Jeudi Noir a investi un local place des Vosges, à Paris, le 31 octobre 2009 © TF1-LCI La propriétaire d'un immeuble du VIe arrondissement de Paris demande plus de 460.000 euros en justice à huit étudiants qui l'ont occupé sans payer durant 15 mois en 2008 et 2009. Quelques heures après la décision de la cour d'appel de Paris ordonnant une expulsion immédiate des membres de Jeudi Noir occupant depuis un an un immeuble de la place des Vosges, les forces de l'ordre sont intervenues samedi matin. La cour d'appel de Paris, confirmant le jugement de première instance, a ordonné l'expulsion des militants de Jeudi Noir pour le droit au logement, qui occupent un hôtel particulier place des Vosges depuis un an. La justice a ordonné lundi l'expulsion des militants de Jeudi Noir pour le droit au logement, qui occupent un hôtel particulier place des Vosges depuis plus de deux mois. Les squatteurs du collectif Jeudi Noir, occupant le bâtiment de la place des Vosges, sont désormais expulsables. Ils ont veillé toute la nuit, en présence de Jean-Paul Huchon.
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La trêve hivernale des expulsions, qui débute chaque année le 1er novembre, donne jusqu'au 16 mars un répit à des dizaines de milliers de ménages qui peinent à s'acquitter de leur loyer, dans un contexte de crise économique qui aggrave la pénurie de logements. Les associations se saisissent de cette trêve, du 1er novembre au 15 mars, pour rappeler qu'en 2008 il y a eu 11.294 expulsions effectives avec le concours de la force publique, soit une augmentation de plus de 150% en 10 ans, souligne la Fondation Abbé Pierre. Selon la Fondation, qui a mis en place depuis le 1er juin dernier une plate-forme téléphonique pour prévenir les expulsions locatives, 1,8 million de ménages ont des difficultés à s'acquitter de leur loyer et, parmi eux, 500.000 sont en situation d'impayés.
Le collectif rassemblant la trentaine d'associations s'occupant de mal-logement qui avait demandé, à la rentrée, un moratoire des expulsions locatives pour "les personnes de bonne foi", souligne que "la crise économique, en privant 600.000 personnes de leur travail, a singulièrement compliqué la situation de nombreux ménages". D'autant que l'année 2009 s'annonce comme la pire depuis 11 ans pour le secteur de la construction en France, au vu du nouveau recul des mises en chantier de logements neufs au troisième trimestre.
Jeudi Noir investit les beaux quartiers
Une centaine de manifestants ont occupé vendredi la chambre syndicale des huissiers à Paris, à l'appel de Droit au Logement (DAL), afin de fêter la fin des expulsions locatives. Autre action coup de poing : une quinzaine de militants de l'association Jeudi Noir occupent samedi un local de 2000 m2 situé 1, place des Vosges, dans le 4e arrondissement de Paris. Une manière pour eux "d'inaugurer" la trêve des expulsions locatives. Cet immense espace détenu par une Société civile immobilière est "inoccupé depuis 1965 et régulièrement rénové pour rien", selon l'association.
Jeudi Noir, baptisé ainsi en référence à la journée du Krach de 1929 à Wall Street, il y a 80 ans, a coutume d'attirer l'attention sur la crise du logement notamment par des occupations emblématiques de bâtiments aussi vastes que vides. L'association annonce qu'elle occupe les lieux depuis jeudi et inaugure samedi "le palais des mal-logés !", place des Vosges, l'ancienne place royale dont la construction avait été décidée par Henri IV, l'un des plus beaux ensembles XVIIe de la capitale.
"Sur le front du logement, l'hiver sera chaud"
Jeudi Noir marque ainsi le troisième anniversaire de ses premières actions visant à dénoncer la cherté des loyers et la bulle immobilière. "Aujourd'hui, veille de l'entrée en vigueur de la trêve hivernale à Paris, les jeunes galériens du logement vous invitent à leur emménagement", écrit l'association dans son communiqué, expliquant s'être engagée à quitter le bâtiment du 14 passage de la bonne graine (11e) pour laisser place aux travaux du futur foyer de travailleurs migrants. "Mais ADOMA et la mairie de Paris tardent à concrétiser leurs engagements en matière de relogements", commente Jeudi Noir "alors que le ministère du logement et l'ambition d'en finir avec le mal-logement ont disparu avec M. (Benoist) Apparu", secrétaire d'Etat au logement.
Jeudi Noir explique que son objectif est "d'interpeler et de donner le signal de la mobilisation". "Sur le front du logement, l'hiver sera chaud", promettent ces militants dont les actions sont souvent teintées d'humour. Ainsi ils relèvent que le bâtiment occupé place des Vosges est le lieu de naissance de la marquise de Sévigné, ajoutant que "son occupation sonne comme un avertissement à tous ceux qui se sont endormis sur la question du logement ou qui semblent croire que Tout va très bien madame la Marquise."
D'après agence
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