Migrants accueillis par des militants altermondialistes dans un hangar de Calais (6 février 2010) © TF1/LCIEn son temps, le camp de Sangatte avait cristallisé les crispations sur le sort des migrants traversant l'Europe et la France, en quête d'un passage vers l'Angleterre. Jusqu'à sa fermeture officielle en 2002. Une fermeture qui n'avait toutefois pas tari le flux des migrants remontant vers la Manche ; ceux-ci s'étaient alors progressivement regroupés dans des lieux où ils pouvaient se dissimuler, notamment la fameuse "jungle" de Calais. Une vaste zone sablonneuse située à proximité du port, non loin des axes empruntés par les poids lourds en attente d'embarquer sur les ferries qui traversent la Manche, et où devaient trouver refuge des centaines de clandestins en transit. La "jungle", surnommée ainsi par les migrants eux-mêmes, regroupait entre 700 et 800 migrants, dans leur immense majorité de jeunes Afghans de l'ethnie pachtoune, peu avant l'annonce de son démantèlement par le ministre de l'Immigration, le 16 septembre dernier.
Le hangar de Calais entièrement évacué par les CRS
Le hangar de Calais qui était occupé depuis samedi par une centaine de migrants et une vingtaine de militants altermondialistes de No Border a été entièrement évacué dimanche après-midi.
Publié le 07/02/2010
Après la jungle, polémique sur les charters
Trente ONG ont demandé lundi à Paris et Londres de renoncer à expulser des Afghans vers Kaboul, évoquant un "charter" mardi. Pour faire taire la polémique, la France promet qu'il n'y aura "aucun vol" mardi.
Publié le 06/10/2009
Les migrants de la "jungle" conduits en centre d'accueil
Parmi eux, une cinquantaine des 125 mineurs interpellés mardi lors de l'évacuation de la "jungle" de Calais ont été placés dans un centre d'accueil à Vitry-sur-Orne, en Moselle.
Publié le 23/09/2009
La "jungle" de Calais démantelée
Le ministre de l'Immigration avait annoncé la semaine dernière ce démantèlement du campement de migrants sans papiers près de Calais. 278 migrants ont été interpellés.
Publié le 22/09/2009
Un peu moins de cinq mois plus tard, des militants altermondialistes, membres de l'association No Border, ont voulu attirer de nouveau l'attention sur le sort des migrants. Revendiquant la liberté de circulation entre pays, l'association a permis à un groupe d'une centaine d'entre eux de s'installer samedi, provisoirement, dans un hangar de Calais. Des policiers présents sur place ont tenté dans un premier temps de s'y opposer, mais ils ont vite été débordés par la foule.
"Les migrants ne veulent pas bouger"
Des renforts de policiers et environ 75 CRS ont été appelés dans la soirée pour prêter main forte à la quinzaine d'agents qui étaient postés devant l'entrée du bâtiment dans l'après-midi et qui n'avaient pu empêcher les migrants d'entrer. Le sous-préfet et le directeur de la sécurité publique se sont également rendus sur place et le quartier autour du bâtiment a été bouclé.
"Le sous-préfet nous a demandé d'évacuer les lieux, nous promettant en échange qu'aucune interpellation de migrants ne serait faite. Mais les migrants, eux, ne veulent pas bouger", a expliqué Rodolphe Nettier, président de l'association SOS soutien ô sans-papiers. Plusieurs d'entre eux sont même allés chercher des matelas, et c'est ainsi qu'ils se sont installés pour la nuit. "Légalement, les autorités n'ont aucune raison d'intervenir. Il s'agit d'une réunion privée, qui se déroule dans un lieu privé", a fait valoir Rodolphe Nettier.
"Pas de base arrière aux filières mafieuses"
Le hangar de 600 mètres carrés avait été loué il y a quelques semaines par cette association qui en a ensuite confié la gestion aux militants de No Border, lesquels n'ont jamais caché leur intention de s'en servir comme hébergement pour les migrants. Cependant, ce hangar, destiné à la base au stockage de matériels, n'est pas aux normes pour recevoir du public, a fait valoir la préfecture du Pas-de-Calais. Un dispositif policier avait d'ailleurs été mis en place dès la location du hangar pour prévenir toute installation de migrants.
La maire UMP de Calais, Natacha Bouchart, s'est dite prête dimanche à signer un arrêté d'expulsion dès le lendemain pour faire évacuer le hangar. L'élue a demandé à l'Etat que "dans les 24/48 heures le problème soit réglé et qu'on ne se laisse pas manipuler politiquement par des agités qui viennent faire de la provocation et qui risquent de provoquer des réactions extrémistes". Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a réagi de son côté par voie de communiqué : "L'Etat ne laissera pas se reconstituer un lieu qui servirait de base arrière aux filières mafieuses de l'immigration clandestine à proximité du port de Calais", a-t-il assuré, en réaffirmant sa "détermination" à "ne pas laisser se créer de nouvelle jungle ou de nouveau Sangatte sur le territoire français". Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a dénoncé pour sa part "les manipulations de migrants par des associations altermondialistes".
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