La "jungle" de Calais démantelée

le 22 septembre 2009 à 07h27 , mis à jour le 22 septembre 2009 à 19h42

Le ministre de l'Immigration avait annoncé la semaine dernière ce démantèlement du campement de migrants sans papiers près de Calais. 278 migrants ont été interpellés.

[Expiré] [Expiré] Calais jungle migrants © AFP

                                                                                

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Besson : "il y aura d'autres démantèlements"



Tout s'est passé très vite. Annoncée la semaine dernière par le ministre de l'Immigration Eric Besson et commencée peu avant 7h30, l'opération de démantèlement du campement de migrants sans papiers près de Calais a eu lieu mardi matin. Bilan : 278 migrants interpellés, dont 132 mineurs. Ils n'ont opposé aucune résistance. En revanche, ils étaient protégés et retenus par des militants, qui ont contraint les policiers à les extraire un à un de manière musclée. Un total de 21 migrants, sur les 135 majeurs interpellés mardi matin au moment du démantèlement, ont été relâchés dans l'après-midi, dont quatre pour se faire soigner de la gale, a indiqué la préfecture.
 
Selon les associations d'aide aux migrants, les Afghans devaient être acheminés par bus vers le centre de rétention de Coquelles (Pas-de-Calais) pour un contrôle de la Police de l'air et des frontières (Paf). Les mineurs isolés devaient ensuite être orientés vers des centres d'hébergement et les majeurs maintenus dans un premier temps en centres de rétention.

"On ne peut aller nulle part"
 
Les migrants, au moins 150, s'étaient placés derrière des banderoles, préparées à l'avance et rédigées en anglais et en pachtoune. "Nous avons besoin d'un abri et de protection. Nous voulons l'asile et la paix. La jungle est notre maison", proclamait l'une d'elles. A l'arrivée des premiers policiers, des Afghans ont procédé à de rapides ablutions à l'entrée du camp, avant de lancer des "Inch Allah". Certains ont décidé de fuire au dernier moment, juste avant l'encerclement. "On ne peut aller nulle part. Partout à Calais la police nous attrapera. La jungle c'est chez nous. Nous n'avons pas peur", a confié Bilal, 18 ans.
 
Les Afghans ont attendu l'intervention des policiers dans un grand silence, en présence d'une nuée de journalistes et de militants associatifs, avant de scander "no deportation", puis, en français "des papiers pour tous". "On voulait d'une façon symbolique, montrer notre solidarité avec les migrants. On ne peut pas faire la guerre en Afghanistan et traiter ici les Afghans avec si peu de dignité", a déclaré Jean-Claude Lenoir, responsable de l'association Salam. Dans la "jungle", un feu de palettes avait été allumé toute la nuit, autour duquel journalistes, militants et migrants ont partagé thé et cigarettes.

Devenue emblématique de la détresse des clandestins cherchant à tout prix à passer en Angleterre perçue comme un "eldorado", la "jungle", surnommée ainsi par les migrants eux-mêmes, est située à proximité des axes empruntés par les poids lourds en attente d'embarquer sur les ferries qui traversent la Manche. Entre 700 et 800 migrants, dans leur immense majorité de jeunes Afghans de l'ethnie pachtoune, y vivaient avant l'annonce de son démantèlement par le ministre de l'Immigration, le 16 septembre. Selon les associations humanitaires, des centaines de migrants ont quitté la "jungle" au cours des dernières semaines pour échapper à l'arrestation. Eric Besson, invité sur LCI mardi soir, a expliqué : "Il ne pouvait pas y avoir une zone de non-droit" et prévenu "nous allons continuer", notamment avec les Belges et les Anglais.

