Un patient qui suit un traitement anti-androgène © TF1/LCI"Marie-Christine Hodeau a véritablement vu arriver sa mort"
INTERVIEW - Le procès de Manuel Da Cruz, meurtrier présumé d'une joggeuse à Milly-la-Forêt en 2009 s'est ouvert mercredi devant les assises de l'Essonne. L'affaire avait relancé le débat sur la récidive et la castration chimique, aboutissant à une nouvelle loi. La famille attend une peine exemplaire.
Publié le 02/11/2011
Récidive: le Sénat adopte mais réécrit le volet castration chimique
Tout en votant le projet de loi sur la récidive, les sénateurs ont considérablement remanié jeudi le volet sur le traitement antihormonal des délinquants sexuels. Le texte doit maintenant passer en commission mixte paritaire.
Publié le 18/02/2010
Récidive : MAM veut durcir le suivi des délinquants sexuels
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Castration chimique : la solution ?
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Publié le 26/10/2009
Ce dernier, après avoir refusé de suivre un traitement anti-androgène, vient de réclamer, semble-t-il plus par provocation qu'autre chose, la castration chirurgicale, interdite en France et dans la plupart des pays au monde. La Garde des Sceaux n'exclut toutefois pas d'en débattre à la mi-novembre au Parlement, à l'occasion de l'examen d'un projet de loi visant à renforcer les mesures en matière de castration chimique des condamnés. Pour mieux comprendre ce qu'est la castration chimique, LCI.fr s'est rendu au CHU de Rouen, dans une des deux seules unités de soins où est proposé ce type de traitement en France.
Eric*, 47 ans, a déjà effectué plusieurs peines de prison pour des actes pédophiles. Attouchements, propositions indécentes, téléchargement de fichiers à caractère pédopornographique : à chaque fois, il s'est fait pincer. D'une étonnante lucidité sur ses déviances sexuelles, il a essayé toutes les thérapies psychologiques proposées. Mais toujours, peu de temps après, il a replongé, envahi par "des fantasmes, des pulsions, des phobies qui l'entravaient, qui lui pourrissaient la vie". "La pédophilie était ma deuxième nature", confie-t-il. Mais depuis le 9 janvier 2009, l'espoir d'une vie normale est revenu. Depuis qu'il a été placé sous castration chimique. Tous les trois mois il se rend au CHU de Rouen pour recevoir une injection et rencontrer sa psychiatre. "Ce traitement a changé ma vie, il m'a sauvé", nous confie-t-il.
"C'est exceptionnel, je n'ai plus de pulsion, plus de fantasme. Je n'ai plus d'érection non plus, ce qui est un peu étonnant pour un homme, notamment le matin au réveil. Ce qui est important aussi, c'est que ce traitement me booste : ma tête était devenue vide, aujourd'hui j'ai à nouveau plein de projets". Les effets secondaires – déminéralisation des os, poussées des seins…. – ne l'ennuient pas : "le gain en échange est trop important". Eric estime qu'aujourd'hui "il n'est plus un danger pour la société". "Pendant des années mon entourage a vécu dans la peur que les choses recommencent, et ça a recommencé. Mon entourage a eu honte. Mais depuis le printemps dernier, ils sont étonnés, ils disent que j'ai changé, qu'ils ne me reconnaissent pas". S'il n'a pas peur de la rechute, Eric pense néanmoins qu'il devra suivre son traitement à vie. Quant à la castration chirurgicale, il y est "totalement opposé". "Dans la mesure où il existe des traitements chimiques efficaces, je ne vois pas pourquoi utiliser une pratique qui défie toutes les lois de la morale et de l'éthique".
"Aucun cas de récidive parmi mes patients"
Florence Thibaut est professeur en psychiatrie au CHU de Rouen. C'est dans son unité qu'ont été faites les premières castrations chimiques par injection dans le monde. En l'espace de 15 ans, elle a suivi une vingtaine de patients. "Dans 100% des cas, la prise de traitement anti-androgène va faire fortement baisser le taux de testostérone et faire disparaître au bout d'un à deux mois les fantasmes sexuels déviants. Le patient peut alors prendre du recul et prendre conscience de la souffrance potentielle de la victime". Le travail psychologique peut alors démarrer. Le fait que le patient soit volontaire est une "nécessité absolue" pour le professeur Thibaut, ne serait-ce qu'à cause des effets secondaires importants comme la déminéralisation des os.
Des récidivistes parmi ses patients ? "Aucun". Les deux seuls qui ont voulu arrêter ont vu quelque temps plus tard leurs obsessions réapparaître et sont donc revenus en urgence prendre leur traitement. Ce traitement doit-il être pris à vie ? "Nous manquons encore de recul avec les études mais le corps médical estime que le traitement doit durer minimum quatre-cinq ans. Dans les faits, les patients nous demandent toujours, eux-mêmes, de poursuivre".
La castration chimique, malgré ce que certains politiques souhaiteraient, ne réduira jamais à zéro le nombre de récidiviste en matière de délits ou crimes sexuels car comme le précise le professeur Florence Thibaut, ce traitement ne s'adresse qu'à une "petite minorité de délinquants sexuels, c'est-à-dire 10 à 20% d'entre eux, maximum". A priori inutile pour un exhibitionniste ou un père incestueux, il s'adresse en revanche aux prédateurs, à ceux qui obéissent à des pulsions violentes, comme les pédophiles ou les violeurs en série.
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"Marie-Christine Hodeau a véritablement vu arriver sa mort"
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