Ségolène Royal lors d'un point presse le 26 février 2009 © TF1/LCINouveau rebondissement dans l'affaire de la déprogrammation surprise du rappeur Oreslan du festival des Francofolies de La Rochelle. Accusée par le fondateur du festival d'avoir fait du chantage pour obtenir l'annulation de la prestation de l'artiste, Ségolène Royal a réagi mardi matin, niant être intervenue en ce sens. La présidente socialiste de la région Poitou-Charentes a été accusée par le fondateur du festival, Jean-Louis Foulquier, d'être à l'origine de l'annulation par un "chantage aux subventions." Le rappeur français Orelsan a été très critiqué pour sa chanson "Sale pute", dans laquelle il se met dans la peau d'un jeune homme qui accable d'insultes et de menaces très crues son amie qui vient de le quitter.
"Toutes les affirmations de menace pour obtenir la déprogrammation du rappeur, de même que toutes les allégations de chantage à la subvention sont fausses et diffamatoires", assure Ségolène Royal. En revanche, l'ancienne candidate à l'Elysée "assume avoir sollicité des informations" après avoir été saisie par des associations de lutte contre les violences faites aux femmes et avoir "exprimé sa satisfaction" à l'annonce de la déprogrammation. Ségolène Royal demande s'il est "tolérable qu'un chanteur appelle au meurtre et à la violence contre les femmes, pas seulement dans une chanson mais dans plusieurs, qu'il menace de les 'marie-trintigner', de les 'avorter à l'opinel'".
"Un acharnement insupportable sur Orelsan"
Le titre "Sale pute" est ancien, au point que le rappeur ne l'interprète plus sur scène, mais la polémique a été relancée au printemps dernier par la diffusion d'un clip sur internet. Dans le journal Sud-Ouest, Orelsan se félicite du "débat sur la censure" provoqué par la déprogrammation de son concert, estimant que les organisateurs de festivals n'ont "pas toujours les mains libres". "Il y a quelques semaines, le Parti socialiste me soutenait, aujourd'hui Ségolène Royal m'empêche de faire mon métier et voilà que l'UMP prend ma défense", dit-il.
A la suite de cette affaire, la secrétaire d'Etat à la Politique de la ville Fadela Amara, ancienne présidente de l'association "Ni putes ni soumises", a proposé une table ronde aux rappeurs.
L'ex-ministre PS de la Culture Jack Lang a désapprouvé la censure et à La Rochelle, les chanteurs Olivia Ruiz et Bénabar ont manifesté leur soutien à Orelsan. Le chanteur français Cali, découvert par les Francofolies et qui a soutenu Ségolène Royal durant la campagne présidentielle de 2007, a dénoncé "un acharnement insupportable sur Orelsan" dans une lettre ouverte.
Pour Ségolène Royal, "tous ceux qui se sont déclarés solidaires de ce rappeur, M. Lefebvre et Paillé de l'UMP, mais aussi Lang ont perdu une occasion de se taire." "La lutte contre les violences faites aux femmes ne souffre aucune faiblesse et aucun compromis", insiste-t-elle.
Dans un communiqué diffusé ce week-end, les porte-parole de l'UMP ont dénoncé une atteinte à la liberté d'expression de la part de la présidente de Poitou-Charentes.
"Ni pression, ni censure"
De son côté, le patron des Francofolies de La Rochelle, Gérard Pont, a affirmé que la déprogrammation du rappeur Orelsan n'avait été guidée "ni par des pressions ni par une volonté de censure" et qu'il avait pris la décision "seul" afin que "le festival se passe sereinement". "On peut penser que j'ai pris une mauvaise décision, mais s'il vous plaît, ne pensez pas que je suis un censeur ni que je gère le festival selon des pressions politiques", a déclaré M. Pont lors de la conférence de presse de bilan. "J'ai décidé tout seul, devant mon café à 8 heures du matin, d'annuler ce concert, sur un coup de tête", a-t-il poursuivi en disant que l'annulation avait été motivée par la crainte d'une forte mobilisation policière lors du concert.
Le patron des Francofolies craque en conférence de presse :
Frédéric Mitterrand sort de son silence |
Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a réagi à l'annulation du concert du rappeur Orelsan aux Francofolies. Orelsan "exprime le dépit amoureux avec des termes qui ne sont pas les miens mais il a le droit de l'exprimer, je ne trouve rien de répréhensible à la manière dont il le chante Rimbaud a écrit des choses bien plus violentes", estime le ministre sur RTL. Cette polémique "ridicule" provoque "beaucoup d'agitation pour rien", conclut-il. |
(D'après agences)
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