Mobilisation générale à Gouvieux pour que les enfants restent dans leur famille d'acceuil © DR"Ils les ont envoyés au foyer, on est tous effondrés, c'est honteux !". Nora Ferhat a la voix étranglée par le chagrin. Depuis près d'un mois, la responsable de l'association des parents d'élèves de l'école du Centre, à Gouvieux, dans l'Oise, se battait avec une centaine d'autres parents et le maire de la commune pour empêcher les services sociaux de reprendre deux enfants placés depuis cinq ans dans une famille d'accueil (lire notre article) de la commune. Dans un élan de solidarité exceptionnel, c'est une véritable petite armée de l'ombre qui s'était mis en place pour escorter Sophie*, 10 ans, et Nicolas*, 6 ans, sur tous leurs trajets pour leur éviter de se voir "réorientés" en foyer.
Gers : retirée à sa famille d'accueil pour des "liens trop forts"
Cindy a été retirée mercredi "par surprise" à sa famille d'accueil dans le Gers pour "casser le lien affectif entre l'enfant et le couple". Pour le Conseil général, cette mesure a été prise pour le bien de l'enfant.
Publié le 03/02/2011
Les enfants de Gouvieux vont retourner dans leur famille d'accueil
La Cour d'appel d'Amiens a rendu son jugement mercredi matin. Les deux enfants de 6 et 11 ans, retirés de leur famille d'accueil au motif qu'elle leur donnait trop d'affection, vont pouvoir y retourner dès demain.
Publié le 07/07/2010
"Comment peut-on reprocher à une famille d'accueil d'outrepasser son rôle en donnant trop d'amour ? Personne ne peut comprendre ça", s'indignait déjà Nora Ferhat la semaine dernière. Les enfants, ainsi que la famille d'accueil et leur mère biologique avaient rendez-vous, mardi, avec un juge pour enfants au tribunal de grande instance de Compiègne. A l'issue de l'audience, la magistrate a confirmé sa décision du 6 novembre dernier ordonnant le placement en foyer du frère et de la sœur. Une décision immédiatement applicable. La séparation entre les enfants et leur famille d'accueil a donc eu lieu en plein palais de justice.
"Ils hurlaient, ça a été l'horreur"
"Les enfants se sont débattus pendant deux heures, ils hurlaient, ça a été l'horreur. La juge n'est même pas sortie de son bureau", s'indigne Patrice Marchand, le maire de Gouvieux, qui avait fait le déplacement. "C'est une situation très difficile à vivre et à gérer. C'était un moment déchirant. Les enfants ont crié haut et fort qu'ils ne voulaient pas aller en foyer, confirme à TF1 News, Me Arnaud Godreuil, l'avocat des enfants. La juge, après avoir entendu tout le monde, n'a pas changé d'un iota sa position sur la réorientation des enfants. En revanche, il semble qu'il n'y ait plus vraiment de griefs contre la famille d'accueil puisqu'on a insisté cette fois-ci sur le fait que les enfants devaient aller en foyer en vue d'un retour à court terme chez leur mère biologique".
Ce que confirme l'avocat de la famille d'accueil, maître Grégory Gance : "La juge a confirmé la réorientation, néanmoins sa décision ne se fonde aucunement sur des prétendus manquement à l'encontre de la famille d'accueil. La juge a même souligné le professionnalisme de ma cliente et la qualité du travail accompli avec les enfants pendant cinq ans". Les services sociaux estiment que le temps est venu pour renouer des liens plus étroits entre les enfants et leur vraie mère. Une étape normale. Mais une question demeure pour tous ceux qui se sont mobilisés pour ces enfants : pourquoi vouloir les placer dans un foyer plutôt que dans une autre famille d'accueil, où les liens seraient peut-être moins forts, pour faire cette transition ?
"Je maintiens qu'il y a eu un loupé dans cette affaire, on n'a pas pris en compte l'intérêt des enfants, qui veulent rester avec leur famille d'accueil, poursuit pour sa part l'avocat des enfants, Me Godreuil. Ils ont subi des maltraitances avant leur placement il y a cinq ans. Depuis, ils étaient heureux. Il faudra que l'on me présente des garanties très sérieuses qu'ils peuvent être à nouveau confiés à leur mère biologique sans risque". Fera-t-il appel de la décision du juge? "Doit-on faire revivre cela à ces enfants?", s'interroge en retour l'avocat. Il a dix jours pour peser le pour et le contre. Mais il dénonce d'ores et déjà ces "procédures brutales qui consistent à embarquer directement ces enfants vers un foyer" à l'issue de l'audience. Des pratiques qui ajoutent du traumatisme au traumatisme.
"Je n'abandonnerai pas ces enfants. Ce qui s'est passé aujourd'hui était un acte odieux", martèle de son côté le maire de Gouvieux, la voix en pleurs. "A travers cette histoire et ces enfants, il y a surtout des comptes qui se sont réglés entre le conseil général et des assistantes maternelles. Désormais, c'est moi qui vais demander et régler des comptes". Une journée de commémoration, avec un rassemblement silencieux, devrait avoir lieu dimanche. Contacté par TF1 News, le service de presse du Conseil général de l'Oise a fait savoir qu'il ne ferait aucun commentaire.
*les prénoms ont été modifiés
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Gers : retirée à sa famille d'accueil pour des "liens trop forts"
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