burqa, voile intégral porté par certaines femmes musulmanes © TF1/LCI| Malek Chebel : "La burqa, c'est la négation de l'islam" |
Porter la burqa en public pourrait coûter 750 euros
Jean-François Copé dévoile dans le Figaro magazine de cette semaine le contenu de sa proposition de loi visant à interdire le port du voile intégral dans les lieux publics.
Publié le 07/01/2010
Voile intégral : trois ministres, trois avis
Une loi interdisant le port du voile intégral dans certains lieux : c'est ce que semble privilégier la mission parlementaire qui achèvait mercredi ses auditions. Au gouvernement, ce n'est pas l'unanimité.
Publié le 16/12/2009
La première réaction du gouvernement à la proposition de résolution du député PCF du Rhône, André Gérin, visant à créer une commission d'enquête parlementaire sur le port en France de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, avait été plutôt prudente. Eric Besson avait ainsi jugé "pas opportun de relancer une polémique" sur les signes religieux. Fadela Amara, ancienne présidente de l'association Ni putes ni soumises et actuelle secrétaire d'Etat à la Ville, avait été aussitôt plus directe en assurant : "Nous devons tout faire pour stopper la propagation des burqas", et en saluant l'initiative de l'élu communiste. Désormais, le débat s'étend et l'idée d'une loi semble faire son chemin parmi les membres du gouvernement - pendant que Nicolas Sarkozy lui-même, prudent sur ce thème, affirme qu'il s'exprimera "plus tard" : depuis Bruxelles, où il tenait une conférence de presse sur le conseil européen, il a dit refuser de réagir "à l'émotion du moment".
Le matin même sur France 2, Luc Chatel n'avait, pour sa part, pas exclu une loi sur le port du voile intégral par certaines femmes musulmanes en France, en fonction de "l'ampleur du phénomène" et en faisant appel au libre arbitre des femmes concernées. "S'il s'avérait (...) que le port de la burqa était subi, c'est-à-dire que c'était contraire aux principes républicains, eh bien naturellement le Parlement en tirerait toutes les conséquences", a déclaré le porte-parole du gouvernement. Interrogé sur l'éventualité d'une loi il a répondu : "pourquoi pas". Avant de souligner : "Il y a un vrai débat devant nous, les parlementaires proposent une commission d'enquête, je crois que c'est important parce que ça doit nous permettre de voir plus clair sur le sujet".
Attention aux solutions "simplistes"
Quelques heures plus tôt, la secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano, avait jugé sur RMC que la question de la burqa "mérite un débat", se disant choquée "en tant que femme" par cette tenue. "Pour ma part, ce à quoi il faut être attentif, c'est nos valeurs républicaines", avait-elle poursuivi, citant l'égalité hommes-femmes. Et d'ajouter : "Le port de la burqa ne doit pas être imposé. Pour ma part, j'ai du mal à penser que dans la majorité des cas, ce n'est pas imposé".
Quant à Fadela Amara, elle continue à affirmer son hostilité à la burqa et s'est dite vendredi favorable à une loi pour l'interdire. "Il faut que le débat actuel débouche sur une loi qui protège les femmes", a-t-elle déclaré dans une interview au Parisien. Selon elle, "ce qui est certain c'est que la burqa est le signe d'une présence concrète du fondamentalisme sur notre sol. C'est aussi le signe de l'instrumentalisation politique de l'islam". De son côté, le ministre de l'Immigration Eric Besson a estimé vendredi qu'une loi sur le port du voile intégral serait "inefficace et créerait des tensions qui n'ont pas lieu d'être en ce moment".
Mais à gauche, Martine Aubry a lancé une mise en garde contre les solutions "simplistes" : "Si une loi interdit la burqa, ces femmes auront toujours la burqa mais elles resteront chez elles, on ne les verra plus", a déclaré la numéro un du PS sur RMC et BFM-TV.
D'après agence
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