Se disant harcelés, deux policiers homosexuels portent plainte

le 18 mai 2009 à 07h09 , mis à jour le 18 mai 2009 à 15h15

Ils affirment avoir été mis à l'écart par leurs collègues du service de nuit de la police municipale quand ceux-ci ont acquis la conviction qu'ils étaient homosexuels.

[Expiré] Des policiers a Cannes © REUTERS
LCI picto cliquez regardez

Les policiers témoignent

 Alors que le Festival du film bat son plein, une affaire embarrassante vient secouer l'administration de la ville de Cannes. Deux policiers municipaux, qui s'estiment victimes depuis de nombreux mois de discrimination de la part de plusieurs collègues en raison de leur homosexualité, ont déposé plainte pour "harcèlement moral". Selon le texte de leur plainte, Alain Marty, 38 ans, et Nicolas Persec, 34 ans, ont été mis à l'écart par leurs collègues du service de nuit de la police municipale quand ceux-ci ont acquis la conviction qu'ils étaient homosexuels. "Certains agents et gradés ont d'abord souhaité ne plus travailler sur la voie publique avec les plaignants et ces derniers se sont trouvés peu à peu isolés tandis que se multipliaient à leur encontre allusions et brimades",  indique la plainte déposée vendredi devant le Parquet de Grasse.

L'avocat de deux policiers municipaux, Me Gilbert Collard, a indiqué avoir demandé que l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) se saisisse de l'affaire. Selon lui, "la hiérarchie de la police a fermé les oreilles sur cette affaire. Il n'est  pas acceptable que des fonctionnaires se comportent de manière homophobe".
 
"Aucune réponse" de la hiérarchie
 
"Tout a commencé pour moi en 2007 lors d'un long congé maladie durant lequel la rumeur a commencé à courir que j'avais le sida, ce qui est faux. A mon retour, j'ai été mis à l'écart et complètement isolé par certains collègues", explique Alain Marty. "Lors des tournées de nuit, j'étais toujours relégué à l'arrière du véhicule et les deux agents à l'avant ne m'adressaient pas la parole. Il y a un mois et demi, un collègue a refusé de me serrer la main en me disant qu'il avait peur de choper une saloperie", assure-t-il.  Face à cette situation "usante physiquement et psychologiquement", il indique avoir fait une tentative de suicide en juin 2008. Nicolas Persec explique pour sa part être victime d'une "mise à l'écart" de la part de certains collègues depuis le début de l'année 2008. "Certains agents refusent de travailler avec moi, de me parler ou de me serrer la main". Il explique aussi avoir une fois retrouvé sur son casier l'inscription "100% tarlouze".
 
Les deux agents déplorent n'avoir reçu "aucune réponse" de leur hiérarchie directe et de la mairie de Cannes auxquels ils affirment avoir adressé plusieurs rapports décrivant la situation. "J'ai écrit cinq courriers en deux ans, personne n'a réagi", regrette Alain Marty. A la mairie de Cannes, on assure que le maire Bernard Brochand  (UMP) a "réagi immédiatement" dès qu'il a eu connaissance de l'affaire. "Le maire recevra les deux agents mercredi", a indiqué lundi Yvette Fouga, adjointe au maire déléguée au personnel municipal. Elle précise que la mairie est prête à fournir aux deux policiers les moyens de leur défense, dès lors qu'ils en feraient la demande, puisque les faits incriminés se sont produits dans l'exercice de leurs fonctions.

L'avocat des deux policiers, Me Gilbert Collard, a lui donné lundi matin une conférence de presse à Cannes, au cours de laquelle il demandé que l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) se saisisse de cette affaire. "La hiérarchie de la police a fermé les oreilles sur cette affaire. Il n'est pas acceptable que des fonctionnaires se comportent de manière homophobe", a déclaré Me Gilbert Collard (Voir la vidéo). Plusieurs associations ont apporté leur soutien à l'action des deux policiers : FLAG Police, Gay Lib, SOS Homophobie, indique un communiqué du  Syndicat national des policiers municipaux. 

D'après agence

le 18 mai 2009 à 07:09
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

36 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Mary P, le 21/05/2009 à 10h47

    A Georges de Biot Pourquoi vous en prendre à David de Martinique qui se borne à rappeler que l'IGPN n'est pas compétente dans ce genre d'affaires. Ce qui est d'ailleurs attesté par l'article qui précise que le parquet a été saisi, cette affaire relevant à l'évidence du pénal et non de l'administratif. Je vous rappelle par ailleurs que l'autorité hiérarchiqeue et de contrôle sur les personnels de la police municipale sont le maire de la commune concernée et le préfet.

  • Georges_n, le 21/05/2009 à 08h49

    Pauvre David de la Martinique. Bien sur que l'IGNP est compétente, en tant que policier tu ferais mieux de te renseigner avant d'écrire des inepties. La photo montre la police nationale où est le problème? Le problème ce sont les homophobes et apparemment Cannes n'est pas un cas isolé. Et je précise je ne suis pas homosexuel mais chacun a le droit au respect de sa vie privée. Cette attitude est lamentable. La police aurait besoin d'un grand coup de balai et de mettre un peu "d'ordre" dans la maison.

