Francis Evrard © TF1/LCIFrancis Evrard, qui comparaît dans dix jours devant la cour d'assises du Nord pour l'enlèvement, la séquestration et le viol du petit Enis en août 2007 à Roubaix, dans le Nord, a écrit à Nicolas Sarkozy pour lui demander d'autoriser sa castration physique, a révélé vendredi France 3 Nord/Pas-de-Calais. "Je souhaiterais avoir votre accord pour subir une ablation des testicules par chirurgie. Je sais que cela se fait au Canada et c'est sans appel. De toute façon, à mon âge actuel (63 ans) je n'en souffrirai pas et cela empêchera mes tendances envers les enfants", écrit le pédophile récidiviste dans une lettre lue par son avocat, Me Jerôme Pianezza.
La famille du petit Enis attaque l'Etat pour faute
La famille du petit garçon enlevé et violé en 2007 par Francis Evrard accuse l'Etat de défaillances dans la prise en charge du pédophile multirécidiviste.
Publié le 02/09/2010
Le 15 août 2007, alors qu'il venait d'être libéré de la prison de Caen après y avoir passé 18 ans de réclusion pour le viol de deux petits garçons, Francis Evrard avait enlevé le petit Enis, 5 ans, en début d'après-midi à Roubaix et lui avait fait subir des violences sexuelles dans un garage. Enis avait été libéré peu après minuit grâce à des témoignages et au déclenchement du plan alerte-enlèvement et son ravisseur interpellé, quasiment nu, en sa compagnie. Condamné à trois reprises depuis 1975 pour des attentats à la pudeur et des viols sur mineur, Francis Evrard encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Mais pour l'avocat d'Enis, la castration physique -interdite en France- de Francis Evrard ne règlerait pas le problème chez un homme "dont le corps ne réagit ni à l'excitation ni à la prise de médicament", une allusion à l'impuissance sexuelle de l'accusé. "Son plaisir n'est pas physique mais intellectuel. Il a simplement voulu envoyer un signal à dix jours de son procès."
Sarkozy veut la castration chimique pour les délinquants sexuels dangereux
Dans son interview au Figaro de vendredi, Nicolas Sarkozy affirmait justement que les criminels sexuels considérés comme dangereux ne pourraient sortir de prison, une fois leur peine accomplie, que s'ils s'engageaient à subir une castration chimique. Cette obligation figurera dans le projet de loi destiné à limiter la récidive des délinquants sexuels, dont le chef de l'Etat indique qu'il sera examiné à sa demande par le Parlement "dès le mois de novembre". "Un criminel sexuel ne devra sortir de prison qu'après exécution de sa peine, c'est bien le moins, et après s'être engagé à suivre un traitement chimique qui contiendra sa libido", dit-il. "Il est profondément anormal qu'on laisse sortir de prison des malades sans leur imposer des règles très strictes, au premier rang desquelles un traitement médical", a-t-il justifié.
Recevant au début du mois la famille de Marie-Christine Hodeau, une femme assassinée en région parisienne par un homme déjà condamné pour viol qui avait bénéficié d'une libération conditionnelle, Nicolas Sarkozy avait annoncé qu'un projet de loi serait présenté pour limiter les risques de récidive. Ce texte aura pour base un projet de loi présenté en Conseil des ministres en novembre 2008 mais qui dormait depuis dans les cartons. Le chef de l'Etat a demandé au gouvernement d'y ajouter des mesures pour renforcer la surveillance des criminels jugés dangereux qui sortent de prison. Le meurtre de Marie-Christine Hodeau a relancé en France le débat sur la castration chimique des délinquants sexuels.
Le Premier ministre François Fillon avait indiqué que le gouvernement ne s'interdirait "aucune réflexion" sur le sujet, et la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie avait annoncé son intention d'étendre "après l'incarcération" les mesures de castration chimique des condamnés. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a pour sa part émis l'idée de subordonner les libérations conditionnelles à une obligation de castration chimique -un traitement médical irréversible inhibant le désir sexuel. L'idée de la castration chimique, critiquée par les syndicats de magistrats et dénoncée par le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon, divise la gauche et les psychiatres spécialistes de cette problématique.
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