Mohammed Douhane, du syndicat de police Synergie Officiers © TF1
Les policiers n'ont pas la cote. Détestés dans de nombreuses banlieues, où certains jeunes leur tendent régulièrement des guet-apens, voire sortent les armes à feu contre eux. Méprisés ou mal compris par une frange importante d'adultes et notamment de parents issus de l'immigration. Des policiers bien moins populaires que les bandits, qui faute d'avoir le droit de s'exprimer, souffriraient en silence d'un manque de reconnaissance et d'une suspicion permanente.
Nous recevons cette semaine, dans PJ, le commandant de police Mohamed Douhane, qui publie Les tabous de la police, itinéraire d'un flic français aux éditions Bourin. Un livre dans lequel il fait part à la fois de son témoignage de policier de terrain pendant plus de dix ans et de son analyse, en tant que syndicaliste à Synergie Officiers, de la situation de notre société. Un livre pour dénoncer une délinquance toujours plus juvénile et violente, et des préjugés toujours tenaces à propos des policiers. Un livre en forme de "message" aussi "aux centaines de milliers de jeunes issus des quartiers populaires qu'avec du travail et de la volonté, on peut y arriver".
Démission des parents, défaillance de l'Education nationale, incapacité de la justice à santionner rapidement la violence des mineurs qui explose. Des jeunes toujours plus violents et qui se réunissent désormais en bandes "ethniques", reproduction de la "ghettoïsation de leurs quartiers". Des "blacks et des beurs en première ligne" pour la petite et moyenne délinquance. Une "culture de l'excuse liée au passé colonialiste de la France qui ne cesse de causer des dégâts". Une prévention qui coûte cher mais aussi disparate qu'inefficace. Mohamed Douhane, lui-même issu de l'immigration et fier de ce qu'il est devenu, parle sans langue de bois pour dresser un bilan guère reluisant de notre société actuelle.
Contrôle d'identité au faciès, gardes à vue à tour de bras, racisme chez les flics... Dans PJ, il répond aussi aux interrogations que l'on est en droit de se poser sur l'action de la police et il propose aussi une série de mesures pour maîtriser cette spirale qui pourrait, sinon, "conduire rapidement à de nouvelles violences comme celles qu'a connues le pays à l'automne 2005".
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