Image d'archives © TF1-LCILuc Chatel présentera cet après-midi sa réforme du Lycée au Conseil supérieur de l'éducation, une instance consultative représentant l'ensemble du monde éducatif. Au même moment, huit syndicats d'enseignants du secondaire opposés à la réforme, représentant plus de 70% des voix aux élections, organiseront une manifestation. Cette réforme vise notamment à permettre la réorientation des élèves, à rééquilibrer les filières du lycée général et elle crée deux heures hebdomadaires d'"accompagnement personnalisé", à horaire global inchangé. Pour cela, il est prévu de diminuer les horaires de certaines disciplines et de recentrer la filière scientifique (S) sur les sciences. Dans ce cadre, l'histoire-géographie ne serait plus qu'une option en terminale S mais aurait quatre heures en première, contre actuellement 2h30 en 1ère et 2h30 en terminale pour les scientifiques.
Le chômage absent des manuels en seconde ?
Les nouveaux programmes d'économie prévus pour les élèves de seconde à la rentrée 2010 sont déjà désapprouvés par des professeurs qui déplorent l'impasse totale faite sur le chômage.
Publié le 28/01/2010
Alors que l'opposition à cette réforme était jusque là plutôt feutrée, elle a explosé le week-end dernier au sujet de ce dernier point, l'histoire-géographie,. Une vingtaine d'universitaires de renom ont publié une pétition dans laquelle ils demandent "d'annuler cette décision", "inspirée par un utilitarisme à courte à vue" et peu à même de former de "futurs citoyens". En deux jours à peine, la polémique a considérablement gonflé : des politiques de tous bords, socialistes mais pas seulement, ont critiqué la mesure, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, répondant qu'il y avait un "malentendu", le programme actuellement étudié n'étant "pas supprimé". L'inspirateur de la réforme et patron de Sciences Po, Richard Descoings, est venu à la rescousse du ministre. "Je crois qu'ils n'ont pas pris la mesure des dérives qui sont à l'oeuvre au lycée depuis une bonne dizaine d'années"(...)"la série S est davantage une filière généraliste élitiste qu'une filière scientifique".
Vraie-fausse polémique ?
Egalement favorables à un rééquilibrage des filières, les parents d'élèves se sont nettement démarqués des professeurs, défenseurs de leurs disciplines. "Ce n'est pas une catastrophe" et "la nécessité de former des citoyens n'est pas mise à mal par cette réforme", a jugé la FCPE, la Peep mettant l'accent sur l'accompagnement personnalisé, "une révolution qui fait peur à certains enseignants". Même les lycéens de l'UNL, pourtant à l'origine l'an dernier par leur mobilisation de l'abandon d'une première mouture de réforme du lycée, ont jugé que "le débat purement disciplinaire" sur l'histoire n'était "pas utile".
Pour autant, la polémique a pris car la politique éducative du gouvernement suscite chez certains la suspicion. Ainsi, l'UNL "comprend l'inquiétude des historiens" car "tout, depuis 2007, dans la politique libérale de casse du service public d'éducation peut nous laisser penser qu'il s'agit d'apporter moins de connaissances aux élèves et de supprimer encore quelques postes d'enseignants de plus". Et les professeurs de lettres et de sciences économiques et sociales peuvent eux aussi voir la réforme comme "une entreprise idéologique" au détriment de leurs disciplines, a expliqué à l'AFP Claude Leliève, historien de l'éducation.
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