Image d'archives © TF1/LCIPas vu, pas pris, pensaient-ils. Mais depuis le début de l'été, les usagers de l'A1 qui ont emprunté la troisième voie réservée aux taxis et autobus, ont vite déchanté. Début juillet, les premiers PV sont tombés. "J'ai reçu le même jour quatre PV à 90 euros dont deux étaient déjà majorés à 135 euros. Ils m'ont verbalisé avec un mois de retard. Ne sachant pas que j'étais verbalisée, j'ai continué à rouler sur cette voie. Et je viens de recevoir la neuvième contravention lundi", déclare Anne furieuse.
Depuis le 22 avril, la troisième voie de l'A1 est réservée, sur un tronçon de 5 km, aux chauffeurs de taxi dans le sens Roissy/Paris, entre 7h et 10h du matin. Objectif : augmenter l'offre de taxi en direction de Roissy et surtout permettre aux chauffeurs de gagner en rapidité. Mais cette expérimentation, mise en place par la préfecture de la Seine-Saint-Denis, n'est pas du goût des habitués de l'A1.
"Avant, je mettais 20 minutes pour arriver au boulot contre 45 minutes depuis qu'il y a ce test. Comment voulez-vous que le trafic s'écoule sur deux voies au lieu des trois ?". Un constat partagé par d'autres automobilistes. Un groupe qui s'est constitué sur le réseau Facebook, "contre la voie de gauche BUS et TAXI !" compte aujourd'hui 145 membres. Beaucoup ont été verbalisés et considèrent comme Anne que l'A1 doit retrouver ses trois voies.
Actions coup de poing à la rentrée
"Je suis en colère. C'est un axe public, pourquoi le réserver à une certaine catégorie de professionnel ? Les autres travailleurs ont également le droit d'arriver à l'heure au boulot. L'autoroute A1 est la plus chargée. Je refuse d'être coincée sur deux voies embouteillées alors que la troisième voie roule bien. La communication n'a pas été énorme voire inexistante. J'ai vraiment la sensation de m'être fait avoir", assure Patricia
Raison pour laquelle, Patricia a également créé un blog et lancé une pétition en ligne : http://contestationa1voiegauche.blogspace.fr/. Elle assure que la rentrée de septembre va être "chaude". "On prépare des actions. On est plusieurs déjà à avoir envoyé des courriers à la préfecture et à la fédération des taxis. Je propose aussi de bloquer la voie réservée", prévient t-elle.
Test suspendu jusqu'au 15 août
De son côté, la préfecture de la Seine-Saint-Denis assure "avoir fait preuve de pédagogie" envers les automobilistes. "Les usagers ont été prévenus par une campagne d'information de la mise en place de ce dispositif expérimentale. Ils n'ont pas été pris au dépourvu. De plus, la verbalisation n'a été effective qu'à partir du 2 juin alors que le test a débuté le 22 avril."
Et en dépit des protestations, la préfecture assure qu'il est encore trop tôt pour tirer un premier bilan. Et assure tout faire pour que ce test se passe dans de bonnes conditions. "L'expérimentation a été suspendue une première fois lors du salon du Bourget du 15 au 21 juin. Depuis le 14 juillet, le test a également été suspendu et devrait reprendre après le 15 août. Le trafic actuel ne permet pas de réaliser ce test dans les conditions "normales de circulation", précise la préfecture.
Quant aux principaux intéressés, les chauffeurs de taxi, la mesure ne semble pas faire l'unanimité. Pour Armando Cinco, chauffeur de taxi depuis 12 ans, "cette voie ne change pas grand-chose". "Elle n'est réservée que sur un tout petit bout du trajet pour se rendre à Roissy. Le peu de temps que l'on gagne en amont, on le perd par la suite. En temps normal, je fais la course en moyenne en 25 minutes, avec cette voie réservée, j'en mets 20 ! Le système n'est pas efficace", tranche Armando.
Amard Boudalia n'est pas du même avis. "On gagne quand même entre 5 et 10 minutes, c'est mieux que rien". Le chauffeur propose une extension du tronçon réservé. "Ils devraient davantage prolonger la voie au moins jusqu'à l'accès au périphérique. En plus, c'est seulement dans le sens du retour que ça fonctionne et uniquement le matin. C'est dommage". La préfecture tranchera.
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