Code de procédure pénal © ReutersJusqu'à présent, le code pénal ne réprimait pas expressément l'inceste sur mineurs, il était sanctionné comme "viol" ou "agressions sexuelles" sur mineur avec la circonstance aggravante du lien de famille. C'en est fini. Le Parlement a définitivement adopté mardi soir, lors d'un ultime vote à main levée de l'Assemblée nationale, une proposition de loi UMP inscrivant l'inceste sur mineurs dans le code pénal.
La majorité (UMP et Nouveau Centre) a voté pour tandis que l'opposition (PS, PCF, Verts) s'est abstenue. George Pau-Langevin (PS) a ainsi estimé que le texte "n'apportait pas grand-chose. Ce sera un cautère sur une jambe de bois", a-t-elle dit. Marie-Louise Fort (UMP), auteur du texte, s'est au contraire réjouie de l'adoption du texte "au nom des deux millions de victimes" d'inceste. Le secrétaire d'Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, a souligné "l'importance de reconnaître la spécificité de l'inceste dans le code pénal. C'est un élément de la reconstruction des victimes", a-t-il dit.
La dernière mouture du texte adoptée affirme que "viols et agressions sexuelles sont qualifiés d'incestes lorsqu'ils sont commis au sein de la famille, sur un mineur, par un ascendant ou par toute autre personne ayant une autorité de droit ou de fait". Un amendement gouvernemental a ajouté expressément à cette rédaction l'inceste entre frère et soeur et l'inceste commis par le concubin d'un membre de la famille.
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