Daniel Vaillant à son arrivée au PS © LCIEn suggérant vendredi de "tenter le pari de la réglementation" du cannabis pour faire baisser sa consommation, Daniel Vaillant s'est fait traiter de "laxiste" par l'UMP mais a obtenu le soutien des Verts du Conseil de Paris. La polémique a été lancée dans une interview au Parisien, lorsque l'élu PS à Paris et ex-ministre de l'Intérieur a estimé "qu'un jeune sur deux a déjà fumé du cannabis", produit interdit, et que la croissance de la consommation "s'accompagne d'une aggravation des trafics et de la criminalité". Avant de proposer de "légaliser la consommation personnelle de cannabis à travers un contrôle de la production et de l'importation, comme c'est le cas avec l'alcool".
L'UMP a aussitôt jugé "totalement inacceptable" cette proposition. Eric Ciotti, secrétaire national à la sécurité de l'UMP, a dénoncé : "alors que le trafic de stupéfiants nourrit les réseaux qui sont au coeur de la délinquance, en légaliser l'usage irait à l'encontre de la lutte volontaire et déterminée mise en oeuvre par le gouvernement de François Fillon". Il a fait valoir que l'usage des drogues "dites douces" conduisait "inexorablement" aux drogues dures du type cocaïne ou ecstasy. Jean-François Lamour, président du groupe UMP au Conseil de Paris, et les élus UMP et des partis associés se sont eux aussi opposés à la proposition de Daniel Vaillant, qualifiée de "fausse bonne idée". Selon eux, "priorité doit être donnée à une prévention totale, via l'école, le développement des structures d'écoute et d'accueil et des sanctions graduées".
"Une position courageuse"
L'ancien ministre a toutefois reçu vendredi soir l'appui de l'eurodéputé socialiste Harlem Désir, lequel a salué sa "position courageuse" qui a entrouvert "un débat important qui ne peut pas être fermé sans discussion sérieuse". Et de répondre au concert de dénonciations à droite : "Cette question de société mérite mieux que les condamnations pavloviennes de l'UMP". Mais tout le monde n'est pas du même avis au PS.
Ainsi pour Jean-Louis Bianco, "le cannabis est et doit rester interdit. A une époque où les jeunes sont en perte complète de repères, la règle de l'interdiction doit demeurer. Si un jour la France va mieux et la jeunesse va mieux, ça peut se discuter, mais dans l'état actuel des choses, il ne faut pas donner de signal ambigu". Quant à Marylise Lebranchu, elle se dit "plutôt favorable à une légalisation comme pour le tabac, à une condition : on met d'abord en marche une politique de santé publique". Rappelant sa position adoptée en 2001, elle affirme que "si on dépénalise, cela veut dire que celui qui a de l'argent peut acheter pour fumer, celui qui n'a pas d'argent doit dealer pour fumer et, à ce moment là, il relève de la justice, puisque c'est un délit". D'où la conclusion "qu'on ne peut pas dépénaliser, ce serait totalement injuste".
Par ses propos, l'ancien ministre a aussi obtenu le soutien des Verts du Conseil de Paris qui se sont réjouis de sa prise de position "courageuse et lucide". Les élus Verts ont souligné qu'ils "refusent la logique répressive privilégiée depuis des années", une logique qui "favorise l'économie souterraine et la délinquance, enrichit des mafias, facilite la propagation de maladies graves" comme le sida. Et ils sont allés plus loin que Daniel Vaillant, dont les propos ne visaient que le cannabis : "Pour les substances les plus dangereuses (crack, héroïne, etc.)", les Verts, qui demandent un débat au Conseil de Paris, proposent notamment "l'ouverture de salles de consommation médicalisées".
D'après agence
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