Lycée : examen de passage pour Chatel

le 10 décembre 2009 à 06h00 , mis à jour le 09 décembre 2009 à 16h52

En pleine polémique sur la suppression des cours d'histoire en terminale S, le ministre de l'Education présente ce jeudi sa réforme des lycées au Conseil supérieur de l'Education.

chatelImage d'archives © TF1-LCI

Luc Chatel présentera cet après-midi sa réforme du Lycée au Conseil supérieur de l'éducation, une instance consultative représentant l'ensemble du monde éducatif. Au même moment, huit syndicats d'enseignants du secondaire opposés à la réforme, représentant plus de 70% des voix aux élections, organiseront une manifestation. Cette réforme vise notamment à permettre la réorientation des élèves, à rééquilibrer les filières du lycée général et elle crée deux heures hebdomadaires d'"accompagnement personnalisé", à horaire global inchangé. Pour cela, il est prévu de diminuer les horaires de certaines disciplines et de recentrer la filière scientifique (S) sur les sciences. Dans ce cadre, l'histoire-géographie ne serait plus qu'une option en terminale S mais aurait quatre heures en première, contre actuellement 2h30 en 1ère et 2h30 en terminale pour les scientifiques. 

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Alors que l'opposition à cette réforme était jusque là plutôt feutrée, elle a explosé le week-end dernier au sujet de ce dernier point, l'histoire-géographie,. Une vingtaine d'universitaires de renom ont publié une pétition dans laquelle ils demandent "d'annuler cette décision", "inspirée par un utilitarisme à courte à vue" et peu à même de former de "futurs citoyens". En deux jours à peine, la polémique a considérablement gonflé : des  politiques de tous bords, socialistes mais pas seulement, ont critiqué la mesure, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, répondant qu'il y avait un "malentendu", le programme actuellement étudié n'étant "pas supprimé". L'inspirateur de la réforme et patron de Sciences Po, Richard Descoings, est venu à la rescousse du ministre. "Je crois qu'ils n'ont pas pris la mesure des dérives qui sont à l'oeuvre au lycée depuis une bonne dizaine d'années"(...)"la série S est davantage une filière généraliste élitiste qu'une filière scientifique".

Vraie-fausse polémique ?

Egalement favorables à un rééquilibrage des filières, les parents d'élèves se sont nettement démarqués des professeurs, défenseurs de leurs disciplines. "Ce n'est pas une catastrophe" et "la nécessité de former des citoyens n'est pas mise à mal par cette réforme", a jugé la FCPE, la Peep mettant l'accent sur l'accompagnement personnalisé, "une révolution qui fait peur à certains enseignants". Même les lycéens de l'UNL, pourtant à l'origine l'an dernier par leur mobilisation de l'abandon d'une première mouture de réforme du lycée, ont jugé que "le débat purement disciplinaire" sur l'histoire n'était "pas utile".

Pour autant, la polémique a pris car la politique éducative du gouvernement suscite chez certains la suspicion. Ainsi, l'UNL "comprend l'inquiétude des historiens" car "tout, depuis 2007, dans la politique libérale de casse du service public d'éducation peut nous laisser penser qu'il s'agit d'apporter moins de connaissances aux élèves et de  supprimer encore quelques postes d'enseignants de plus". Et les professeurs de lettres et de sciences économiques et sociales peuvent eux aussi voir la réforme comme "une entreprise idéologique" au détriment de leurs disciplines, a expliqué à l'AFP Claude Leliève, historien de l'éducation.

le 10 décembre 2009 à 06:00
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20 Commentaires

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  • trollmcv, le 10/12/2009 à 21h31

    M. Chatel peut-il nous expliquer la raison pour laquelle il fait entrer au programme de tous les élèves de seconde les sciences économiques qui ne sont utiles qu'à une petite frange de la population alors qu'il supprime l'histoire/géo ... en plein débat sur l'identité nationale ! Auparavant, on a fait un sort au latin, au grec (aux racines de notre culture) ... bref à tout ce qui faisait un vrai humaniste ouvert sur le monde ! Les classes littéraires sont considérées comme des classes poubelles ... Bientôt il ne restera en France que des pseudo scientifiques à savoir ces commerciaux incultes, qui envahissent le marché, dont on ne sait que faire et qui nous gouvernent !

  • herve543, le 10/12/2009 à 19h31

    Libérer du temps? certes mais pour faire quoi? surement pas des sciences qui gardent la même nombre d'heures en terminale...mais rognées de 33% en première....et de 25% en seconde... c'est ça renforcer la spécifité des filières? le compte n'y est pas vraiment !

  • a.1.2.c.4, le 10/12/2009 à 19h17

    Dans ce blog ... ce n'est pas le sujet ... tout simplement ...

  • gtom42, le 10/12/2009 à 19h06

    "En pleine polémique sur la suppression des cours d'histoire en terminale S, le ministre de l'Education présente ce jeudi sa réforme des lycées au Conseil supérieur de l'Education. " Le titre de votre article est en lui même de la désinformation ! Comment alors ne pas comprendre certains commentaires erronés ? Il fallait écrire : "En pleine polémique sur le déplacement des cours d'histoire de terminale S en Première S, le ministre de l'Education présente ce jeudi sa réforme des lycées au Conseil supérieur de l'Education.

  • gtom42, le 10/12/2009 à 19h01

    Et vous croyez qu'un élève de première n'est pas capable d'apprendre cela, alors qu'il le serait en terminale ? Il aura encore plus d'heures en première pour approfondir ces sujets

  • gtom42, le 10/12/2009 à 19h00

    On ne SUPPRIME rien ! On regroupe l'enseignement de l'Histoire-géo en Première pour que l'épreuve d'histoire géo du bac S et seulement du bac S puisse se passer en fin de première, comme le français.

  • inspatatrac, le 10/12/2009 à 18h55

    A annreg. Je vous felicite et suis tres content pour vous. Cependant avoir 6 salaries a 30 ans (j etais aussi responsable de 5 personnes a 32 ans) n'a absolument rien a voir avec la gestion de milliards d'euros sans la moindre experience ni le moindre diplome.

  • herve543, le 10/12/2009 à 18h48

    La polémique autour de l'histoire géo est un mauvais débat; toutes les disciplines perdent des heures d'enseignement, M. Chatel veut renforcer les filières mais diminue les enseignements spécifiques à ces filières: c'est un non sens ! En première S par exemple, un élève passe de 4h30 de physique chimie aujourd'hui à 3 heures...donc une réduction de 33% des enseignements qui ne sont évidament pas récupérés en terminale... Réforme affligeante dont le seul but est de faire des économies...pauvre France !

  • gegeclermont, le 10/12/2009 à 18h13

    Pourquoi certains parlent de ne plus avoir d'histoire en section S ???? c'est bizarre mais c'est pourtant clair l: les cours seront étalés et étudiés jusqu'en première afin de libérer du temps en terminale. Mais le programme sera étudié ! Certains réagissent mais ne s'informent pas !

  • annreg, le 10/12/2009 à 16h44

    A 30ans avec un CAP j'étais patron et 6 salariés et une conjoncture autre ,j'ai des collègues de 23ans qui sont dans le même cas.Avoir un bac +x pour traîner dans les couloirs d'une administration non merci.

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