Nouveau suicide avant un déplacement d'Alliot-Marie

le 18 août 2009 à 08h20 , mis à jour le 18 août 2009 à 08h28

Ce nouveau drame intervient alors que la ministre de la Justice doit intervenir mardi sur le thème des suicides en prisons.

[Expiré] prison liberté barreaux évasion © SXC.HU

L'affaire tombe au plus mal pour l'administration pénitentiaire. Un détenu de la maison d'arrêt des Baumettes, à Marseille, a été retrouvé pendu lundi dans sa cellule, à la veille d'une intervention de la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie sur ce thème.
 
Agé de 37 ans, l'homme faisait l'objet d'un suivi pour des problèmes familiaux. Il s'agit du 92e suicide en prison depuis le début de l'année en France, et du troisième à la maison d'arrêt marseillaise, selon l'association Ban public, qui les recense. L'administration pénitentiaire ne communique pas sur le phénomène et il n'existe pas de statistiques officielles à jour pour 2009. Le chiffre officiel pour 2008 est de 115. Quoiqu'il en soit, spécialistes et syndicats de gardiens voient un lien avec la surpopulation carcérale - 62.420 détenus pour 51.000 places au 1er août - mais le ministère de la Justice contestait cette explication sous la direction de Rachida Dati.

80.000 détenus en 2017
 
Michèle Alliot-Marie se déplace à Orléans mardi pour des annonces sur le thème des prisons. Selon son cabinet, elle doit prendre connaissance d'un rapport demandé à l'administration pénitentiaire sur le suicide et rendre publique une étude remise à son prédécesseur, Rachida Dati, mais tenue secrète jusqu'ici.  Michèle Alliot-Marie, qui a remplacé Rachida Dati en juin, a assuré qu'elle ferait du dossier des prisons une priorité. Elle a par ailleurs déjà publié une autre étude également tenue secrète par Rachida Dati. Elle conclut que les 194 prisons françaises, compte tenu de l'effet des lois répressives rendant parfois quasi-automatiques les peines d'incarcération, vont connaître une explosion du nombre de détenus à plus de 80.000 en 2017 si aucune réforme n'est adoptée.
 
Le système ne pourra en effet absorber une telle population puisque, si les programmes de construction actuels sont menés à bien, il y aura seulement 64.500 places en 2012, dit le rapport. L'Etat ne souhaite pas aller plus loin pour des raisons budgétaires. Afin de limiter ce phénomène de surpopulation, un projet de loi en instance au Parlement prévoit de favoriser les libérations anticipées et aménagements de peines.

(D'après agence)

le 18 août 2009 à 08:20
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

17 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Anne, le 19/08/2009 à 10h29

    "Une socièté se juge aussi à la manière dont elle traite ceux qu'elle enferme".(L'étranger de Camus).

  • Mberle, le 19/08/2009 à 06h06

    Ces un chantier majeur d,avenir en France..probablement que tout est a etre repenses. La prison comme reponse systematique aux 'maladies ' d'une societe ne peut etre qu'en inadequation avec la multitude de cas differents quelle a a traiter..l'enprisonnement est comme un seul et meme traitement pour tout les maux..seul change la duree...

  • Rousseau, le 19/08/2009 à 03h21

    Où est le problème?

  • Cendre, le 18/08/2009 à 20h33

    Je suis d'accord avec "Linkyboy", bon raisonnement . et puis il faut pas mélanger les crimes avec les vols et les violes, etc ... et aussi il faut tenir compte que des personnes innocentes sont en prison . il faut tenir compte des viols et tortures en prison et en plus on rajoute la chaleur de l'été .... la total ! comme d'habitude le gouvernement prend des mesures erronées et inutiles !!! et dire que il font les grandes écoles .....enfin...

  • Orphee, le 18/08/2009 à 19h46

    Si ils sont en prison c'est qu'ils ont fait quelque chose. Que Mme Lagarde s'en préoccupe après tout c'est son job actuel. Mais j'aimerais qu'on pense aussi aux victimes qui certes ne font pas de prison mais sont souvent emprisonnées par ce qu'elles ont subi.

  • Linkyboy, le 18/08/2009 à 18h18

    Je pense qu'il faut des prisons adaptés en fonction des crimes commis. Certaines personnes se retrouvent a partager leur chambre avec des malades mentaux alors qu'ils ont commis des délits mineurs. Il est normal que les prisons génèrent des suicides quand des gents relativement normaux se retrouvent avec des assassins dans un environnement où la loi du plus fort et du plus dangereux est celle qui règne. Comment ne pas déprimer lorsque l'on est soumis à une torture psychologique et parfois physique quotidiennement? Je pense que cette souffrance est justifié lorsque l'on a commis des crimes atroces car il faut bien en payer le prix, mais beaucoup de prisonnier le subissent sans le mériter. La solution passe donc par un investissement massif dans le système carcéral, or je ne pense pas que cela soit au programme. Les prisons coûtent cher et ne rapporte pas, deux défauts que notre système ne tolère pas.

  • Vava, le 18/08/2009 à 18h18

    A Puce:Je vous fais une grosse bise pour ce que vous avez écrit.Pour votre raisonnement et pour votre côté humain.Vava.

  • Jean bernard, le 18/08/2009 à 17h49

    Je pensequ il y a trop de petites peines qui ne merite pas la prison mais le bracelet ou autre chose les taulards ne sont pas tous des patrick henry.

  • Blanche, le 18/08/2009 à 13h57

    A tous ceux qui disent que les personnes incarcérées n'avaient quà respecter la loi , je veux leur dire que la France ne respecte pas la loi européenne en ce qui concerne les prisons.

  • Eve, le 18/08/2009 à 13h53

    Merci Brice de Nice. J'ajoute: allez faire untour sur le site de l'Observatoire International des Prisons.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience