Le professeur désobéissant sera puni

le 24 juillet 2009 à 15h59 , mis à jour le 24 juillet 2009 à 16h11

Alain Refalo, qui proclamait son refus d'appliquer les réformes gouvernementales dans le primaire, a été sanctionné d'un abaissement d'échelon.

Ecole classe enseignante élèves enfants primaire coursImage d'archives © TF1

Son nom était devenu emblématique de la fronde lancée par certains enseignants d'école primaire, lassés de réformes à répétition et qu'ils jugent contraires à l'intérêt des élèves : Alain Refalo, professeur de Colomiers, avait donné le signal du mouvement avec une lettre ouverte, en novembre 2008, où il s'opposait aux réformes Darcos. Il avait bientôt été suivi par des dizaines de ses collègues, affirmant haut et fort leur refus de se soumettre au décret sur le dispositif d'aide personnalisée. Cette initiative avait déjà valu à l'enseignant "désobéisseur", ou "désobéissant", une sanction sous forme de retrait de jours de salaire. Vient de s'y ajouter une autre "punition" après sa comparution en commission disciplinaire devant l'inspection académique à Toulouse : un abaissement d'échelon.

Le professeur "vient de se voir signifier une sanction disciplinaire de catégorie 2, un abaissement d'un échelon, soit la sanction qui a le plus de conséquences financières sur son traitement", a fait savoir son comité de soutien. "S'ajoutant à la promotion qui lui a été refusée au mois de février, et indépendamment des 19 jours de salaire qui lui ont déjà été soustraits, cette sanction représente pour les quatre ans qui viennent une perte d'au moins 7000 euros, alors qu'Alain Refalo a effectué l'intégralité de son service devant les élèves et que les rapports pédagogiques de ses inspecteurs sont élogieux".

"Une volonté de bâillonner les enseignants"

Outre ce communiqué de son comité de soutien, Alain Refalo explique, dans une lettre de trois pages, que "cette action de désobéissance pédagogique qui s'est essentiellement cristallisée sur le dispositif de l'aide personnalisée, a permis à des milliers d'enseignants du primaire d'en montrer toute la perversité et l'inefficacité tout en ayant une attitude responsable vis-à-vis des élèves en difficulté". Selon le professeur, "les motifs invoqués de manquement au devoir de réserve et d'incitation à la désobéissance collective, une première dans l'Education Nationale, témoignent d'une volonté de bâillonner les enseignants". Pour Alain Refalo, cette sanction est une "décision politique" qui "vise assurément l'ensemble des enseignants du primaire en résistance".

"Le nouveau ministre espère ainsi écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement", estime encore Alain Refalo pour lequel "le pouvoir s'enferme dans une attitude répressive qui ne peut que susciter des tensions regrettables pour l'avenir". Il revendique par ailleurs haut et fort son acte : "A titre personnel je ne regrette rien et surtout ne me sens coupable de rien", estime-t-il. "Collectivement, nous pouvons être fiers d'avoir impulsé un mouvement qui porte l'exigence d'une révolte éthique et professionnelle conjuguée à un esprit de responsabilité et d'honnêteté que personne, aucun pouvoir, ne pourra briser".

En conséquence, Alain Refalo "appelle à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l'école de la République aujourd'hui menacée", et "les syndicats d'enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates".

D'après agence

le 24 juillet 2009 à 15:59
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29 Commentaires

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  • SUP, le 10/08/2009 à 14h07

    Et la réforme promise par Sarkozy lors de la campagne présidentielle, qui limiterait le mandat des Présidents de la République à deux quinquennats, c'est pour quand ? Celle là elle ferait un tabac...

  • Lily, le 28/07/2009 à 12h30

    A Mireille de Saint-Etienne: 1 ère remarque: cet enseignant prend DEJA ses responsabilités en disant haut et fort qu'il n'est pas d'accord avec les réformes. Et puis, je pense qu'il connait son métier mieux que vous... 2me : On ne parle pas ici d'un bête fonctionnement d'une entreprise mais d'un système éducatif, de l'école, celle qui éduque vos enfants. Deux poids deux mesures. 3me: c'est bien le problème de nos jours, maintenant quand quelqu'un ose se lever contre le gouvernement, ses réformes ou l'autorité et/ou essaie de lancer un mouvement, cette personne est taxée de prétention et d'arrogance. Mais de Gaulle n'a pas le monopole de "l'insurrection", Madame. Les moutons, si vous êtes frustrés, vous n'avez qu'à vous aussi vous exprimer, mais arrêtez de dire à ceux qui le font que c'est de la prétention... Et puis la liberté d'expression et de penser n'est pas encore un manque de respect, que je sache (même si on y vient, malheureusement ...) Dernière remarque: Les valeurs de notre République sont aussi de se lever quand on est pas d'accord, c'est quand même un peu ce pour quoi ce sont battus nos ancêtres en 1789, entre autres... Merci à M. Refalo de refuser de se laisser museler.

