Les associations à Roissy, le 15 décembre 2009. © LCIIls ont crié "Liberté pour les sans-papiers !", déployé une banderole clamant "Non aux expulsions" et parfois brandi une pancarte sur laquelle était écrit :"Honte - Shame". Une vingtaine de personnes ont manifesté mardi soir à l'aéroport de Roissy contre la possible expulsion, d'une dizaine d'Afghans par un charter franco-britannique vers Kaboul. Pour les encadrer, une vingtaine de CRS en tenue anti-émeute. Il semble donc que le gouvernement a maintenu mardi son projet d'expulsion. Peu avant 23h, l'avion n'était plus sur la piste. Aucune source officielle n'a accepté d'indiquer si cette expulsion avait eu lieu.
Pourquoi ils ont fui l'Afghanistan
<b> Témoignages - </b> Rencontrés dans le 10e arr de Paris mardi, ces réfugiés ont tout quitté en quête de jours meilleurs. Voici quelques-unes de leur histoire.
Publié le 20/10/2009
Trois Afghans reconduits à Kaboul
Le ministre de l'Immigration Eric Besson a annoncé sur Europe 1 que trois Afghans, en situation irrégulière, ont été expulsés de France mardi soir.
Publié le 21/10/2009
La date du mardi 15 décembre pour cette expulsion a été mentionnée par le ministère de l'Immigration dans une requête à la justice, a indiqué la Cimade, seule association autorisée à se rendre dans les centres de rétention. Une source policière avait auparavant indiqué à l'AFP que des policiers français étaient "mobilisables" mardi soir en vue d'une possible expulsion à bord d'un avion venant de Londres, qui se poserait à Roissy vers 21h30, pour repartir ensuite vers Kaboul.
Une politique "d'humanité et de fermeté"
Vers 18 heures, mardi soir, huit Afghans étaient en cours de transfèrement de Coquelles à Paris et un autre été transféré plus tôt de Lyon, selon la Cimade. Un dixième avait été remis en liberté lundi soir par la cour d'appel de Douai, selon l'association. Le ministère s'est refusé à tout commentaire. Lundi, Eric Besson avait indiqué qu'il s'expliquerait sur une telle reconduite "lorsqu'il y aura un vol avéré".
Selon une source informée, les autorités diplomatiques afghanes ont identifié les neuf personnes concernées et délivré les laissez-passer nécessaires à leur reconduite à la frontière. Parallèlement, un accord avec Kaboul permet la délivrance d'un laissez-passer français ou européen pour le transport des expulsés, un accord dont la Cimade affirme n'avoir jamais eu connaissance. "Personne n'est capable de dire si l'expulsion se fera ce soir ou ne se fera pas", a assuré la source informée.
Vocation a être expulsés "même en Afghanistan"
En dépit du concert de protestations soulevé par ce projet d'expulsion vers un pays ravagé par la guerre, où un attentat suicide a fait mardi au moins huit morts et 40 blessés à Kaboul, le gouvernement refuse de céder. Devant les députés, François Fillon a justifié ce choix par "l'engagement auprès des Britanniques" de "ne pas laisser Sangatte se reconstruire". Il a aussi apporté son soutien à Eric Besson qui, selon lui, "est dans le collimateur de la gauche". Après avoir remarqué que le Royaume-Uni reconduisait chaque année plus d'un millier d'Afghans dans leur pays avec un accord de la commission européenne des Droits de l'Homme, le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant a estimé que Paris pouvait aussi le faire. "Je ne vois pas pourquoi la France ne le ferait pas", a-t-il dit sur RTL. Le ministre de l'Immigration avait rappelé lundi que les déboutés définitifs du droit d'asile avaient vocation a être expulsés "même en Afghanistan", assumant une politique "d'humanité et de fermeté".
Mais les demandeurs d'asile afghans sont "exposés à de graves dangers sécuritaires et humanitaires" dans leur pays, ont affirmé plusieurs députés européens, réclamant l'arrêt de ces expulsions "indignes". Vingt-sept Afghans en situation irrégulière, dont trois venus de France, avaient été reconduits à Kaboul fin octobre par un vol conjoint affrété par Paris et Londres, opération qui a suscité un tollé à gauche et parmi les associations de défense des migrants.
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