Image d'archives © TF1-LCIC'est la pomme de discorde à l'origine du mouvement universitaire, et ça continue de poser problème. Après les syndicats de professeurs, les présidents d'université ont demandé mercredi à Xavier Darcos de laisser le débat se poursuivre au sujet de la réforme de la formation des enseignants.
Après une réunion mardi au ministère de l'Education, la Conférence des présidents d'université (CPU) a décidé de suspendre sa participation à la commission Marois-Filâtre sur la formation et les concours des enseignants, en raison de désaccords sur des projets de décrets. En cause, selon la CPU: le "refus" du ministère "de revenir sur les dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des enseignants" qui "anticipent le résultat des travaux" de cette commission. Coprésidée par le président de l'université Toulouse-II Le Mirail Daniel Filâtre et mise en place à la suite du mouvement universitaire, elle doit rendre ses conclusions le 15 juillet, alors que l'examen des décrets en question est en cours.
"Ce n'est pas une étourderie"
Selon le ministère de l'Education, les décrets et la commission n'abordent pas les mêmes sujets. Mercredi, Xavier Darcos a assuré que les décrets étaient "des textes qui rendent possible le principe de masterisation", c'est-à-dire le recrutement des futurs enseignants des écoles, collèges et lycées à "master 2" (bac+5). Et il a confirmé le calendrier des décrets: "nous allons les présenter au Conseil supérieur de la fonction publique cette semaine, et ça va aller au Conseil d'Etat" ensuite.
Mais la CPU n'est pas d'accord et l'a fait savoir lors d'une conférence de presse. Selon son président, Lionel Collet, trois points sont des "dispositions permanentes" qui vont au-delà de 2009-2010 et sur lesquels la commission Marois-Filâtre doit se prononcer: l'inscription en master 2 pour se présenter au Capes, l'obtention d'un master complet pour l'agrégation et le devenir des étudiants ayant eu le concours mais pas de master.
"Malentendu ?", "manoeuvre délibérée ?": "ce que nous avons découvert hier, c'est que ce n'est pas une étourderie", a déploré M. Collet. Alors que les universités "sortent de six mois très difficiles", notamment du fait d'une fronde contre la réforme de la formation des enseignants, qui incombera à l'avenir aux universités via des masters, M. Collet "considère" que le choix de M. Darcos est "un très mauvais signal" qui pourrait à nouveau "déstabiliser" les établissements.
"Qualité des formations"
Selon lui, c'est "la méthode une fois de plus qui peut inquiéter" (anticiper les résultats de la commission) mais aussi le fond, car les universités sont avant tout attachées à la "qualité de la formation" qu'elles délivrent. Or, selon M. Filâtre, "pour beaucoup de responsables, ce n'est pas faisable" de préparer un concours, un diplôme de master et de faire des stages la même année de master 2.
La question n'est pas celle du recrutement à bac+5, qui est accepté, mais celle de la "qualité des formations", "un enjeu national, et pour les universités une responsabilité forte", a-t-il ajouté. La CPU attend maintenant un geste de Xavier Darcos et espère qu'elle pourra reprendre sa place dans la commission. En attendant, elle continue à travailler de son côté sur les sujets en question.
A la suite de la décision de la CPU, la fédération syndicale Unsa Education et les étudiants de l'Unef ont demandé au gouvernement d'arrêter l'examen des décrets. La Fage, deuxième organisation étudiante, a elle "souhaité que les concertations aboutissent dans un climat serein".
(D'après agence)
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