La cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes © DR Une initiative qui ne fait pas l'unanimité
Des individus qui occupent le hall de votre immeuble, un homme aviné qui braille en bas de chez vous, ou un rodéo de motos qui vous tape sur le système... Cela vous dérange ? Dorénavant si vous habitez l'Essonne, vous pourrez envoyer un mail à la police pour le lui signaler. Les autorités de ce département de la banlieue parisienne vienne d'ouvrir une adresse mail afin que ses habitants puissent transmettre des renseignements sur des infractions dont ils auraient connaissance.
Cette boîte aux lettres électronique a pour but de "mieux répondre aux attentes de la population", explique la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) dans un communiqué. Des fiches explicatives seront mises à disposition du public, dans les commissariats et des mairies, avec la mention suivante : "Aidez la police nationale dans son action au service des citoyens. Vous pouvez transmettre vos renseignements (témoignages, photos, vidéo) à l'adresse mail suivante: police-ddsp91@interieur.gouv.fr. Confidentialité garantie". Cette adresse vient compléter les appels au 17 et les dépôts de plaintes.
"C'est une police d'une autre époque"
"Il s'agit d'être plus réactifs", a expliqué à l'AFP Jean-Claude Borel-Garin, directeur départemental de la sécurité publique, qui avait déjà mis en place il y a un an un tel dispositif dans l'Isère. C'est en revanche la première fois que ce dispositif est utilisé en région parisienne. Cette adresse est également destinée à répondre aux questions du public, ajoute-t-il. Devançant spontanément d'éventuelles critiques, Jean-Claude Borel-Garin précise que "la police ne traite pas la délation, elle agit dans un cadre légal, nous faisons des enquêtes". "Pourquoi la police ne pourrait pas recevoir des informations (par courriel ndlr) alors que tout le monde en reçoit", a-t-il ajouté. "Est-ce qu'on aurait dit qu'il ne faut pas que la police utilise le téléphone parce qu'il va y avoir de la délation ? Il faut vivre avec son temps", a-t-il conclu.
"C'est une police d'une autre époque et je ne vois pas comment nos collègues pourront faire et trier les bonnes ou mauvaises informations ainsi recueillies", a réagi Alliance, 2e syndicat de gardiens de la paix. "C'est une fausse bonne idée", a déclaré à l'AFP le secrétaire général du syndicat Jean-Claude Delage, et "je condamne cette initiative locale" qui est de la "poudre aux yeux". Et de mettre en exergue les "difficultés" actuelles dans les effectifs de la police.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...





