Rama Yade. © TF1/LCI"Si ça continue, on va refuser de jouer contre des noirs, des juifs !" Après le maire de Paris et la FFF, la secrétaire d'Etat aux Sports Rama Yade a fortement réagi mardi au refus d'une équipe de Créteil composée de musulmans de jouer contre un club portant le nom de Paris Foot Gay. "Mais où va-t-on là ?, s'est-elle exclamée. Le communautarisme n'a pas sa place dans le sport." "Ce n'est pas une attitude républicaine de refuser de jouer pour des motifs de religion", a ajouté Rama Yade. "Le sport, c'est la fraternité, et j'ai été très choquée."
"Le refus de jouer un match au seul motif de l'orientation personnelle des joueurs adverses est un fait particulièrement grave et contestable", avait auparavant écrit la Mairie dans un communiqué. La Ville de Paris, dont le maire socialiste Bertrand Delanoë qui fut un des premiers hommes politiques français à déclarer son homosexualité, en 1998, "tient à réaffirmer son soutien au Paris Foot Gay dans sa lutte contre l'homophobie et pour le dépassement des préjugés, qu'ils soient culturels, sociaux ou sexuels". Autre réaction : celle de la Fédération française de football (FFF) qui réaffirme "sa détermination à lutter (...) contre l'homophobie" et précise que les deux clubs ne lui sont pas affiliés.
Pour le Créteil Bébel, c'est "le nom" qui pose problème
Samedi, les dirigeants du Créteil Bébel avaient envoyé un email à ceux du Paris Foot Gay pour annuler en ces termes une rencontre prévue : "Désolé, mais par rapport au nom de votre équipe et conformément aux principes de notre équipe, qui est une équipe de musulmans pratiquants, nous ne pouvons jouer contre vous". Joint par LCI.fr, le président et fondateur de Paris Foot Gay, créé en 2003 pour militer contre l'homophobie dans le football, n'avait pas caché sa colère : "les musulmans se plaignent à juste titre d'être stigmatisés à longueur d'années pour leur religion. Et là, ils nous refont la même chose et ils ne se rendent même pas compte !" (lire notre article). Les dirigeants du Paris Foot Gay ont demandé à leur ligue, la Commission Football loisirs (CFL), de sanctionner le club amateur de Créteil.
En face, se défendant de toute homophobie et voyant dans la médiatisation de cette affaire un "sacré tremplin" pour le PFG, le dirigeant du Créteil Bébel, Zahir Belgharbi, a expliqué à l'AFP que pour lui, c'est "le nom" du PFG qui posait problème et pas que l'équipe compte des homosexuels dans ses rangs. "Je ne suis pas homophobe, je ne suis pas intégriste, ça ne me dérange pas de jouer avec des gays, mais pas avec un club" portant un tel nom, a déclaré Zahir Belgharbi. "Nous, on a fait des efforts pour rester neutres, on ne s'appelle pas le football club islamique par exemple. Pourquoi d'autres" veulent-ils s'afficher "comme les porte-drapeau d'une idéologie", a-t-il poursuivi, ajoutant : "Moi, tout ce que je veux, c'est jouer au football".
Le tollé :
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