  • DNAT, le 19/05/2009 à 20h03

    Je vous rappelle, que l homophobie tous discrimination envers les Homosexuels Homme Femme est un DÉLIT est susceptible d'être poursuivie devant le Tribunal Correctionnel, en conséquence ce genre de faits cela et inacceptable car la Police que se soit Municipale ou nationale doivent être représentant de la Loi, je conseille au Policiers de revoir le code de procédure pénale et puis l homosexualité a toujours excité depuis la nuit des temps aussi bien dans la police municipale nationale gendarmerie etc etc avec l association FLAG et toute autres association des Gay, ils sont protégé, tous mon soutien au Policiers et doivent saisir la juridiction compétente et sanctionné les Policiers mis en cause dans ce genre d'affaire pour que cela ne se reproduise plus on est 2009 et non en 1800.

  • Colombe, le 19/05/2009 à 18h41

    Helas la betise est humaine etre homosexuel n est pas une maladie il faut un peu de tolerance et savoir accepter cette difference leurs souffrances sont deja tres dur a supporter donc pas de sevices n y tristes allusions respectons les et ne voyons pas ces etres humains comme des etres a part en plus ce sont des personnes en general tres gentils et bien plus humains que certaines personnes (je ne suis pas homo)

  • Alex, le 19/05/2009 à 13h44

    A david, l'IGPN est un organe qui s'occupe aussi bien de la Nationale que de la municipale qui n'est dotée d'aucun organe de controle. Pour le reste, il est vrai que la confusion est trop souvent de mise surtout pour des journalistes professionnels censés maitriser leur sujet d'écriture !!! Sinon vive notre police qui reste malgré ses déctracteurs l'une des plus professionnelles de la planete !

  • David, le 19/05/2009 à 04h48

    Qui a écrit cet article ? Confusion totale entre police nationale et police municipale. Il s'agit de deux policiers municipaux, alors que la photo représente deux polciers nationaux. Quant à Gilbert COLLARD, l'avocat, que veut-il que l'IGPN fasse là-dedans ? La Police Nationel n'a rien à voir avec la police municipale. C'est vraiment pénible ce genre de confusion, peut-on confier ces articles à des journalistes compétents pour éviter de semer le trouble dans l'opinion publique ?

  • Lecoq, le 19/05/2009 à 00h34

    Une mise au point ! Ce n'est pas la POLICE-NATIONALE comme sur l'image de l'article (mensonge!) ou certains médias qui racontent des bétises! il sagit de POLICIERS-MUNICIPAUX (ANCIENS GARDES-CHAMPËTRES) homosexuels de la ville de CANNES et non pas le contraire! La Police-Municipale ne fait pas le même travail ,les missions beaucoup moins dangereuses. C'est la POLICE-NATIONALE et la GENDARMERIE LE17 qui ont un métier très dangereux ,l'actualité nous le montre touts les jours....................! Qand aux 2 Policiers Municipaux homosexuels comme dans touts les autres métiers, chacun fait ce qui veut de sont corps.............................

  • Mary P, le 19/05/2009 à 00h03

    A Nathe de Bayonne Il n'y a pas de commissaires de polices, ni d'officiers, ni de gardiens de la paix dans la police municipale. Je vous avais pourtant expliqué plus avant qu'il ne fallait pas confondre la police nationale et la police municipale. D'où mon intervention faisant remarquer que le titre de l'article était ambigue et prêtait à confusion. Votre remarque, ainsi que celle d'autres intervenants montre bien que j'avais raison de faire cette mise au point car vous n'avez toujours pas saisi la différence qui est de taille entre un policier municipal (aux ordres du maire d'une commune) et un policier national aux ordres de l'état. Sans parler de la formation, des métiers extrémement divers et des prérogatives de la police nationale qui n'ont absolument rien à voir avec le travail d'un policier municipal qui se limite à quelques taches de sécurité publique.

  • Mary P, le 18/05/2009 à 23h45

    Nath de Bayonne. Vous voyez bien que vous êtes tombé dans le panneau du titre trompeur, sinon vous sauriez que la police nationale n'a absolument rien à voir avec la police municipale (à savoir une police locale engagée par le maire d'une commune, en l'occurrence la ville de Cannes). Car c'est la police "municipale" qui est ici en cause. Et c'est donc au maire de Cannes qu'il faut s'adresser en premier lieu si des employés des services qu'il supervise commettent des dérives. Je constate même que des intervenants parlent de se plaindre auprès de l'IGS (la police des polices) qui n'est compétente que pour les fautes, irrégularités et autres bavures commises au sein de la police nationale. Vous avez compris la différence et la raison de mon intervention ?

  • Jean bernard, le 18/05/2009 à 19h02

    Je soutiens a fond ces 2policiers.Honte a leur collegues.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience