Entre 1000 et 2000 personnes ont défilé à Calais pour soutenir les sans-papiers.Un millier de manifestants, selon la police, deux mille selon les organisateurs, ont défilé ce samedi à Calais pour dénoncer le sort réservé aux migrants. Le cortège était essentiellement composé de jeunes militants altermondialistes de la mouvance No Border venus de plusieurs pays, ainsi que de militants syndicaux (notamment SUD) et politiques (NPA et CNT). "Nous danserons sur vos cendres de rétention", "travailleurs ou immigrés, même patron, même combat", "l'immigration est une richesse pour la France, tout homme mérite le respect", pouvait-on lire sur quelques banderoles. Par crainte des débordements, les autorités avaient prévu un important dispositif de sécurité : camion muni de lance à eau stationné à proximité du parcours, hélicoptère survolant la ville, mobilisation de 2000 policiers, gendarmes et CRS.
Les militants qui réclament la liberté de circulation des personnes à travers les frontières ont dénoncé la "répression" contre les immigrés sans -papiers. "Pierre par pierre et mur par mur, nous détruirons toutes les prisons", ont notamment scandé les militants. Depuis la fermeture en novembre 2002 du centre de la Croix-Rouge à Sangatte dans le Pas-de-Calais, des centaines de migrants, notamment afghans, érythréens, irakiens ou somaliens, errent dans le Calaisis dans l'espoir de traverser la Manche. Aucun incident notable n'a été signalé jusqu'à la dislocation du cortège en milieu d'après-midi.
La police a eu un "effet dissuasif"
"Après la manifestation, comment l'Etat va-t-il justifier la présence de 2000 policiers, de brigades à cheval et d'un hélicoptère au-dessus de Calais? La violence vient de l'Etat, c'est celle qui est faite aux migrants", a déclaré une porte-parole de No Border. "Le déploiement de policiers est honteux mais nous démontrerons que nous pouvons manifester dans le calme contre la politique d'immigration de Sarkozy", avait lancé un porte-parole de SUD avant le départ du cortège. Pour la préfecture, qui craignait des débordements comme ceux qui ont émaillé le sommet de l'Otan début avril à Strasbourg, "les violences ont été canalisées par les effectifs de police" qui ont eu "un effet dissuasif".
Venus de France, Belgique, Grande-Bretagne, Pays-Bas ou Allemagne, environ 500 militants No Border sont installés depuis le début de semaine sur un campement aux abords de Calais qui doit être levé lundi. Soixante dix d'entre eux ont été arrêtés entre mercredi et jeudi pour possession d'armes ou objets dangereux (machettes, boules de pétanque), blocage d'un centre de rétention administrative, ou manifestation non déclarée.
(D'après agences)
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