  • Le jedi, le 25/07/2009 à 12h42

    BRAVO !!! Le refus de la loi est un délit !!!

  • Maïckou, le 25/07/2009 à 11h40

    Et les élèves désobéissants, insolents, voire violents ... Ils seront punis???

  • Imari, le 25/07/2009 à 11h24

    C'est vrai que dans ma carrière,j'en ai connu des réformes ! Exemple d'une directive complètement idiote :uiliser les pictogrammes en matenelle ou les enfants pour signer leur travaux se représentaient par un pictogramme (illisibles pour les autres) alors qu'ils étaient capables de signer de leur prénom.J'ai obéi "officiellement"mais je leur faisais utiliser les lettres "en douce" et grand bien m'en a pris puisque on est revenu à l'écriture l'année suivante.Comme quoi,ceux qui pondent les réformes de derrière leur bureau n'ont qu'une vague idée des solutions à apporter aux besoins des enfants..

  • Bouberau, le 25/07/2009 à 10h47

    C'est revoltant de penaliser cet instituteur,il a juste clame tout haut ce qu'il pensait des reformes qui sont faites puis enlevees puis de nouveaux remises au gre des ministres qui se succedent à l'education nationale, la preuve c'est qu'il a souleve aupres de ces confreres consoeurs de la solidarite veux t'on encore voir s'enflammer la prochaine rentree scolaire ce qui penaliserait nos chers enfants, qui eux aussi ont de la peine à s'y retrouver dans toutes ses reformes.de grace rendez l'autorite a tous ses professeurs nous en serons les premiers beneficieres pour ma part ça calmerait la delinquance, plutôt que de les mettrent sans cesse en concurrences par des lois des decrets fantaisistes qui puise pas mal de leur energie ont t' ils toujours recu la formation necessaire pour appliquer ces changements.l'une de mes amies prof d'anglais m'a dit que le metier de prof etait devenu un metier infernal elle m'a même dit que si elle avait ete plus jeune elle songerait à changer de job, est elle un cas isole, ou bien son cas reflete t' il une bien triste verite ???????

  • Vincent de Savoie, le 25/07/2009 à 00h09

    Les profs ne sont pas contre les réformes mais contre les réformes qu'ils jugent mauvaises... Et puis dès fois c'est le ministère qui annonce des réforme mais qui ne donne pas les moyens de ses réformes... par exemple la réforme des bac pros 3 ans, certains lycées l'ont déjà mis en place en septembre 2008 mais les référentiels (programmes) n'ont toujours pas été publiés, les profs font cours mais ne savent toujours pas ce qu'il faut enseigner aux élèves... et ce qu'il y aura à l'examen...

  • Bein voyons, le 24/07/2009 à 20h11

    Au fait, savez vous que le mot Nationale a disparu / à l Education, dans la dénomination du ministère qui gère les enseignants? par contre, les mêmes enseignants peu vent quand même encore se réclamer de la fonction publique effectivement et le "professeur désobéissant", a, selon moi , pensé réagir en fonction du service public, vu quil agi en accord avec les parents de son école

  • Mamienou, le 24/07/2009 à 19h25

    Parler de réforme à des enseignants est une horreur, un crime, d'ailleurs, c'est un mot qu'il faudrait bannir du vocabulaire. Il y en a un qui disait qu'il était très difficile de bouger le mamouth, il n'avait pas tort. Si la situation est trop pénible pour lui, peut toujours se reconvertir. Mais attention, dans le privé, ça risque de coincer sérieux, pour ce Monsieur.

  • Wan2009, le 24/07/2009 à 19h04

    A Didier de Bretagne. Le problème actuel, c'est de voir des gens comme Didier, qui ne connaissent manifestement rien à l'enseignement et qui ont des grandes idées d'intellectuels... voire de pédagogues !! 1°) Tout le foin sur la lecture globale n'a jamais été compris par le grand public et complètement caricaturé. On doit apprendre B A = BA (lecture syllabique) pour pouvoir apprendre à lire les mots qu'on ne connaît pas. En revanche, on doit (et c'est naturel) aussi lire des mots de façon globale, c'est ainsi qu'un enfant en maternelle (voire avant pour la plupart) sait "lire" son prénom sans connaître encore a lecture... d'où cette expression de lecture "semi-globale". 2°) Pour information, Monsieur Didier, les tables de multiplications sont toujours apprises par-coeur dans les classes d'élémentaire. Le système éducatif est donc, actuellement, complètement caricaturé; toujours comparé au système d'"avant" alors que nous n'avons absolument plus les mêmes enfants en face de nous. Réfléchissez plutôt à ce qu'apporte la société actuelle... Certains parents viennent dans les écoles dénoncer tel propos légèrement déplacé d'un maître alors que leur propre enfant regarde Secret Story (ou Sex Story !!)... Où va-t-on ? L'école ne pourra pas tout régler...

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