Neuf Afghans ont été expulsés mardi soir à bord d'un charter franco-britannique. Dans une déclaration à la sortie du Conseil des ministres, le ministre de l'Immigration Eric Besson l'a confirmé mercredi matin. "Je vous confirme effectivement qu'il y a eu ce matin neuf reconduites d'Afghans en situation irrégulière", a-t-il déclaré.
"Contrairement à ce qui est dit et affirmé, ce ne sont pas des réfugiés, ils n'ont pas obtenu le droit d'asile, ça va même plus loin: ils ne l'ont pas demandé", a ajouté le ministre. Il a souligné que "tous les Afghans qui viennent sur notre territoire ne sont pas mécaniquement des demandeurs d'asile, ils veulent aller au Royaume-Uni, parfois quand ils ne le peuvent pas, ils demandent l'asile" ou alors parfois "il leur est suggéré par des associations" de le demander. L'opération de reconduite à la frontière "s'est bien passée", a encore dit Eric Besson. "Il n'y a pas eu de difficultés particulières, ils ont été réadmis en Afghanistan ce matin", a-t-il conclu.
Le président Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ne voyait "pas de problème" à expulser vers leur pays d'origine des réfugiés afghans qui "ne veulent pas rester en France", assurant qu'il n'avait fait "que respecter la loi", mercredi soir sur Canal+. "Ramener un Afghan en Afghanistan alors qu'il ne veut pas rester en France, en accord avec la Cour européenne des droits de l'Homme et en accord avec un gouvernement européen, où est est le problème ?" a dit le chef de l'Etat.
Auparavant, le responsable d'une ONG allemande chargée de les accueillir, avait confirmé qu'ils avaient bien atterri mercredi à Kaboul. "L'avion est arrivé, il y a neuf personnes, toutes venues de France", a déclaré Noor Sarwary, un responsable de l'ONG AGEF, chargée aussi de leur réinsertion. Un journaliste de l'AFP a pu les apercevoir à la sortie de l'aéroport : ils étaient tous jeunes, âgés d'une vingtaine d'années, l'air fatigué et triste. "Je suis arrivé là-bas (en France) il y a six mois, puis j'ai été arrêté un jour, j'ai passé 13 jours dans un centre de rétention et ils m'ont expulsé", a déclaré à l'AFP l'un de ces jeunes hommes, prénommé Waheedullah.
« Ce n'est pas la France que j'aime »
Pour l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, interrogé sur France 2, "on ne peut pas prendre le risque de renvoyer chez eux des hommes et des femmes qui peuvent voir à leur retour leur vie menacée". François Hollande a également jugé
| Expulsés sans laissez-passer |
Les neuf migrants afghans expulsés de France mardi soir n'ont pas reçu de laissez-passer des autorités de Kaboul car ils étaient renvoyés contre leur gré, a indiqué l'ambassadeur d'Afghanistan à Paris Omar Samad. "Selon la loi et la politique afghane, nous ne fournissons pas de laissez-passer aux Afghans qui ne veulent pas y retourner volontairement. C'est pour cette raison que les laissez-passer n'ont pas été remis à ces neuf ressortissants", a déclaré l'ambassadeur."Notre procédure a pour objectif, au cours de l'entretien, de procéder à l'identification et de la personne, la confirmation de la nationalité afghane ainsi qu'une demande au citoyen afghan s'il est disposé à être rapatrié volontairement", a-t-il précisé. "Il n'y a pas d'accord entre Paris et Kaboul permettant un laissez-passer européen. Puisque ce sujet est assez vague actuellement, l'ambassade a demandé une clarification auprès de Kaboul", a encore dit l'ambassadeur au sujet de la procédure qui aurait été employée par Paris pour renvoyer les migrants afghans, en l'absence de laissez-passer de l'ambassade afghane. Eric Besson, a pour sa part affirmé que toutes les procédures "ont été respectées". |








