© AFP/TF1/Montage LCI.frC'est pas moi, c'est l'autre. Ce week-end, dans une lettre, le chanteur Cali a dénoncé un "acharnement insupportable sur Orelsan". Souvenez-vous, Orelsan c'est ce rappeur ayant créé il y a quelques mois la polémique avec une chanson appelée "Sale pute". Le titre n'a pas plus, les paroles encore moins, certaines associations et politiques considérant l'ensemble comme misogyne. L'intéressé s'en est défendu mais sans convaincre. Alors, depuis, c'était un peu "haro sur Orelsan". Et l'artiste de finir, déprogrammé du mythique festival des Francofolies.
La nouvelle n'a vraiment pas plu à Cali, qui condamne cette volte-face des organisateurs. Pire, le chanteur estime que le festival "se discrédite totalement"."Il y aura un avant et un après Orelsan. Pour ma part, je boycotterai, avec tristesse mais conviction, tous ces lieux muselés", poursuit-il.
"Une femme qui clame la censure"
Et voilà la réponse du berger à la bergère : pour le fondateur du festival, Cali "aurait dû réfléchir" avant de s'en prendre aux organisateurs. Oui, a dit Jean-Louis Foulquier au micro de RTL dimanche, il "aurait du réfléchir" car "c'est Ségolène Royal l'instigatrice de tout ça". Selon lui, l'un des dirigeants des Francofolies, avait programmé le rappeur mais "Ségolène Royal s'est positionnée en maître-chanteuse : ou il arrêtait la programmation ou il n'avait plus de subventions", a-t-il affirmé.
Cali est un "soutien sans faille de Ségolène Royal", a-t-il rappelé. Il s'interroge ironiquement : "Est-ce qu'il va aller chanter, dans ses concerts de soutien et de fraternité, pour une femme qui clame la censure?". A l'époque, la présidente PS de la région Poitou-Charentes, s'était réjouie de la déprogrammation d'Orelsan. Elle avait dit au journal Sud Ouest avoir demandé des "clarifications" au festival sur la présence de l'artiste.
Quant à l'UMP, évidemment, elle se délecte. Le parti majoritaire s'est rapidement emparé de la polémique, jugeant dimanche "intolérable" la déprogrammation d'Orelsan et accusant Ségolène Royal d'avoir fait "un chantage à la subvention".
Fronde des artistes
La polémique a petit à petit gagné. Déjà, celui qui aurait dû se produire mardi était sur scène sans y être ce week-end puisque la piquante Olivia Ruiz lui a dédié son concert. Puis, invité par des journalistes, le chanteur de Tryo, Christophe Mali, s'est dit "complètement contre l'annulation" du concert du rappeur. "Je suis pour la liberté d'expression, ce n'est pas une poignée d'associations qui va faire la pluie et le beau temps sur les festivals", a-t-il déclaré, en soulignant qu'il ne "soutient absolument pas la chanson" "Sale pute" mais qu'il s'agit "d'une question de principe". "Je pense que le patron des Francofolies (Gérard Pont, ndlr) a fait une grave erreur, qu'il regrette lui-même", a-t-il ajouté.
A son tour, le jeune chanteur Joseph d'Anvers a lui estimé que "la liberté d'expression est un droit inaliénable". "Que les choses soient bien ou mal dites, c'est un autre problème, a-t-il poursuivi. Avec cette chanson, Orelsan a peut-être été maladroit, et encore : c'était une connerie de jeunesse. Je ne serais pas très fier si on ressortait certains textes de mon ancien groupe de rock". Un autre chanteur, Dominique A, a jugé "lamentable" la déprogrammation d'Orelsan. "C'est de la censure déguisée", a-t-il dit, sans souhaiter s'étendre davantage. La chanteuse Emily Loizeau a adopté un point de vue plus nuancé et jugé "excessives" les accusations de censure : "à la décharge des dirigeants des Francofolies, je pense qu'ils ont eu peur que le concert dégénère et qu'il y ait des bagarres, ce que je peux comprendre quand on est à la tête d'un festival".
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