Besson : "Il y aura d'autres démantèlements"

Le ministre de l'Immigration a annoncé, mardi sur RTL (voir son interview), que "d'autres démantèlements" de campements de migrants "dans les semaines à venir". "Aujourd'hui, c'est une opération extrêmement importante: c'est le camp principal, mais il y aura aujourd'hui et dans les jours à venir d'autres démantèlements", a déclaré Eric Besson. "Nous ne laisserons pas les passeurs faire la loi le long de la Manche", a insisté le ministre, rappelant que "depuis plusieurs semaines, le préfet mène des démantèlements de squats et campements tout au long de la Manche". Eric Besson a justifié l'intervention des forces de l'ordre dans la "jungle", dont les cabanons de fortune doivent être rasés, au nom de "l'état de droit" et de la défense des "migrants exploités". Ce n'est "pas un camp humanitaire, c'est le camp de base des passeurs avec des personnes exploitées, victimes de violences", a-t-il assuré. "Vous avez des chefs, des chefferies, c'est la loi de la jungle qui y règne et sur le territoire de la République française, la loi de la jungle ne peut pas durer éternellement", a-t-il fait valoir.

le 22 septembre 2009 à 07:27
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95 Commentaires

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  • Jemag44, le 23/09/2009 à 16h18

    Marie de verdun l'heure n'est plus à la fracture sociale mais plutôt au cratère social !!!

  • Darkness, le 23/09/2009 à 01h51

    Et pourquoi la France devrait donner des papiers a tout ces clandestins?c'est bien triste pour ces gens mais a force de régulariser ces clandestins,c'est la France elle même qui s'appauvrit. tout ces braves militants associatifs,ils ont cas accueillir ces clandestins chez eux,leur offrir une chambre,donner un peu de leur salaire et les subvenir.

  • Maïckou, le 23/09/2009 à 00h08

    Il faut faire la chasse aux PASSEURS. Mais laisser des gens dans ces "jungles" n'est pas une solution.

  • Sononefa, le 22/09/2009 à 23h18

    Je veux juste dire à Madame AUBRY, c'est bien de critiquer mais a-t-elle une solution ?

  • Mary P, le 22/09/2009 à 22h15

    Malouk, gardez votre dégoût pour les passeurs. Pas sans cause que la France va si mal avec une majorité de la population qui ne cesse de pleurnicher hypocritement sur des victimes tout en protégeant leurs bourreaux. A quand des associations qui auront le courage et les c... de déclarer la guerre à la mafia des passeurs, de chercher des solutions réalistes, au lieu de continuer à alimenter perfidemment le fond de commerce des passeurs et autres nouveaux négriers des temps modernes à coups de petites manifs débiles et propos lénifiants qui ne débouchent sur rien, sinon à aggraver la fracture sociale

  • Sam, le 22/09/2009 à 21h48

    Certains de vos commentaires sont répugnants. je me demande dans quel camp sont les donneurs de leçons... ce gouvernement a de beaux jours devant lui : l'objectif "amadouer le peuple avec de grosses ficelles bien démago" est déjà en bonne voie!

  • Marie, le 22/09/2009 à 21h48

    S'il n'y avait pas autant d'aides en france, il ne viendrait pas, ils vont leur donner de l'argent pour partir, ok dans 15 jours ils sont revenus un peu plus riche, ou alors asile poltique, et encore le contribuable, cmu, logement et tout le reste, il y en a marre, il y a plus de gens assistés que de travailleurs, comment voulez vous que les caisses se remplissent, arrêtons toutes cet assistanat et vous verrez que le pays ira mieux, faisons commes les oiseaux ils se bougent pour se chercher de la nourriture, ici ils attendent que l'on apporte, pauvre france!

  • Plume63, le 22/09/2009 à 21h43

    De la poudre aux yeux avant les élections régionnales, pour pas qu'on vote FN...

  • Sam, le 22/09/2009 à 21h36

    Pure opération médiatique! et quand je vois le nombre de personnes qui tombent dans le panneau, je crois qu'ils auraient tort de s'en priver... niveau communication, nos gouvernants sont vraiment efficaces. pour ce qui est du reste... quand je lis qu'ils faut les renvoyer chez eux ça me fait bondir! va t on les renvoyer en Afghanistan mourir sous les bombardements de l'OTAN?

  • Malouk, le 22/09/2009 à 21h36

    Vous croyez quoi toutes et tous, que le probleme de l'immigration est resolu.Ce que le gouvernement a fait est SCANDALEUX ni plus, ni moins!! Traiter son prochain de la sorte me degoute.

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