Richard Descoings, directeur de Sciences-Po. © TF1/LCIEn plein débat controversé lancé par le gouvernement sur "l'identité nationale", la disparition de l'histoire-géographie des programmes obligatoires de terminale S suscite un tollé chez les professeurs, les intellectuels, les historiens et des politiques de tous bords. Le week-end dernier, plusieurs dizaines d'entre eux ont lancé dans le Journal du Dimanche un appel pour sauver cette matière. Depuis le débat ne cesse d'enfler. Le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, qui a inspiré cette réforme a dénoncé mardi sur France Info le "mauvais procès (fait) au gouvernement en disant : 'on va supprimer l'histoire de terminale', alors qu'il s'agit de renforcer la formation des jeunes en histoire en première". Le texte prévoit en effet que les élèves en première scientifique recoivent quatre heures et non plus 2h30 d'enseignement en histoire-géographie. Pour les opposants, cela ne suffira pas à inculquer aux lycéens en un an ce qu'ils digéraient auparavant en deux.
"Ce que propose le gouvernement, c'est un programme de la classe de première beaucoup plus généraliste pour les trois séries (littéraire, économique et sociale, scientifique) avec beaucoup d'histoire-géographie et puis des programmes de terminale plus spécialisés", car "la terminale est essentielle pour préparer la spécialisation des jeunes dans l'enseignement supérieur", a encore expliqué Richard Descoings, qualifiant la filière S actuelle d'"élitiste et généraliste". Affirmant ne pas défendre une "vision utilitariste" du lycée, il a insisté sur le fait que l'"on n'arrive plus à former de scientifiques" en France.
"Une instrumentalisation par des syndicats irresponsables"
L'organisation lycéenne Uni-Lycée a elle aussi exprimé mardi, dans un communiqué, son "soutien à la réforme de l'enseignement de l'histoire en terminale S", dénonçant la "désinformation" sur ce sujet. "Les élèves de première de toutes les filières bénéficieront du même volume horaire et du même programme. L'histoire sera donc une matière fondamentale du tronc commun, ce qui favorisera les réorientations, qui constituent, chacun en convient, un moyen de limiter l'échec scolaire", ajoute l'organisation. "Nous assistons ces jours-ci à l'émergence d'une polémique, une de plus. Il est regrettable que chaque initiative soit systématiquement instrumentalisée par des syndicats irresponsables", estime encore l'organisation.
"Il y a un gros malentendu (...) On va juste organiser les choses différemment entre la première et la terminale", avait déjà tenté d'expliquer Luc Chatel lundi sur RTL. Le programme étudié en terminale "va dorénavant être traité en classe de première", avait précisé le ministre de l'Education, qui doit être auditionné ce jeudi devant le Conseil supérieur de l'Education.
e leur côté, la première fédération des parents d'élèves FCPE et les organisations lycéennes UNL et Fidl ont adressé une lettre au ministre de l'Education nationale pour lui demander des "précisions" sur la réforme du lycée, qui "conditionneront leur appréciation" du texte. Ils n'abordent pas spécifiquement la question du basculement de l'enseignement d'histoire de la terminale à la première en filière scientifique.
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