Droits des enfants : aux armes, citoyens !

Par , le 20 novembre 2009 à 05h24 , mis à jour le 20 novembre 2009 à 15h39

Dossier : Droit des enfants

Alors que l'on célèbre la Convention internationale des droits de l'Enfant, ces droits restent trop souvent bafoués dans le monde, et méconnus en France.

[Expiré] école cour récréation © SXC.HU

Le droit à la vie, le droit de connaître ses parents, de ne pas être séparé d'eux... Le droit au repos, mais aussi celui de jouer : tels sont quelques-uns des droits fondamentaux définis par la Convention internationale des droits de l'Enfant. Un texte de 54 articles qui, depuis son adoption par les Nations-unies le 20 novembre 1989, a été ratifié par la quasi-totalité des Etats du monde, à l'exception notable de la Somalie... et des Etats-Unis. Alors que les droits de l'enfant sont célébrés, à l'occasion de l'anniversaire de ce texte fondateur, le bilan dans de très nombreux pays du monde reste globalement négatif. En Asie du Sud, avec ses cohortes d'enfants mis au travail à l'âge où d'autres vont à l'école, dans l'Afrique subsaharienne, avec l'image choquante des enfants soldats, trop souvent, l'idée même que les enfants ont des droits relève de la science-fiction. Dans les pays développés eux-mêmes, ces droits sont parfois bafoués.

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La France, qui avait ratifié la Convention dès 1990, peut paraître loin de ce tableau encore sombre. Signe de son engagement en la matière, elle s'est dotée par une loi du 6 mars 2000 d'une institution spécifique : celle de Défenseur des enfants, ayant statut d'autorité administrative indépendante, lui garantissant le maximum d'autonomie, et qui a précisément pour rôle de "défendre et de promouvoir les droits de l'enfant tels qu'ils ont été définis par la loi ou par un engagement international comme la Convention internationale des droits de l'enfant". La fonction a été incarnée par Claire Brisset, avant Dominique Versini.

L'enfant, 19e priorité

La France dispose aussi d'une législation fournie et très protectrice des enfants. "Dans notre pays, la situation des enfants est plutôt enviable", reconnaît volontiers Jean-Pierre Rosenczveig, vice-président du tribunal de grande instance de Bobigny, et à ce titre président du tribunal pour enfants (qui préside également l'association DEI-France : Défense des Enfants International - France). "Mais le combat pour les droits de l'homme en général, et pour les droits de l'enfant en particulier, est un combat qui se joue sur la longue durée. La Convention a mis la barre à un niveau très élevé, en faisant de l'enfant une personne, et pas seulement un objet de protection. Il n'est donc pas étonnant que même un pays comme la France ne soit pas tout à fait au niveau de ces ambitions."

Il reste ainsi des points noirs. Les enfants eux aussi sont victimes de la pauvreté, du durcissement du droit des étrangers, du manque de moyens alloués à l'aide au handicap... Et trop souvent encore, des textes législatifs sont adoptés par la France en décalage flagrant avec la Convention. De nombreuses associations s'inquiètent d'ailleurs d'un recul des droits des enfants, quand d'autres thématiques, comme le chômage ou l'environnement, semblent prendre le pas dans l'ordre des préoccupations publiques. Dans un sondage TNS-Sofres réalisé à l'initiative de l'Unicef et de la Fondation pour l'Enfance, des parlementaires ont placé les droits de l'enfant en 19e position... L'existence même de la Convention y apparaît de moins en moins connue des Français ; seul un jeune de 15 à 18 ans sur dix a connaissance de l'existence de ce texte.

Des avancées dans les textes, mais...

Du côté de la Défenseure des enfants, on veut souligner des avancées : la loi handicap du 11 février 2005, par exemple, qui affirme que tout enfant présentant un handicap doit être inscrit dans l'école de son quartier. Ou encore celle de mars 2007 réformant la protection de l'enfance. Mais ces avancées dans les textes, relativise-t-on aussitôt, ont du mal à se traduire sur le terrain. Il revient en effet aux conseils généraux de les mettre en oeuvre, ce qu'ils ont souvent du mal à faire par manque de budgets. La scolarisation des enfants handicapés peut se limiter à trois petites heures par semaine. Et en cas de  handicaps lourds comme l'autisme, trop de familles encore doivent trouver des établissements pour accueillir leurs enfants à l'étranger, notamment en Belgique. "Et que dire des reculs en matière de justice des mineurs ?, s'indigne Dominique Versini. Elle devient de jour en jour plus répressive et moins éducative".
 
Ironie de l'actualité, l'existence même de Défenseure des enfants est menacée. Un projet de loi prévoit sa  suppression ; en son lieu et place serait créé un Défenseur des droits et des libertés auquel seraient également attribuées les prérogatives du médiateur de la République et de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS). Une manière de diluer la défense des droits des enfants, dénoncent de nombreuses associations. Même analyse pour Dominique Versini, vent debout contre cette réforme annoncée.

