Archives © TF1/LCIElus de gauche et de droite de Seine-Saint-Denis ont lancé vendredi un cri d'alarme commun contre la poussée de la violence dans leur département après la mort par balles de deux jeunes la semaine dernière à Saint-Ouen. En présence du préfet de police de Paris, Michel Gaudin, et du préfet de Seine-Saint-Denis, Nacer Meddah, parlementaires, conseillers généraux, maires et élus municipaux locaux se sont retrouvés pour la première fois à Bobigny pour explorer les solutions efficaces contre l'insécurité.
"Nous n'acceptons pas que des jeunes soient tués dans ce département", a résumé Eliane Assassi, la sénatrice PCF de Seine-Saint-Denis lors d'une conférence de presse commune. "C'est un moment d'union sacrée. La sécurité n'est pas un problème de droite ou de gauche. En organisant cette rencontre, le conseil général (de gauche) a montré qu'il n'était pas naïf sur la délinquance", a acquiescé Eric Raoult, député maire UMP du Raincy. "Qu'on soit de gauche ou de droite le constat est identique : la situation est en train de se tendre dans le département, ça ne va pas, ça ne peut plus durer", a ajouté Claude Bartolone, président PS du conseil général.
400 policiers supplémentaires réclamés
Selon l'Observatoire national de la délinquance, les vols avec violences ont augmenté de 14% en Seine-Saint-Denis, en juin, juillet et août 2009, par rapport aux mêmes mois en 2008. Mais face à cette montée de la violence, gauche et droite locales préconisent des solutions différentes. Claude Bartolone demande 400 policiers supplémentaires "parce qu'en Seine-Saint-Denis vit une forte population et les enjeux d'intégration républicaine ne peuvent pas se faire avec de faibles effectifs". Il estime qu'à population comparable, le département des Hauts-de-Seine a un nombre de policiers identique à la Seine-Saint-Denis, qui enregistre en revanche deux fois plus de faits délictueux. Selon la préfecture de police de Paris, environ 4800 policiers travaillent en Seine-Saint-Denis, contre 3800 dans les Hauts-de-Seine.
"Tout n'est pas qu'une question d'effectifs", répond Eric Raoult, prônant quant à lui l'installation et l'utilisation de la "vidéoprotection dans les rues commerçantes et les gares". Enfin, Claude Bartolone plaide pour la création d'un Observatoire départemental de la délinquance, idée accueillie froidement par les autres élus. "Les anciennes structures administratives (...) étaient un obstacle à l'efficacité" de la police, a indiqué la préfecture de police de Paris, dont dépend désormais la Seine-Saint-Denis, dans un communiqué, en promettant de poursuivre "régulièrement" les échanges avec les élus "dans les semaines et les mois à venir".
D'après agence
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