Contrôles au faciès : une "réalité" admet Besson

Par D.H. (avec agence), le 09 décembre 2009 à 14h01 , mis à jour le 09 décembre 2009 à 16h08

Les syndicats de police dénoncent un "dérapage verbal" du ministre de l'Immigration qui a reconnu mercredi l'existence de "contrôles au faciès". Une pétition circule pour une attestation contre ces dérives.

policeImage d'archives © TF1/LCI

En plein débat sur l'identité nationale, c'est un dossier sensible qui refait surface. Celui d'une dérive : les "contrôles au faciès", ou comment certaines personnes (jeunes ou encore de couleur) seraient plus souvent contrôlées par les forces de l'ordre que d'autres. Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a admis mercredi sur RTL que ces "contrôles au faciès" des jeunes étaient une "réalité" dans le pays, tout en soulignant le "républicanisme" de la majorité des policiers, gendarmes et forces de sécurité et que la pratique est "largement combattue". "L'IGS (Inspection générale des services, police des polices) est une instance qui fonctionne bien et qui sanctionne à ce titre 2.500 policiers par an. L'immense majorité des policiers, gendarmes et des forces de sécurité en France sont républicaines. Je le vis. Je suis frappé par leur républicanisme", a-t-il dit.

Plus d'infos

 
Il n'a pas fallu longtemps à Alliance pour réagir. Le second syndicat de gardiens de la paix a dénoncé le "dérapage verbal" du ministre de l'Immigration. "Il n'y a pas de contrôles au faciès dans la police", a affirmé le secrétaire général du syndicat Jean-Claude Delage, estimant que les "contrôles de police se font en fonction des lieux et du moment des missions de nos collègues". "C'est ponctuel et un contrôle est différent selon que l'on est gare du Nord ou rue de la Pompe (dans le XVIe arrondissement de Paris) par exemple", a-t-il fait valoir. "Je condamne fermement ces propos, la police française est républicaine comme l'a dit le ministre" et "je suis très étonné de cette réaction", a-t-il encore dit.

D'autres syndicats lui ont emboîté le pas. Pour le Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire), ces "propos irresponsables ne vont pas calmer nos collègues qui sont à bout, notamment dans les quartiers difficiles où ils ont de plus en plus de mal à travailler". Et pour Synergie (2e syndicat), les "contrôles de police sont liés au territoire, pas à l'ethnie". Ils "se font en fonction des lieux et du moment des missions".
 
Des attestations comme en GB et dans l'Illinois ?
 
Ce qui a mis le feu aux poudres ? Le lancement mardi par le collectif "Police + Citoyens" (qui regroupe une cinquantaine d'associations comme la LDH, le Cran, AC le feu...) d'une pétition réclamant la création d'une attestation destinée à lutter contre cette pratique. La pétition, disponible sur le site "policepluscitoyens.org", réclame l'instauration d'une attestation qui serait remise par les policiers lors de chaque contrôle d'identité. Y figureraient leur numéro de matricule, le nom de la personne contrôlée, la date, le lieu et le cadre légal, a expliqué le président du Cran, lors d'un colloque à Paris sur les moyens mis en place dans divers pays pour encadrer ces contrôles.
 
"Très simple" à mettre en place, ce système serait "gagnant gagnant" pour les citoyens comme pour les policiers, qui sont aussi victimes de "stéréotypes", a plaidé le président du Cran. La création d'une attestation permettrait de "remettre du dialogue, de la confiance, entre citoyens et policiers sur le terrain", a estimé Malik Salemkour, vice-président de la LDH.

De telles attestations existent déjà dans d'autres pays, notamment en Grande-Bretagne depuis une vingtaine d'années, ainsi que dans l'Etat américain de l'Illinois. Avec elles, le nombre de contrôles effectués sur des passants dans la rue "a baissé significativement", a expliqué le directeur juridique de l'association American civil liberties Union, qui a travaillé sur ces questions avec Barack Obama, alors sénateur de l'Etat.

Par D.H. (avec agence) le 09 décembre 2009 à 14:01
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

6 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • vivrenpaix, le 13/12/2009 à 00h06

    Un jour, j'allais au travail. En pleine heure de pointe, des policiers s'approchent de moi pour contrôler mes papiers. Je montre donc mes papiers aux policiers. Ils vérifient et en me rendant ma carte me disent: Tiens ta carte Bamboula........ Qu'est-ce que je leur ai donc fait? Est-ce nécessaire de telles humuliations en pleine rue?

  • vivrenpaix, le 12/12/2009 à 23h57

    Et quand y'a pas à manger dans son pays de coeur et que c'est la guerre depuis plus de 20 ans, on fait quoi?

  • ludo74300, le 09/12/2009 à 16h21

    Pour une fois j'approuve M. BESSON. On peut pas a la fois condamner la langue de bois et la sincérité meme si elle est choquante. Sans reconnaissance de la réalité, on ne peut pas traiter des problémes à leur racine.

  • alain-paris, le 09/12/2009 à 15h00

    2500 policiers sanctionnés, ça fait quand même plus de 2% par an

  • lentpecheur2, le 09/12/2009 à 14h32

    Française née enAfrique du Nord et y ayant résidé LEGALEMENT pendant 20 ans,sans en obtenir pour autant la double nationalité,j'ai souvent été victime du délit de faciès . Mais on semble oublier que le RACISME existe aussi à l'étranger . Et très souvent,ces contôles y sont une forme d'extorsion de fond ... qui ne se pratique pas sous nos latitudes. Lorsque la situation devient trop intolérable,on rentre chez soi,dans son pays de coeur!

  • mustang51, le 09/12/2009 à 14h25

    "...Avec elles, le nombre de contrôles effectués sur des passants dans la rue "a baissé significativement...". Ah bon, le but est donc de réduire les contrôles d'identité et de facilité la vie des malfrats?

Lire tous les commentaires

      logAudience