"L'un des trois experts des Nations-Unies qui ont rendu leur analyse sur l'état des droits de l'enfant en France, Hatem Kotrane, professeur de droit à Tunis, était cette semaine en France et s'est dit très inquiet, souligne-t-elle. Il a dit que ce serait une première en Europe, et un recul. Il est impératif que le Défenseur des enfants soit une institution visible et identifiable par les enfants. L'Assemblée nationale doit bientôt lancer une mission parlementaire sur toutes les autorités indépendantes. C'est une très bonne idée : moi je demande une évaluation. Je ne veux pas avoir le couperet de cette injustice qui nous tombe sur la tête".

Par Franck Lefebvre-Billiez le 20 novembre 2009 à 05:24
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15 Commentaires

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  • vivrenpaix, le 22/11/2009 à 20h48

    Effectivement, au Canada, vous nous faites mourir de rire !!!

  • montfreid, le 22/11/2009 à 14h45

    Cessons l'hypocrisie ! La Convention des Droits de l'Enfant est un texte scélérat, destiné à nous endormir, éloigné en tout de la réalité des détresses enfantines. Après des années de discussions, les Etats sont parvenus à un texte insipide, puant le consensus et destiné à n'égratigner personne. Savez-vous, par exemple, que la Convention n'a aucun effet contraignant ? Que les Etats signataires ne sont soumis à aucun contrôle ? Savez-vous que les gouvernements eux-mêmes, qui sont souvent les bourreaux de leurs enfants, ont pour seule obligation de devoir élaborer, tous les deux ans, puis de publier, un bilan de situation ? Imagine-t-on la Pologne mettre en avant la réalité de ses gosses, sois-disant orphelins, enfermés dans des prisons ? (C'est comme si l'on exigeait d'un prof pédophile qu'il informe régulièrement sa hiérarchie sur ses turpitudes ) Amnesty International fait plus pour les droits de l'homme que les Droits de l'Homme eux-mêmes. On rêve que la Convention des Droits de l'Enfant génère une même organisation non gouvernementale,

  • ed731, le 20/11/2009 à 17h34

    Il y a aussi le droit de ne pas agresser ses enseignants, celui de ne pas faire de trafic de drogue en bas des cités, celui de ne pas brûler des voitures à la moindre contrariété, celui ce ne pas tagger les édifices publics, et bien d'autres encore. Ces doits là, la majorité des parents de ces chers petits s'en foutent royalement.

  • pascalcaen, le 20/11/2009 à 16h08

    Je préfère faire partie des bien-pensants (wahou, l'insulte suprême) que des pense-petits. J'adore la dialogue, le débat, quand il ne se fonde pas sur des réac-tions à chaud, nostalgique du bon mythe de l'age d'or. Et je constate qu'ici il n'y a pas de débat, tout le monde est toujours du même avis : anti-tout et surtout ne proposant rien.

  • marcelle1916, le 20/11/2009 à 14h02

    Je suis tout à fait d'accord avec vous "djinn66", le titre et l'article laissent supposer que les droits des enfant n'existent pas en France et là il n'y a pas photo on est nettement, peut-être trop car on en oublie les devoirs qui vont avec ! Par contre "pascalcaen" se trompe de débat ou n'a pas compris ce que vous écriviez : OUI il y a des pays qui abusent des enfants ==> la Chine, la Corée du Nord, l'Algérie et d'autres pays arabes, Cuba, et beaucoup d'autres pays dans le monde, là il y a quelque chose à faire mais les assocs ne vont pas manisfester là-bas car c'est trop dangeraux de manifester dans ces pays là !!!

  • riendutoutiste, le 20/11/2009 à 13h25

    A pascalcaen : il y a malheureusement longtemps que les français ne comprennent plus rien à part leur petite personne !!!!!!

  • thrasy, le 20/11/2009 à 13h19

    @pascal de caen 1) Non le texte ci dessus ne parle pas des enfants dans le monde mais essentiellement des enfants de France. Tu lis mal ou tu es de mauvaise foi. 2) Nous sommes des "réacs"? Insulte caractéristiques des bien pensants: "je suis dans le camp de Bien, toute personne qui ne partage pas mon opinion est mauvaise" Philosophe préféré? Maitre Yoda. Conclusion: pas de dialogue possible avec quelqu'un qui se place dans cette posture radicale. Adieu ptit Jedi

  • pascalcaen, le 20/11/2009 à 12h18

    Ca commence à être absurde vos (vous et les autres) remarques réacs qui vous déservent tellement elles tombent tout de suite dans le piège de la réaction épidermique, passionnelle et haineuse. On ne parle pas de vos petits monstres qui veulent des portables à 11ans, mais des enfants dans le monde qui sont battus, violés, vendus, qui travaillent deux fois plus vous. Pas besoin de nous faire partager vos remarques abruties.

  • djinn66, le 20/11/2009 à 11h46

    Faut arrêter un peu ces conneries... à force de donner tellement d'importance aux enfants,on finit par en faire des monstres,et les parents ne sont plus capables de les dominer,devant faire appel à des super-nannies!lol il faut absolument restaurer l'autorité parentale et celle du corps enseignant..

  • da04lau, le 20/11/2009 à 10h59

    C'est bien gentil de penser aux enfants, de ne pas séparer les fratries. Mais ce n'est pas une semaine dans l'année qu'il faut penser à tous ces enfants maltraités mais tout le temps. Il faut agir quotidennement et intelligemment. Là, comme dans beaucoup de domaines, il y a du pain sur la planche.

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