Image d'archives © TF1Son nom était devenu emblématique de la fronde lancée par certains enseignants d'école primaire, lassés de réformes à répétition et qu'ils jugent contraires à l'intérêt des élèves : Alain Refalo, professeur de Colomiers, avait donné le signal du mouvement avec une lettre ouverte, en novembre 2008, où il s'opposait aux réformes Darcos. Il avait bientôt été suivi par des dizaines de ses collègues, affirmant haut et fort leur refus de se soumettre au décret sur le dispositif d'aide personnalisée. Cette initiative avait déjà valu à l'enseignant "désobéisseur", ou "désobéissant", une sanction sous forme de retrait de jours de salaire. Vient de s'y ajouter une autre "punition" après sa comparution en commission disciplinaire devant l'inspection académique à Toulouse : un abaissement d'échelon.
Le professeur "vient de se voir signifier une sanction disciplinaire de catégorie 2, un abaissement d'un échelon, soit la sanction qui a le plus de conséquences financières sur son traitement", a fait savoir son comité de soutien. "S'ajoutant à la promotion qui lui a été refusée au mois de février, et indépendamment des 19 jours de salaire qui lui ont déjà été soustraits, cette sanction représente pour les quatre ans qui viennent une perte d'au moins 7000 euros, alors qu'Alain Refalo a effectué l'intégralité de son service devant les élèves et que les rapports pédagogiques de ses inspecteurs sont élogieux".
"Une volonté de bâillonner les enseignants"
Outre ce communiqué de son comité de soutien, Alain Refalo explique, dans une lettre de trois pages, que "cette action de désobéissance pédagogique qui s'est essentiellement cristallisée sur le dispositif de l'aide personnalisée, a permis à des milliers d'enseignants du primaire d'en montrer toute la perversité et l'inefficacité tout en ayant une attitude responsable vis-à-vis des élèves en difficulté". Selon le professeur, "les motifs invoqués de manquement au devoir de réserve et d'incitation à la désobéissance collective, une première dans l'Education Nationale, témoignent d'une volonté de bâillonner les enseignants". Pour Alain Refalo, cette sanction est une "décision politique" qui "vise assurément l'ensemble des enseignants du primaire en résistance".
"Le nouveau ministre espère ainsi écraser toute velléité de contestation à la rentrée. Il se trompe gravement", estime encore Alain Refalo pour lequel "le pouvoir s'enferme dans une attitude répressive qui ne peut que susciter des tensions regrettables pour l'avenir". Il revendique par ailleurs haut et fort son acte : "A titre personnel je ne regrette rien et surtout ne me sens coupable de rien", estime-t-il. "Collectivement, nous pouvons être fiers d'avoir impulsé un mouvement qui porte l'exigence d'une révolte éthique et professionnelle conjuguée à un esprit de responsabilité et d'honnêteté que personne, aucun pouvoir, ne pourra briser".
En conséquence, Alain Refalo "appelle à une insurrection des consciences de la société civile pour sauver l'école de la République aujourd'hui menacée", et "les syndicats d'enseignants à jouer pleinement leur rôle en organisant dès la rentrée un mouvement de résistance puissant à ces réformes scélérates".
D'après agence
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