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L'expulsion d'Afghans a bien eu lieu, Sarkozy justifie

Edité par
le 16 décembre 2009 à 10h51
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5min
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Notre sociétéLe ministre de l'Immigration Eric Besson a confirmé mercredi matin l'expulsion de France de neuf Afghans. Une expulsion conforme à la loi, selon le président.

Neuf Afghans ont été expulsés mardi soir à bord d'un charter franco-britannique. Dans une déclaration à la sortie du Conseil des ministres, le ministre de l'Immigration Eric Besson l'a confirmé mercredi matin. "Je vous confirme effectivement qu'il y a eu ce matin neuf reconduites d'Afghans en situation irrégulière", a-t-il déclaré.

"Contrairement à ce qui est dit et affirmé, ce ne sont pas des réfugiés, ils n'ont pas obtenu le droit d'asile, ça va même plus loin: ils ne l'ont pas demandé", a ajouté le ministre. Il a souligné que "tous les Afghans qui viennent sur notre territoire ne sont pas mécaniquement des demandeurs d'asile, ils veulent aller au Royaume-Uni, parfois quand ils ne le peuvent pas, ils demandent l'asile" ou alors parfois "il leur est suggéré par des associations" de le demander. L'opération de reconduite à la frontière "s'est bien passée", a encore dit Eric Besson. "Il n'y a pas eu de difficultés particulières, ils ont été réadmis en Afghanistan ce matin", a-t-il conclu.

Le président Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ne voyait "pas de problème" à expulser vers leur pays d'origine des réfugiés afghans qui "ne veulent pas rester en France", assurant qu'il n'avait fait "que respecter la loi", mercredi soir sur Canal+. "Ramener un Afghan en Afghanistan alors qu'il ne veut pas rester en France, en accord avec la Cour européenne des droits de l'Homme et en accord avec un gouvernement européen, où est est le problème ?" a dit le chef de l'Etat.

Auparavant, le responsable d'une ONG allemande chargée de les accueillir, avait confirmé qu'ils avaient bien atterri mercredi à Kaboul. "L'avion est arrivé, il y a neuf personnes, toutes venues de France", a déclaré Noor Sarwary, un responsable de l'ONG AGEF, chargée aussi de leur réinsertion. Un journaliste de l'AFP a pu les apercevoir à la sortie de l'aéroport : ils étaient tous jeunes, âgés d'une vingtaine d'années, l'air fatigué et triste. "Je suis arrivé là-bas (en France) il y a six mois, puis j'ai été arrêté un jour, j'ai passé 13 jours dans un centre de rétention et ils m'ont expulsé", a déclaré à l'AFP l'un de ces jeunes hommes, prénommé Waheedullah.
   
« Ce n'est pas la France que j'aime »
   

Plusieurs voix, de droite comme de gauche, se sont élevées pour dénoncer l'expulsion de clandestins dans un pays en guerre. La secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville, Fadela Amara, a rappelé son opposition au renvoi d'Afghans même si elle soutient la politique de lutte contre les filières d'immigration clandestine. "J'ai dit que je n'étais pas favorable à l'expulsion des Afghans parce que c'est un pays en guerre", a-t-elle déclaré sur France Info. "J'ai une certaine idée de la France et je crois que l'expulsion des Afghans civils dans un pays en guerre, ce n'est pas la France que j'aime", a-t-elle ajouté.
   
Pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, interrogé sur France 2, "on ne peut pas prendre le risque de renvoyer chez eux des hommes et des femmes qui peuvent voir à leur retour leur vie menacée". François Hollande a également jugé
qu'il était inconcevable pour un pays comme la France de renvoyer des étrangers dans leur pays en guerre. "Nul ne discutera que l'Afghanistan est en guerre depuis plusieurs années", a dit le député socialiste sur LCI. "Je considère aujourd'hui que quand on envoie des Afghans dans leur propre pays alors qu'ils n'ont aucune condition de sécurité, c'est prendre un risque sur les personnes."

Dans l'après-midi, les députés de gauche ont par ailleurs chahuté le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui assurait à la tribune qu'il se "battrait pour que le nombre des Afghans accueillis soit supérieur au nombre de ceux qui devront partir".

Expulsés sans laissez-passer

Les neuf migrants afghans expulsés de France mardi soir n'ont pas reçu de laissez-passer des autorités de Kaboul car ils étaient renvoyés contre leur gré, a indiqué l'ambassadeur d'Afghanistan à Paris Omar Samad. "Selon la loi et la politique afghane, nous ne fournissons pas de laissez-passer aux Afghans qui ne veulent pas y retourner volontairement. C'est pour cette raison que les laissez-passer n'ont pas été remis à ces neuf ressortissants", a déclaré l'ambassadeur."Notre procédure a pour objectif, au cours de l'entretien, de procéder à l'identification et de la personne, la confirmation de la nationalité afghane ainsi qu'une demande au citoyen afghan s'il est disposé à être rapatrié volontairement", a-t-il précisé. "Il n'y a pas d'accord entre Paris et Kaboul permettant un laissez-passer européen. Puisque ce sujet est assez vague actuellement, l'ambassade a demandé une clarification auprès de Kaboul", a encore dit l'ambassadeur au sujet de la procédure qui aurait été employée par Paris pour renvoyer les migrants afghans, en l'absence de laissez-passer de l'ambassade afghane. Eric Besson, a pour sa part affirmé que toutes les procédures "ont été respectées".

   

Commenter cet article

  • oesme : Félécitations Mr le Ministre, j'espère qu'il y en aura d'autre, nous n'allons pas récupérer toute la misère du monde pour l'amener chez nous, il serair plus judicieux d'aider ces gens à rester chez eux .

    Le 17/12/2009 à 13h51
  • gabriel6666 : On nous dit qu il ne faut pas renvoyer les clandestins afghans parceque l Afghanistan est un pays en guerre.Alors que la France envoi des soldats sur place et paie un lourd tribut en vies humaines pour la liberte de ce pays,n est il pas normal que des ressortissants de ce pays prennent leur juste part a ce combat por le retablissement de la democratie .Manifestement,il y a quelque chose qui cloche.

    Le 17/12/2009 à 13h20
  • younouche76 : Killian : Qui va payer la facture ? ( entre 22 000 et 25 000 euros par expulsés d'après la cour des comptes du senat...)

    Le 17/12/2009 à 10h39
  • sgd2 : "Le droit opposable au logement" est aussi une loi française. Cependant, ça ne vous dérange pas qu'elle ne soit pas appliquée.

    Le 17/12/2009 à 08h59
  • legaulois560 : Et pour sambrest c'est main gauche sur le coeur,Internationale et drapeau rouge!! hihihi!

    Le 17/12/2009 à 08h03
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