La réforme du lycée bien accueillie, les opposants ont peu mobilisé

Par TF1 News (d'après agence), le 10 décembre 2009 à 17h30 , mis à jour le 10 décembre 2009 à 22h57

Le ministre de l'Education nationale a présenté jeudi la réforme du lycée devant le Conseil supérieur de l'éducation, en maintenant les changements prévus pour l'histoire-géographie en terminale S.

chatelImage d'archives © TF1-LCI

La réforme du lycée a été plutôt bien accueillie jeudi par le monde éducatif en dépit de la polémique sur l'histoire, trois des quatre grands textes examinés dégageant une majorité, alors que la manifestation des opposants à Paris a peu rassemblé. En ouvrant le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), instance consultative représentant enseignants, lycéens, parents et étudiants, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a défendu une réforme "réfléchie et pragmatique", "pas un choix idéologique".

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Il en a rappelé les objectifs: permettre des réorientations jusqu'en 1ère, revaloriser la filière littéraire "en perdition" et spécialiser les terminales pour mieux préparer les lycéens à l'enseignement supérieur, tout en créant deux heures par semaine d'"accompagnement personnalisé". Sur le choix de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale S (scientifique), qui a fait polémique, M. Chatel a maintenu le cap. Il a expliqué que l'histoire et la géographie feraient désormais partie, avec quatre heures, du "tronc commun" des disciplines enseignées à tous les lycéens en 1ère, "ce qui est profondément nouveau et qui ancre ces disciplines dans un socle de culture humaniste partagée". Il a aussi défendu une autonomie accrue pour les établissements: les enseignants auront leur mot à dire pour organiser l'accompagnement personnalisé et les cours à effectifs réduits. Enfin il a annoncé qu'il présenterait en mars ses choix de rénovation des filières STI (sciences et techniques industrielles) et STL (de laboratoire) du lycée technologique, "un enjeu stratégique pour notre pays".

Trois des quatre textes dégagent une majorité

Face à lui, la communauté éducative a fait évoluer les textes par des amendements, mais se présentait plutôt divisée: huit syndicats d'enseignants ont demandé le retrait du projet, dénonçant les diminutions d'horaires de certaines disciplines et l'autonomie des établissements. Le Sgen-CFDT et le SE-Unsa, les parents d'élèves de la Peep, dans une moindre mesure ceux de la FCPE et les lycéens de l'UNL ont montré plus de bienveillance, défendant notamment les  nouveautés pédagogiques que constituent l'accompagnement personnalisé et la réorientation.

Des quatre grands textes, trois ont dégagé une majorité, selon la FCPE: l'autonomie des établissements (32 voix pour, 26 contre, les autres étant des abstentions ou refus de vote), l'orientation (35 pour, 20 contre, 13 abstentions) et la classe de seconde (32 pour, 19 contre, 15 abstentions). Le texte sur le cycle terminal a recueilli 22 pour, 22 contre, 13 abstentions et 7 refus de vote. Au CSE, de tels votes globalement favorables sont "plutôt rares", a commenté à l'AFP Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE, dont les représentants se sont abstenus, du fait du contexte des suppressions de postes et de la réforme de la formation des enseignants, "totalement antagonique" à celle du lycée.

La manifestation à Paris, à l'appel des syndicats opposants, n'a rassemblé que 900 à 3.000 personnes selon les sources, surtout des lycéens. D'autres défilés ont réuni 1.500 lycéens à Bayonne, 600 au Mans, 200 à 300 à Toulouse, 200 à Rennes et 200 enseignants et lycéens à Marseille. Le passage devant le CSE constitue une étape symbolique forte, alors que la précédente réforme avait dû être retirée fin 2008. Les étapes suivantes devraient être l'examen des textes en Conseil d'Etat, leur publication au bulletin officiel, la rédaction des nouveaux programmes et la formation des professeurs aux nouvelles missions.

Par TF1 News (d'après agence) le 10 décembre 2009 à 17:30
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4 Commentaires

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  • tousenmouvement, le 12/12/2009 à 17h35

    En effet, il faut regarder de près les projets avant de se prononcer. Ce gouvernement est assez doué en emballage et marketing ! En y regardant de plus près, on découvre que cette réforme sera à l'origine de disparités entre les établissements. En effet, 1/3 de l'horaire élève sera déterminé au niveau de l'établissement par un conseil pédagogique, et en cas de désaccord, par le chef d'établissement. Donc d'un établissement à l'autre, un élève connaîtra des conditions d'enseignement différentes (exemple : pas de Travaux Pratiques dans un établissement, des Travaux pratiques dans l'autre). C'est donc à terme, la disparition des examens nationaux (Baccalauréat) et la fin de l'Education Nationale. Les filières ne sont pas renforcées, elles sont encore plus marquées. Dans notre société où l'entrée dans le métier se fait de plus en plus tard, le lycée devrait avoir pour mission d'avoir une culture générale pointue et commune à tous les jeunes. Or on affaiblit les disciplines censées leur apporter cette culture : Sciences Economiques et Sociales, Histoire-Géographie, Littérature, Sciences de la Vie et de la Terre (à l'heure du sommet de Copenhague et des problèmes nombreux de santé publique), Philosophie. Le 1/3 des horaires n'est pas garanti : les 10 heures 30 de dédoublements attribuées par classe sont une moyenne ; elles seront attribuées par le recteur "en fonction des spécificités pédagogiques" des établissements. Une formule bien ambigüe. L'objectif caché de cette réforme est la suppression de poste (16000 en moins encore cette année !), ce qui augmente le nombre d'élèves par classe, diminue la qualité du suivi individuel et des enseignements. C'est finalement porter atteinte au service public d'éducation, au détriment des pauvres et des classes moyennes.

  • philippe_94, le 11/12/2009 à 12h12

    Si l'histoire-géo n'est plus obligatoire en terminale S (ce qui est une bonne chose), la réforme prévoit-elle une épreuve pour cette matière au bac anticipé en fin de Première S (comme c'est le cas pour le Français) ?

  • herve543, le 11/12/2009 à 09h36

    Allez donc voir ce que propose la réforme par vous même et jugez (par vous même).... Trop facile de dire que cette réforme est bonne sans autre point de vu que ceux que vous lisez ici ou là.... Les horaires spécifiques propres aux filières sont en diminution drastique (de moins 10 à moins 33%)...un élève de première S aura

  • gegeclermont, le 11/12/2009 à 08h59

    Il fallait une manif. Ils se sont plantés mais ils faut râler. En France, réformer le pays est un exploit et un tour de force car les français veulent du changement mais n'accepte pas la réforme pour eux-mêmes

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