Richard Descoings remet son rapport pour une réforme

le 02 juin 2009 à 07h15 , mis à jour le 02 juin 2009 à 13h08

Le directeur de Sciences-Po, chargé par Sarkozy d'une concertation sur le lycée, insiste sur le rééquilibrage des filières du baccalauréat.

Richard Descoings © TF1

Le directeur de Sciences-Po Paris, Richard Descoings, chargé par Nicolas Sarkozy d'une concertation sur la réforme du lycée, a remis ses conclusions mardi matin à l'Elysée. Insistant beaucoup sur la méthode, notamment la "confiance" et la  "concertation" indispensables dans lesystème éducatif, Richard Descoings affiche dans ses conclusions trois choix possibles : des sujets à traiter "en urgence",  une "vaste refondation" à moyen terme, ou bien la décision de ne rien faire. Pour lui, ce dernier choix aurait "de nombreux et puissants soutiens" mais serait "explosif" car "le degré d'inégalité supporté par les spoliés du système devient proprement insupportable"."L'élitisme républicain ravage une jeunesse de plus en plus défiante à l'égard des pouvoirs (les médias comme les partis politiques, les élites  économiques comme les élites intellectuelles) et des discours. Sous cet angle, le déséquilibre des voies et des filières et ce qu'on appelle 'orientation'  couvrent de plus en plus maladroitement un tri social", écrit-il.

Les priorités selon Descoings

Dans les sujets à traiter "en urgence" figurent l'orientation, la revalorisation de la voie technologique, le rééquilibrage des séries au sein de la voie générale (S, ES, L), la rénovation des épreuves du bac en langue (notamment en insistant sur l'oral). Il prône aussi de diminuer le nombre d'élèves par classe en seconde, mais en dissociant cette question des horaires des enseignants, afin de montrer qu'on ne diminue pas les horaires lycéens pour supprimer des postes de professeurs.

A moyen terme, M. Descoings prône "une vaste concertation sur une véritable refondation", en partant "des propositions des lycéens" et notamment en  "intégrant le temps de travail personnel au sein de leur emploi du temps". Il préconise aussi "une négociation avec les syndicats d'enseignants sur la nature de leur mission et le décompte de leur service : les contreparties qu'il faudra leur donner seront à terme compensées par la réduction du nombre d'heures/élèves".

Ces différentes propositions sont le fruit d'un tour de France des lycées organisé par Richard Descoings depuis janvier quand il a été chargé de cette mission à la suite du retrait du projet contesté du ministre de l'Education Xavier Darcos. Le directeur de Sciences-Po, qui est notamment à l'origine d'une ouverture de son école à des bacheliers de milieux défavorisés, a ainsi organisé des débats dans 80 lycées de 76 départements et créé le site internet lyceepourtous.fr, afin d'être à l'écoute des lycéens, parents et enseignants. 

Descoings pressenti comme ministre
 
Mercredi 27 mai, une mission parlementaire sur la réforme du lycée a déjà rendu son rapport, sans que députés UMP et PS ne parviennent à trouver un accord. Le rapporteur UMP de la mission, Benoist Apparu, a proposé plusieurs mesures phares : une classe de seconde indifférenciée (avec découverte de technologie et d'économie), 35 heures par semaine dont cinq heures de devoirs au sein du lycée, des "sas" de réorientation l'été pour éviter les redoublements et un baccalauréat plus "resserré" avec des partiels en cours d'année. Reste à savoir ce que le gouvernement fera de ces travaux, à quelques jours d'un remaniement probable après les élections du 7 juin.
 
Alors que le nom de M. Descoings a été cité par la presse comme possible ministre de l'Education, l'intéressé, qui n'est pas un élu, a déclaré au Bondy Blog qu'"il ne faut pas confondre la légitimité que peuvent apporter l'expertise, la connaissance du terrain, la réflexion, et la légitimité que seuls peuvent conférer le combat politique et l'élection. Ce combat-là n'est pas le mien. En plus, dans l'Education nationale, on a deux exemples assez récents : Claude Allègre et Luc Ferry. Ils ont tenu deux ans avant d'être caramélisés".

(D'après agence)

le 02 juin 2009 à 07:15
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4 Commentaires

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  • Jacques Bielle, le 06/07/2009 à 18h06

    La situation actuelle relève de la suppression de la Direction des enseignements techniques qui ont été mis sous le contrôle de la direction des enseignement secondaires. Le but était de remplacer la technologie considérée comme la boutique sordide aux buts vulgairement utilitaires par de la philosophie afin d'anoblir la technologie - A l'époque les responsables nationaux de la technologie ont dit - C'est dans trois générations que vous percevrez votre erreur- Nous y sommes Conclusion: Il est trop tard de serrer les fesses quand on a fait dans les draps. J

  • Pathinder, le 02/06/2009 à 16h46

    On ne peut pas savoir çe que va donner le rapport de Richard Descoing et quelles mesures va prendre sarkozy, on ne peut pas tirer des plans sur la cômète, comme on dit, seul l'avenir nous le diras, une chose est sûr si çe monsieur peut prendre la plaçe de darcos, çelà serait pas plût mal, car depuis qu'ill détient çe fauteuil de ministre de l'éducation, on ne peut pas dire que darcos à fait des étinçelles, peut-être que lorsqu'il seras ministre de la défense, il feras mieux, A VOIR, mais en çe qui conçerne le rapport de réforme de Richard Descoing on ne peut pas savoir les tenants et les aboutissants car les gosses sont pratiquement à la porte du passage d'un dîplome, et il y en à beaucoup qui vont de jours en jours et vue que les vacançes sont dans 1 mois qui ne vont plus se présenter à leurs établissements scolaire.

  • Milord, le 02/06/2009 à 12h54

    Ne touchez à rien docteur ! C'est bien mieux de rester dans l'immobilisme et de pouvoir critiquer le gouvernement !

  • Gerardclermont, le 02/06/2009 à 10h00

    Le rapport de ce monsieur va provoquer,comme toujours, un véritable tollé. Dans ce milieu, rien ne doit changer. Les lobbies de tous bords (enseignants,parents d'élèves, etc .....) vont réagir dans tous les sens. Au final, ce système est à bout de souffle et l'université qui en découle denient un gachis. Bonne chance M.Descoing et espérons que vous arriverez à bouger tout cet immobilisme

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