Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée, le 29 juillet 2009 © LCILes chiffres de la délinquance sont plutôt mauvais, mais Nicolas Sarkozy n'est pas prêt à se laisser déborder sur son thème de prédilection. Mardi matin, le chef de l'Etat a clairement repris la main, en convoquant à l'Elysée, le ministre de l'Intérieur, le directeur de cabinet du Premier ministre François Fillon, ainsi que les directeurs généraux de la police nationale et de la gendarmerie. Au cours de cette rencontre, Nicolas Sarkozy a décrété la mobilisation générale du gouvernement et des forces de l'ordre pour tenter d'enrayer la dégradation récemment constatée des statistiques de la criminalité, déjà dénoncée par la gauche comme un échec de sa politique.
Selon le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le chef de l'Etat avait demandé "de mobiliser les forces de sécurité" afin "d'améliorer les résultats de la lutte contre la délinquance". Si le Président s'est réjoui des "aspects très positifs" observés sur certains points, comme la hausse du nombre d'interpellations, du nombre des gardes à vue et de l'amélioration du taux d'élucidation, le ministre de l'Intérieur a concédé que les résultats étaient "plus contrastés, moins satisfaisants", notamment "sur les violences aux personnes ou les cambriolages". "Très clairement, le président nous demande de mobiliser les forces de sécurité, qu'elles aient les moyens d'agir, que l'on prenne des initiatives et que cette tendance dans les prochains mois s'inverse", a-t-il insisté.
Publié en août, le dernier rapport de l'Observatoire national de la délinquance (OND) fait état d'une poursuite de la hausse des violences contre les personnes (+5%) et d'une explosion du nombre de cambriolages (+12%). Sur un thème qui a fait sa réputation de ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait lui-même publiquement reconnu la dégradation de la situation en mai, lors de sa dernière intervention sur le sujet. "Je suis absolument déterminé à tout mettre en oeuvre pour que les résultats des trois derniers mois soient accidentels et ne traduisent pas une amorce de renversement de tendance", avait-il proclamé.
Ecoutez la réaction de Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur
La gauche se frotte les mains
Dans la foulée de faits divers spectaculaires, le chef de l'Etat avait alors, à quelques jours du scrutin européen, autorisé la fouille des sacs des élèves pour "sanctuariser les établissements scolaires" et proclamé la "reconquête des quartiers sensibles" dans 25 cités "difficiles". Il avait aussi annoncé pour ce mois-ci un nouveau "plan gouvernemental de prévention de la délinquance", constatant implicitement les ratés de la loi qu'il avait fait voter en 2007 lorsqu'il occupait la place Beauvau. Avant même les nouvelles consignes présidentielles, plusieurs syndicats de policiers ont toutefois mis en doute leur capacité à améliorer leurs résultats, alors que 8.000 postes de policiers et de gendarmes doivent être supprimés pour cause de réduction du train de vie de l'Etat.
Pour sa part, la gauche s'est déjà emparée des mauvais chiffres de la délinquance pour illustrer un "échec" du président. En clôturant l'université de son parti dimanche à La Rochelle, Martine Aubry la Première secrétaire du PS a dénoncé la "dérive sécuritaire" du gouvernement et raillé un "désastre". "Le bilan est clair: depuis 2002, 12 lois en plus et une augmentation des violences sur les personnes de plus de 40%!", a souligné Mme Aubry devant les militants socialistes. M. Hortefeux doit relayer, dès mercredi, l'exigence de mobilisation et de résultats du chef de l'Etat aux chefs départementaux de la police et de la gendarmerie, convoqués à son ministère.
D'après agence
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