Guy Môquet, résistant de 17 ans, fusillé par les Allemands le 22 octobre 1941 © DRUne note de service, publiée le 24 septembre au Bulletin officiel, pouvait laisser entendre que la lecture de la lettre du jeune résistant communiste, instaurée en 2007, était devenue optionnelle. "Le texte qui a été publié à la fin du mois de septembre pouvait donner lieu à certaines ambiguïtés. C'est la raison pour laquelle j'ai demandé au directeur de l'enseignement scolaire de préciser un certain nombre de choses et notamment que la lettre de Guy Môquet sera bien la base du travail qui sera mené ce jour-là", a expliqué le ministre de l'Education.
"C'est une ambiguïté qui a été corrigée. J'ai adressé une lettre aux recteurs pour rappeler cette règle. La lecture de la lettre de Guy Môquet est obligatoire", a indiqué Jean-Louis Nembrini, précisant que le ministère suggérait d'autres textes pour accompagner la lettre. "En 2008, année où la France présidait l'Union européenne, nous avions ajouté des textes de résistants européens. Cette année, alors que l'on va célébrer le 70e anniversaire de l'appel du 18 juin, nous ajoutons des textes de résistants de la France libre", a-t-il expliqué.
"Il n'est pas indigne de lire la lettre de Guy Môquet"
Le conseiller spécial de l'Elysée Henri Guaino a souligné mardi que les enseignants avaient, en tant que fonctionnaires, le devoir d'"obéir aux directives" et par conséquent de lire à leurs élèves la lettre du jeune résistant Guy Môquet fusillé le 22 octobre 1941. Cette lettre "devra être lue aux élèves", a-t-il déclaré sur France Info. "Les professeurs auront la liberté de lire ou de faire lire d'autres textes, de rajouter des commentaires de façon à ce qu'elle serve de support à une pédagogie un peu plus globale mais elle reste obligatoire, toute cette polémique était une polémique vaine", a-t-il ajouté. "Les enseignants ont un devoir (...) c'est de faire leur métier d'enseignant, donc d'obéir aux directives", a rappelé Henri Guaino, et d'ajouter : "Ce n'est pas une profession libérale le métier d'enseignant, c'est une profession de fonctionnaire. Il y a des directives et il n'est pas indigne, au regard des lois de la République et des grands principes qui nous gouvernent, de lire la lettre de Guy Môquet".
En août 2007, une note de service instituant cette cérémonie voulue par le président de la République Nicolas Sarkozy indiquait: "La commémoration au cours de la matinée du 22 octobre commencera par la lecture, en classe ou en grand groupe selon le choix des établissements, de la lettre de Guy Môquet". Cette lecture avait suscité la polémique, de nombreux enseignants refusant de se plier à une prescription du chef de l'Etat, mettant en avant "l'émotion", et accusant le pouvoir politique de "récupération", alors que la gauche avait dénoncé l'occultation de l'engagement communiste du jeune résistant.
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