives, la ministre a écrit qu'elle souhaitait "construire, pour les étudiants, des passerelles entre écoles et universités, permettre aux universités de mettre en place des classes préparatoires en leur sein, développer les cohabilitations de diplômes, créer des écoles doctorales communes". Selon la ministre, grâce à l'autonomie, l'Etat de "tuteur" devient "garant", tandis que grâce à la constitution des pôles de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) et la création de "grands campus universitaires", "les universités se rapprochent des écoles".

Sur les cursus, Valérié Pécresse a rappelé son plan "réussir en licence", doté de 730 millions d'euros, qui met l'accent sur l'orientation des lycéens et le soutien des étudiants. Et elle "prend acte que, pour certains universitaires, la question de la sélection" dans des masters rénovés "doit être reposée". Enfin, à propos de la gouvernance, elle écrit que la "collégialité" dans les universités ne doit pas être considérée "seulement comme un contre-pouvoir" au conseil d'administration, mais comme "un point d'appui".

Grève de la faim d'étudiants à Toulon

Onze étudiants de l'Université du Sud Toulon-Var, qui réclament notamment le retrait de la loi LRU sur l'autonomie des  universités, ont entamé lundi une grève de la faim collective sur le campus. Les grévistes de la faim se sont installés dans le campus face au bâtiment administratif. "Nous allons recevoir des toiles de tente, comme les Don Quichotte, et nous allons rester sur place 24 heures sur 24 en espérant être entendus par le  gouvernement", a expliqué l'un d'eux. Pour assurer la sécurité sanitaire des grévistes de la faim et les soutenir  dans leur démarche, des étudiants vont se relayer nuit et jour à leurs côtés.

D'après agence

le 18 mai 2009 à 16:46
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

64 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Martin, le 20/05/2009 à 16h44

    Juste une précision: les AG sont anti-démocratiques. Quelques exemples: temps de parole réduits pour ceux qui sont contre le blocage, expulsion des personnes votant contre le blocage, recomptage des voix jusqu'à ce que le résultat arrange les bloqueurs. Lundi à Nancy, le déblocage avait d'abord été voté à une très courte majorité, après recomptage le blocage est évidement passé. Preuve que c'est truqué: il y avait 150 votants de plus après le deuxième vote (et oui, 150 personnes sont apparues comme par magie). Il y en a ASSEZ des etudiants glandeurs qui veulent passer dans l'année supérieure sans passer leur examens, ASSEZ des etudiants qui détruisent les universités avec leur blocage répétitif, ASSEZ des étudiants qui nuisent à la réputation des universités (surtout de lettres et sciences humaines) et qui empêchent les bosseurs d'étudier et de passer leurs examens. Car au cas où vous l'ayez oublier, la fac c'est avant tout un endroit où l'on ETUDIE !!!

  • Yann, le 20/05/2009 à 12h43

    Juste une précision... Une assemblée générale étudiante est démocratique et il est procédé à des votes. Si le nombre d'étudiants contre le blocage est majoritaire alors que ces étudiants prennent leurs responsabilité et aillent voter plutôt que de pleurer sur leur sort. Je sais cela demande une certaine implication dans la société, cela implique aussi de faire des choix et de les exprimer et c'est surement beaucoup demander. Il y a des étudiants mobilisés pour défendre des causes et des étudiants passifs qui pleurent... Que chacun prennent ses responsabilités et aille voter! On ne peut pas tenir la main à tous les étudiants géniards! (du verbe geindre.)

  • Nano06, le 20/05/2009 à 10h49

    Chris69 de Lyon, je comprend parfaitement votre désillusion face au manque de fermeté du gouvernement (il faut dire que les français ne sont pas faciles à gouverner). Mais choisir l'abstention serait faire le jeu de la gauche, c'est à dire l'apocalypse.

  • Mikael, le 19/05/2009 à 23h52

    Steph59, tout a fait d'accord avec toi, la france n'est pas un pays pour moi, je suis bien trop libertaire pour supporter l'esclavagisme socialiste instauré sous Mitterrand et qui perdure a cause des terroristes syndicaux qui bloque la france au moindre changement. L'education nationale au meme titre que tous les services publiques exception de l'armée, justice, et police doivent etre privatisés pour assurer un réelle égalité. J'habite au royaume uni depuis des années ou les universités sont privées et ayant étudié dans les deux pays, le niveau d'éducation dans les facs en angleterre est bien supérieur a ce que l'on trouve en France. Cela en va de meme pour tous les services public francais comparés aux services privés similaires outre manche. La privatisation des facs est une nécessité en France. La recette est simple, moins vous payer d'impots pour les services publics, le plus d'argent est dans votre poche a la fin du mois, les entreprises peuvent vous payer et ainsi vous pouvez payer plus de chose et seulement ce dont vous avez besoin... C'est absolument injuste de devoir payer pour les autres, et payer pour les facultés est incroyablement injuste.

  • Milord4, le 19/05/2009 à 22h06

    Vous voulez arriver à la retraite en pleine forme ? Devenez prof !

  • Wanadur, le 19/05/2009 à 18h42

    Créer un concours d'entrée en Fac permétrait d'assainir la gigantesque garderie d'ado qu'est devenue l'Université. En réduisant le nombre d'étudiants à des gens motivés, il serait possible de verser des bourses conséquentes aux bosseurs., et ainsi d'assurer l'égalité des chances. Le gouvernement va encore baisser le froc devant une poignée de gauchistes irréductibles.

  • Tutur72, le 19/05/2009 à 18h13

    Steph59: tu dis que nos impots vont en priorité a la defense et non a l'education nationale ?????? Petit rappel: nbres de militaires= 770 000, nbres de fonctionnaires dans l'education nationale= 1 050 000 !!!!! Part dans le budget 2008 défense= 36,8 milliards d euros soit 10,3% education nationale (sans recherche et enseignement supérieur)= 59,3 milliards d'euros soit 16,7% pour l enseignement, tu peux ajouter la recherche et le superieur soit 23,3 milliards d'euros soit 6,5% Vérifie les chiffres avant d'avancer des arguments! P.S: chiffres officiels du budget 2008, consultables sur site officiel du budget français!

  • Steph59, le 19/05/2009 à 16h48

    Pour répondre à Mikaël, la France n'est pas le pays qu'il te faut...et simplement un petit rappel, tes impôts vont en priorité alimenter le budget de la défense et non celui de l'éduc nat. Si la privatisation est la "solution" alors que celà soit clairement annoncé, dans ce cas il faut m'expliquer pourquoi nous avons un secrétariat d'état à L'EGALITE DES CHANCES puisque nous ne serons plus égaux face à l'éducation ??

  • BL, le 19/05/2009 à 16h17

    Cher Julien, ta ministre est faible. cher david, on peut faire grève sans salaire (c'est même mieux car le patronat n'a pas de moyen de pression.

  • Arthema, le 19/05/2009 à 15h50

    Quand je pense qu'un type comme BL marseille, de 20 ans , pense déjà à sa RETRAITE. c'est inimaginable sauf en FRANCE..... quelle est cette jeunesse qui non encore dans la vie active pense à sa retraite..... Il va perdre UN AN... pauvre choux...... comme si la retraite va être assurée dans 40 ans.. à tous ces jeunes..... I

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience