© AFPIl restera dans l'Histoire comme un des acteurs clés des événements de 68, ayant eu comme souci majeur d'éviter que la crise sociale ne bascule dans un bain de sang : l'ancien préfet de police Maurice Grimaud s'est éteint jeudi dernier à l'âge de 95 ans, a-t-on appris mardi, jour de son inhumation. Après des études de Lettres, il n'est qu'un préfet au parcours modeste lorsqu'il devient en 1967 Préfet de police de la ville de Paris, succédant à Maurice Papon. En mai 1968, la capitale explose. Il impose alors son autorité aux forces de l'ordre, exige la modération dans leurs interventions et dialogue avec les manifestants lors d'incessants appels et palabres. Son attitude durant cette période, mêlant fermeté et prudence, lui vaudra la réputation d'avoir été l'un des principaux artisans du retour au calme dans la capitale française.
Lors d'une interview accordée à LCI.fr en 2008 lors du quarantième anniversaire de mai 68, il avait estimé qu'un nouveau mai 68 était peu probable, mais qui si c'était le cas il serait au moins de taille européenne. Toujours très actif et engagé jusqu'à la fin de sa vie, cet homme de gauche déclarait en effet : "les jeunes ont moins à exiger un desserrement des contraintes de toutes sortes qui révoltaient leurs aînés et qui ont largement disparu, qu'à se soucier de leur avenir. Ils n'ont plus les mêmes rêves de changement radical de la société mais ils redoutent ce que leur réserve celle de demain : un monde plus que jamais dominé par l'argent, l'impuissance des pouvoirs publics, défenseurs naturels des plus faibles, face aux délocalisations qui font du jour au lendemain de leurs parents, bons travailleurs, des chômeurs ou des SDF, les rémunérations scandaleuses des défenseurs et profiteurs de ces multinationales dépourvues de toute morale civique, l'horizon d'une planète surpeuplée, privée d'eau et donc de nourriture, incapable de nourrir les plus pauvres. Ces craintes sont tout aussi bien celles des étudiants que des jeunes travailleurs de toutes catégories" (cliquez pour lire l'interview).
Commandeur de la Légion d'honneur, marié, père de cinq enfants, il avait évoqué ses souvenirs et ses conceptions dans plusieurs livres: "En mai, fais ce qu'il te plaît" (1977), "La police malade du pouvoir" (1980), "Je ne suis pas né en mai 68. Souvenirs et carnets 1934-1992" (2007)
Cohn Bendit : "C'était un véritable républicain" |
Nicolas Sarkozy a salué la mémoire de l'ancien préfet Maurice Grimaud, "un grand serviteur de l'Etat qui a consacré sa vie aux missions d'intérêt général", un homme "passionnément républicain profondément humaniste et admirablement tolérant". De son côté, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a salué un homme qui s'est "illustré lors des événements de mai 1968, en faisant preuve d'un sang-froid exemplaire" et qui "par sa capacité de dialogue et de concertation, a su maîtriser la situation et éviter toute issue tragique". L'ex-leader du mouvement de mai 1968 Daniel Cohn-Bendit a qualifié de "véritable républicain" Maurice Grimaud. L'ex-préfet Grimaud, qui "m'a toujours soutenu", "a protesté contre mon expulsion après 68", a déclaré M. Cohn-Bendit sur France Info, estimant qu'il avait été "un préfet de police hors norme". Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a salué la mémoire de Maurice Grimaud, qui "fut un préfet de police remarquable de finesse et d'efficacité". "Paris doit à la sûreté de son jugement d'avoir évité des drames lors des événements de mai 1968", écrit M. Delanoë dans un communiqué. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...





