Besson : derrière la "jungle" sont visés les passeurs

Par D.H. (avec agence), le 21 septembre 2009 à 20h03 , mis à jour le 21 septembre 2009 à 22h58

En fermant la "jungle" de Calais, la France veut fermer les filières, a expliqué lundi à Bruxelles le ministre de l'Immigration.

Où iront les migrants après la fermeture de "la jungle" ?Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé mercredi dans le 20 heures de TF1, la fermeture imminente de la jungle de Calais. Mais sur le terrain, les bénévoles estiment que "cela ne changera rien." © TF1/LCI

Si Eric Besson, réuni à Bruxelles avec ses homologues des Vingt-Sept, a refusé de confirmer ou démentir cette information, de sources proches du dossier, les opérations de démantèlement des campements de migrants clandestins dans la "jungle" de Calais la semaine dernière devraient commencer mardi matin. Quoi qu'il en soit, c'est imminent. Et pour les bénévoles, la destruction des campements précaires où s'abritaient les migrants depuis la fermeture du centre de la Croix Rouge de Sangatte en 2002 était presque achevée lundi. "Le démantèlement a en fait déjà commencé depuis plusieurs semaines", comme l'estime ainsi Monique Delannoy, présidente de "La belle étoile", alors que le ministre de l'Immigration a annoncé la semaine dernière que cette zone au nord de Calais, dans laquelle des centaines de candidats à l'immigration au Royaume-Uni ont trouvé refuge, serait totalement évacuée avant la fin de cette semaine.

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Alors que la "jungle" vit donc ses dernières heures, Eric Besson, lui, expliquait sa démarche aux Vingt-Sept. La France fera tout pour fermer les filières, a-t-il assuré. "Depuis l'annonce du démantèlement, il y a moins de migrants qui sont arrivés, et cela montre que les passeurs ont de plus en plus de mal à vendre le ticket pour Calais, car l'assurance d'un hébergement fait partie du paquet", a-t-il affirmé. "Pas un jour ne passe sans que nous fermions un squat ou un campement et nous allons continuer. Nous allons également renforcer la coopération avec la Belgique et les Pays-Bas pour renforcer l'étanchéité de la frontière avec la Grande-Bretagne", a-t-il ajouté. "Si nous sommes capables de montrer qu'on ne passe plus en Grande-Bretagne et qu'il n'y a plus de campement, nous allons empêcher les passeurs de vendre des tickets pour Calais", a-t-il insisté. Selon lui, ce "ticket" vaut entre 12 et 15.000 euros. "La France respectera son engagement de démanteler ‘la jungle' avant la fin de la semaine", a-t-il redit, tandis que le secrétaire d'Etat britannique Alan Johnson a salué cette décision.
 
"Persister dans l'erreur de 2002"
 
Concrètement, "tous les individus qui vivaient dans la jungle ont été approchés. 180 ont présenté une demande d'asile et 180 autres ont accepté un retour volontaire", a-t-il indiqué. "Lorsque nous fermerons, tous les migrants sur place, et ils sont de moins en moins nombreux, auront un entretien au cours duquel les différentes options leur seront présentées", a-t-il précisé. Une réponse aux arguments avancés, en face, par les associations.
 
Depuis que les migrants connaissaient la perspective de démantèlement, "leur nombre visible à Calais a baissé. Certains sont passés en Angleterre. Rares sont ceux qui ont pu déposer une demande d'asile en France (170). La plupart ont fui les menaces policières vers la Belgique et la Hollande, les autres se sont disséminés dans la nature (..) où ils sont privés d'accès aux soins et à la nourriture et livrés (..) à la seule loi des maffias", ont souligné lundi l'ensemble des associations humanitaires locales (une vingtaine) au cours d'une conférence de presse commune à Calais.
 
Selon elles, le démantèlement est "une fausse solution (..), inefficace et qui aggrave la situation". "Détruire les abris, c'est provoquer l'éparpillement des camps, livrer les migrants aux réseaux maffieux et ne rien régler sur le fond. C'est persister dans l'erreur de 2002 de la fermeture du camp de Sangatte", ont poursuivi les participants (dont C'Sur, Salam, la Belle étoile, Secours catholique, Ligue des droits de l'homme, Coordination française pour le droit d'asile, Médecins du monde, Amnesty international). Ils préconisent plutôt une modification des règles du droit d'asile européen (Dublin II) "en prévoyant un mécanisme permettant (aux migrants) de demander asile dans le pays de leur choix ou là où ils ont des liens familiaux, linguistiques ou culturels" et de "prévoir des structures d'hébergement ouvertes à tous".

Par D.H. (avec agence) le 21 septembre 2009 à 20:03
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3 Commentaires

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  • Roland, le 21/10/2009 à 16h01

    M.Besson,vous avez mon soutien dans votre mission--respectez les règles de la République concernant notre accueil pour les étrangers--

  • Gilbert, le 22/09/2009 à 07h32

    Que le ministre fasse son boulot en faisant respecter les règles de la France au sujet des papiers et autres

  • Zy78, le 22/09/2009 à 06h35

    C'est de la poudre au yeux cette histoire des passeurs ! Les habitants de cette "jungle" ne savaient ils pas qu'ils étaient dans l'illégalité s'ils venaient en France sans être passé prendre un visa dans les Consulats français ? L'infraction délibérée est préméditée, alors il faut appliquer les lois correspondantes à la lettre avec une absolue détermination.

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