Image d'archives © TF1/LCIEn plein débat sur l'identité nationale, c'est un dossier sensible qui refait surface. Celui d'une dérive : les "contrôles au faciès", ou comment certaines personnes (jeunes ou encore de couleur) seraient plus souvent contrôlées par les forces de l'ordre que d'autres. Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a admis mercredi sur RTL que ces "contrôles au faciès" des jeunes étaient une "réalité" dans le pays, tout en soulignant le "républicanisme" de la majorité des policiers, gendarmes et forces de sécurité et que la pratique est "largement combattue". "L'IGS (Inspection générale des services, police des polices) est une instance qui fonctionne bien et qui sanctionne à ce titre 2.500 policiers par an. L'immense majorité des policiers, gendarmes et des forces de sécurité en France sont républicaines. Je le vis. Je suis frappé par leur républicanisme", a-t-il dit.
Contrôle au faciès : des rappeurs se mobilisent sur le Net
A l'initiative du Collectif contre le contrôle au faciès, des rappeurs français témoignent depuis lundi sur le Net des contrôles d'identité dont ils ont été la cible.
Publié le 21/11/2011
Il n'a pas fallu longtemps à Alliance pour réagir. Le second syndicat de gardiens de la paix a dénoncé le "dérapage verbal" du ministre de l'Immigration. "Il n'y a pas de contrôles au faciès dans la police", a affirmé le secrétaire général du syndicat Jean-Claude Delage, estimant que les "contrôles de police se font en fonction des lieux et du moment des missions de nos collègues". "C'est ponctuel et un contrôle est différent selon que l'on est gare du Nord ou rue de la Pompe (dans le XVIe arrondissement de Paris) par exemple", a-t-il fait valoir. "Je condamne fermement ces propos, la police française est républicaine comme l'a dit le ministre" et "je suis très étonné de cette réaction", a-t-il encore dit.
D'autres syndicats lui ont emboîté le pas. Pour le Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), ces "propos irresponsables ne vont pas calmer nos collègues qui sont à bout, notamment dans les quartiers difficiles où ils ont de plus en plus de mal à travailler". Et pour Synergie (2e syndicat), les "contrôles de police sont liés au territoire, pas à l'ethnie". Ils "se font en fonction des lieux et du moment des missions".
Des attestations comme en GB et dans l'Illinois ?
Ce qui a mis le feu aux poudres ? Le lancement mardi par le collectif "Police + Citoyens" (qui regroupe une cinquantaine d'associations comme la LDH, le Cran, AC le feu...) d'une pétition réclamant la création d'une attestation destinée à lutter contre cette pratique. La pétition, disponible sur le site "policepluscitoyens.org", réclame l'instauration d'une attestation qui serait remise par les policiers lors de chaque contrôle d'identité. Y figureraient leur numéro de matricule, le nom de la personne contrôlée, la date, le lieu et le cadre légal, a expliqué le président du Cran, lors d'un colloque à Paris sur les moyens mis en place dans divers pays pour encadrer ces contrôles.
"Très simple" à mettre en place, ce système serait "gagnant gagnant" pour les citoyens comme pour les policiers, qui sont aussi victimes de "stéréotypes", a plaidé le président du Cran. La création d'une attestation permettrait de "remettre du dialogue, de la confiance, entre citoyens et policiers sur le terrain", a estimé Malik Salemkour, vice-président de la LDH.
De telles attestations existent déjà dans d'autres pays, notamment en Grande-Bretagne depuis une vingtaine d'années, ainsi que dans l'Etat américain de l'Illinois. Avec elles, le nombre de contrôles effectués sur des passants dans la rue "a baissé significativement", a expliqué le directeur juridique de l'association American civil liberties Union, qui a travaillé sur ces questions avec Barack Obama, alors sénateur de l'Etat.
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