Des députés droite et de gauche, ainsi que Ni putes, ni soumises, se disent favorables à la proposition d’André Gerin (PCF) de créer une commission d'enquête parlementaire sur le port en France du voile intégral (niqab ou burka). © eTF1
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André Gerin (PCF) a déposé une proposition de résolution afin de créer une commission d'enquête parlementaire sur le port, par certaines femmes musulmanes, de la burqa ou du niqab - un voile qui les recouvre entièrement-, a-t-on appris de source parlementaire. Le texte, dont le député communiste espère qu'il sera soutenu par le gouvernement, a été cosigné par 58 députés de toutes tendances politiques, en particulier de droite (3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 NI). Il prévoit la mise en place d'une commission de 30 membres.
Elle serait chargée de "définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national". Si elle était créée, elle devrait rendre son rapport le 30 novembre au plus tard. "Nous sommes aujourd'hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête dans de véritables prisons ambulantes ou du niqab qui ne laisse apparaître que les yeux", écrit M. Gerin, député-maire de Vénissieux (Rhône), dans l'exposé des motifs du texte. Il juge cette "tenue vestimentaire dégradante". "La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu'elle nous vient d'Iran, d'Afghanistan, d'Arabie Saoudite... Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française", considère André Gerin.
Attente de l'accord du gouvernement
Déposée le 9 juin, la proposition doit maintenant être transférée et examinée en commission. Pour qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée -et éventuellement votée en séance publique- plusieurs scénarii sont ensuite possibles dont l'inscription par le gouvernement et l'inscription par un groupe dans le cadre d'une "niche" (séance à son initiative). "Nous avons transmis le texte ce matin au cabinet du Premier ministre François Fillon" a précisé l'entourage de M. Gerin, escomptant un "accord" du gouvernement. "Nous attendons de voir comment les uns et les autres se déterminent", a poursuivi cette même source.
Première réaction de la part d'un membre de gouvernement jeudi : "Il n'est pas opportun de relancer une polémique" sur les signes religieux, a déclaré le ministre de l'Immigration et de l'Intégration Eric Besson. "La loi a déjà énoncé un certain nombre de règles du vivre ensemble, la loi dit qu'on ne peut pas porter le voile dans un certain nombre d'administrations, de services publics et à l'école. Un équilibre a été trouvé en France et il serait dangereux de le remettre en cause", a-t-il insisté. "A titre personnel", Eric Besson a tenu à ajouter qu'il n'était pas favorable au port du voile intégral "qui consacre un statut supposé inférieur de la femme dans le monde musulman".
La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara, ancienne présidente de l'association "Ni putes ni soumises", a bien entendu réagi : "Nous devons tout faire pour stopper la propagation des burqas", a-t-elle déclaré. "Je salue l'initiative d'André Gérin (député PCF du Rhône), il sait de quoi il parle", a ajouté la secrétaire d'Etat, qui considère la burqa comme "une sorte de cercueil pour les femmes".
"Tradition rare"
Autre réaction, nettement plus tranchée cette fois-ci, celle du Conseil français du culte musulman. Le président du CFCM Mohammed Moussaoui se dit "choqué" par le projet de comission sur le voile intégral qui est pour lui un "phénomène marginal". "Cette initiative suscite beaucoup d'interrogations sur l'opportunité de s'emparer de ce sujet en période de crise. Les parlementaires auraient proposé une commission d'enquête parlementaire sur les licenciements qui touchent des centaines de milliers de personnes, cela aurait été mieux compris", insiste-t-il. "Engager le Parlement à travailler sur un sujet extrêmement marginal nous choque", a-t-il redit en soulignant que le port de la burqa ou du voile intégral "n'est pas une prescription religieuse" et qu'il s'agit d'une "tradition rare" chez les musulmans.
(D'après agence)
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