Dans un premier temps, l'entourage d'Hassen Chalgoumi, imam connu pour son combat anti-burqa, affirme que ce dernier a été victimes d'"exactions". Il aurait été agressé lundi soir par "un commando de quatre-vingt personnes" qui a "fait irruption dans la mosquée", où priaient "200 fidèles". "Ils sont arrivés nombreux et sont rentrés par la porte pour envahir la mosquée, expliquait mardi l'imam. Ils ont pris le micro, ils ont commencé à crier 'Allah akbar' 'Dieu est le plus grand', à m'insulter, à insulter la mosquée, la communauté juive, la République".
Drancy : l'imam anti-burqa s'est-il vraiment fait agresser ?
Hassen Chalghoumi, favorable à une loi anti-burqa, affirme avoir été menacé de mort par un " commando de quatre-vingt islamistes ", qui aurait fait irruption dans la mosquée de Drancy lundi soir. Il a porté plainte, tout comme... les mis en cause, qui l'attaquent pour diffamation. Ils l'accusent d'avoir inventé son agression.
Publié le 27/01/2010
Une version démentie par plusieurs dizaines de témoins présents lundi soir, mais maintenue par l'imam. Ce jeudi encore, l'attachée de presse de son éditeur nous a contactés pour nous assurer que "M. Chalgoumi était bien présent lundi soir. Nous avons des preuves qu'il a été agressé physiquement".
Or, les extraits vidéos de cette soirée que nous nous sommes procurés jettent un sérieux doute sur ces propos. Ci-dessous, on aperçoit M. Yassine Aouidet, second imam de Drancy, téléphoner à M. Chalgoumi. Manifestement, il n'était pas à la mosquée lundi soir, au moment du tournage.
- Mosquée de Drancy : extrait vidéo amateur 1 - 27 s
- Mosquée de Drancy : extrait vidéo amateur 2 - 01 min 02 s
Sur ces images, qui ne sont que des extraits de la soirée, pas l'ombre d'un "commando de quatre-vingt personnes". Contrairement aux assertions de M. Chalgoumi, le micro n'est pas "arraché". Le second imam de Drancy, M. Yassine Aouidet, semble organiser un débat contradictoire sur la légitimité d'une loi sur la burqa.
Certains fidèles de la mosquée de Drancy y expliquent que les positions de l'imam sur la burqa "n'engagent que lui", qu'elles "ne correspondent pas à ce que pensent les musulmans de Drancy". D'autres sont plus virulents. Abdelhakim Sefrioui, du collectif Cheikh Yassine assure au micro que M. Chalgoumi est acquis: "à la cause de Sarkozy, c'est-à-dire des sionistes. (...) Cet homme est là pour servir les ennemis de l'islam".
L'imam de Drancy a porté plainte pour "menaces de morts". De leurs côtés, les participants au "débat" - à "l'agression", pour l'imam - ont attaqué M.Chalgoumi pour dénonciation d'infraction imaginaire.
Ce 2 février, soit cinq jours après la publication de cet article, Philippe Hercalès, PDG des Editions du Cherche Midi, où paraîtra le futur ouvrage de l'imam de Drancy a tenu à faire une mise au point. Selon lui, l'attachée de presse qui affirmait la semaine dernière que M.Chalgoumi était présent le soir de l'agression a fait "une erreur de communication". M. Heraclès confirme que l'imam n'était pas là, tout en lui apportant son "soutien face à l'agression verbale dont il a été victime".
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