Des "téléphones d'urgence" pour les femmes battues

Par A.Gu., le 23 novembre 2009 à 10h32 , mis à jour le 23 novembre 2009 à 18h09

Une vingtaine de femmes originaires de Seine-Saint-Denis vont se voir équipées à titre expérimental d'un téléphone spécial pour appeler à l'aide.

[Expiré] femme anonyme femme battue violences conjugales © SXC.HU

156 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints, en 2008, en France. Pour endiguer ce phénomène, une expérimentation va être lancée en Seine-Saint-Denis, à l'initiative de son Conseil général. Vingt femmes considérées comme étant en très grand danger vont progressivement être équipées d'un téléphone portable d'urgence. En cas de menace, elles n'auront qu'à appuyer sur un bouton du téléphone pour déclencher l'alerte. Un appui prolongé sur la touche d'alerte permettra de mettre le téléphone en haut parleur si jamais la femme menacée ne peut faire autrement. A l'autre bout du fil, un conseiller de Mondial Assistance. Il déterminera l'urgence de la situation et préviendra la police qui aura déjà toutes les coordonnées de la personne pour une intervention rapide.

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Plus d'infos

Ernestine Ronai, responsable de l'observatoire des violences faites aux femmes dans le 93, s'est félicitée de ce lancement. "Si certaines femmes  l'avaient eu, elles ne seraient certainement pas mortes, car la police aurait été plus réactive", a-t-elle assuré. Dans ce département, il y a  eu 24 victimes entre 2005 et 2008. La France a rapporté cette idée d'Espagne, où 76 femmes ont été tuées en 2008 et 49 depuis le début de l'année. L'Espagne qui a fait de la lutte contre les violences conjugales une priorité et qui a déjà équipé 13.000 femmes de ces téléphones. 
  
Un nouveau texte de loi d'ici 15 jours

"La lutte contre les violences conjugales implique une adaptation de notre droit", a déclaré lundi la ministre de la Justice, lors du colloque "Femmes du monde en Seine-Saint-Denis", organisé à Saint-Denis deux jours avant la journée internationale contre les violences faites aux femmes. "Un texte sera prêt dans une quinzaine de jours et je souhaite qu'il vienne devant le parlement d'ici la fin de l'année", a ajouté Michèle Alliot-marie, soulignant "l'urgence" de la situation. "Des mesures provisoires, comme l'éviction du domicile, une aide matérielle, des décisions sur l'autorité parentale, pourront être ordonnées dans le cadre d'une protection temporaire", a-t-elle dit. "Le juge des affaires familiales pourra être saisi par la victime ou le procureur", a indiqué Mme Alliot-Marie, jugeant que "le rythme de la justice, la lenteur des procédures est souvent inadapté à la réalité des situations et aux attentes des victimes". Le garde des Sceaux entend également étendre aux concubins et pacsés la possibilité d'être éloignés du domicile, mesure réservé au "mari" pour l'instant. Autres objectifs : étendre la protection à toute la famille et faire prendre en compte les violences psychologiques.

Par ailleurs, une autre initiative espagnole sera expérimentée dès 2010 en France : le bracelet électronique. Ce bracelet noir, un peu plus gros qu'une montre en plastique est scellé au poignet de l'agresseur et relié à un centre de contrôle par GPS. La femme battue dispose de son côté d'un petit boîtier qui sonne si son ex-conjoint s'approche trop prêt d'elle, lui permettant d'alerter la police.

Danièle Bousquet, députée PS des Côtes d'Armor et présidente de la mission parlementaire sur les violences faites aux femmes était l'invitée du Mix Info sur LCI Radio. Pour écouter, cliquez ci-dessous.

 

Par A.Gu. le 23 novembre 2009 à 10:32
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15 Commentaires

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  • rachelelie, le 22/12/2009 à 19h11

    Il faut vivre sa vie car endurer des choses ou des situations peut être inoubliable.

  • snakeyes-92, le 23/11/2009 à 19h17

    Je me bat tous les jours contre les violences en tous genres, cela fait parti de mon métier et j'ai toujours travailler au sein du service public. Protéger et service fait parti est dans mon esprit en permanence. Pourtant, ma femme a déposé plainte contre moi pour des fausse violences conjugales. Plainte classée sans suite, mais le mal est fait car j'ai du quitter le domicile conjugale par décisions judiciaire, avant même que Monsieur le procureur de la République avait statué sur la plainte. On m'explique ensuite que j'ai été éjecté de mon appartement parceque je gagne plus que mon épouse et que cela n'avait rien à voir avec d' hipotétique violences allégué par ma femme. Ce dispositif est nécessaire et complète l'arsenal actuel. Juste une chose, attention aux dérives et aux abus. Le pire c'est que les affaulatrices ne sont même pas poursuivis par la justice. Ces hommes ou ces femmes qui profitent du systême ne respect même pas cette cause ô combien importante.

  • tf1new, le 23/11/2009 à 18h32

    C(est impeux un , SCANDALE , de métre que une vingtaine de tétéphone pour les femmes battues !!!

  • yann-87, le 23/11/2009 à 16h55

    Juste une dernière remarque si la justice avait les moyen de travailler (manque environ 3 milliards d'euros pour un bon fonctionnement) les jugements seraient rendus plus rapidement et les mesures d'éloignements pourraient être prononcer... Mais non dépensons pour des téléphone gadget au détriment de la survie d'un des fondements de la démocratie...

  • yann-87, le 23/11/2009 à 16h53

    Mais quelle bonne idée qu'un service téléphonique pour combattre les violences conjugales!! Il est certains qu'après avoir couper les subventions aux associations qui travaillent dans le domaine social donc les violences conjugales font parti, un numéro de téléphone va tout solutionner!

  • jinjinlee, le 23/11/2009 à 15h57

    Isshoni, avez-vous bien lu mon commentaire? Je propose que les conjoints réputés comme violents soit sanctionnés ou éloignés (prison ou autre). Donner un téléphone avec un numéro d'urgence ne changera rien... pas plus qu'un tricostéril sur une jambe cassée...

  • charlemagne2009, le 23/11/2009 à 15h56

    Cette méthode est issue du procédé espagnol qui semble excellente et en plus nous permet de profiter de leur expérience en la matière. Voila un texte de loi qui devrait recevoir un accueil favorable et consensuel des députées et sénateurs.

  • bri741, le 23/11/2009 à 15h11

    C'est pas si simple, ... et la peur de représailles compte beaucoup, ajoutée aux enfants, à la vie de famille qui serait détruite si .... La femme battue n'est pas assez protégée, et je suis sidérée de lire que,pour cette expérience, les 20 femmes ont été choisies car elles sont en grand danger !!!! Alors pourquoi attendre que le pire arrive avant d'intervenir, c'est incompréhensible !!!

  • jgh67, le 23/11/2009 à 14h30

    Vous avez eu plus de chance que moi, car mon ex-épouse a été condamnée en corectionelle pour violences volontaires à mon égard ( sans que je ne l'ai jamais menacé ou poussé à faire ce geste) ...Ceci est rare, mais démontre qu'il ya également une minorité de femmes violentes...

  • dtbrown, le 23/11/2009 à 14h27

    Il ya beaucoup de femmes qui ont peur d'appler, mais il ne faut pas hesiter !!! car parfois je narrive pas a comprendre comment elle font pour rester des années dans le silence...peur de represailles surement...mais ne pourrissez pas votre vie avec une personne qui vous fait du mal....donc N'HESITEZ PAS !!!!

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