Image d'archives © TF1-LCILa réforme du lycée a été plutôt bien accueillie jeudi par le monde éducatif en dépit de la polémique sur l'histoire, trois des quatre grands textes examinés dégageant une majorité, alors que la manifestation des opposants à Paris a peu rassemblé. En ouvrant le Conseil supérieur de l'éducation (CSE), instance consultative représentant enseignants, lycéens, parents et étudiants, le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a défendu une réforme "réfléchie et pragmatique", "pas un choix idéologique".
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Il en a rappelé les objectifs: permettre des réorientations jusqu'en 1ère, revaloriser la filière littéraire "en perdition" et spécialiser les terminales pour mieux préparer les lycéens à l'enseignement supérieur, tout en créant deux heures par semaine d'"accompagnement personnalisé". Sur le choix de rendre optionnelle l'histoire-géographie en terminale S (scientifique), qui a fait polémique, M. Chatel a maintenu le cap. Il a expliqué que l'histoire et la géographie feraient désormais partie, avec quatre heures, du "tronc commun" des disciplines enseignées à tous les lycéens en 1ère, "ce qui est profondément nouveau et qui ancre ces disciplines dans un socle de culture humaniste partagée". Il a aussi défendu une autonomie accrue pour les établissements: les enseignants auront leur mot à dire pour organiser l'accompagnement personnalisé et les cours à effectifs réduits. Enfin il a annoncé qu'il présenterait en mars ses choix de rénovation des filières STI (sciences et techniques industrielles) et STL (de laboratoire) du lycée technologique, "un enjeu stratégique pour notre pays".
Trois des quatre textes dégagent une majorité
Face à lui, la communauté éducative a fait évoluer les textes par des amendements, mais se présentait plutôt divisée: huit syndicats d'enseignants ont demandé le retrait du projet, dénonçant les diminutions d'horaires de certaines disciplines et l'autonomie des établissements. Le Sgen-CFDT et le SE-Unsa, les parents d'élèves de la Peep, dans une moindre mesure ceux de la FCPE et les lycéens de l'UNL ont montré plus de bienveillance, défendant notamment les nouveautés pédagogiques que constituent l'accompagnement personnalisé et la réorientation.
Des quatre grands textes, trois ont dégagé une majorité, selon la FCPE: l'autonomie des établissements (32 voix pour, 26 contre, les autres étant des abstentions ou refus de vote), l'orientation (35 pour, 20 contre, 13 abstentions) et la classe de seconde (32 pour, 19 contre, 15 abstentions). Le texte sur le cycle terminal a recueilli 22 pour, 22 contre, 13 abstentions et 7 refus de vote. Au CSE, de tels votes globalement favorables sont "plutôt rares", a commenté à l'AFP Jean-Jacques Hazan, le président de la FCPE, dont les représentants se sont abstenus, du fait du contexte des suppressions de postes et de la réforme de la formation des enseignants, "totalement antagonique" à celle du lycée.
La manifestation à Paris, à l'appel des syndicats opposants, n'a rassemblé que 900 à 3.000 personnes selon les sources, surtout des lycéens. D'autres défilés ont réuni 1.500 lycéens à Bayonne, 600 au Mans, 200 à 300 à Toulouse, 200 à Rennes et 200 enseignants et lycéens à Marseille. Le passage devant le CSE constitue une étape symbolique forte, alors que la précédente réforme avait dû être retirée fin 2008. Les étapes suivantes devraient être l'examen des textes en Conseil d'Etat, leur publication au bulletin officiel, la rédaction des nouveaux programmes et la formation des professeurs aux nouvelles missions.
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