Ces militants humanitaires qui défient Besson

Par TF1 News (Avec agence), le 07 février 2010 à 07h45 , mis à jour le 07 février 2010 à 15h33

Quelques mois après l'évacuation de la "jungle" de Calais, une association d'aide aux sans-papiers a permis à une centaine d'entre eux de s'installer provisoirement dans un hangar. Eric Besson refuse tout "nouveau Sangatte".

Migrants accueillis par des militants altermondialistes dans un hangar de Calais (6 février 2010)Migrants accueillis par des militants altermondialistes dans un hangar de Calais (6 février 2010) © TF1/LCI

En son temps, le camp de Sangatte avait cristallisé les crispations sur le sort des migrants traversant l'Europe et la France, en quête d'un passage vers l'Angleterre. Jusqu'à sa fermeture officielle en 2002. Une fermeture qui n'avait toutefois pas tari le flux des migrants remontant vers la Manche ; ceux-ci s'étaient alors progressivement regroupés dans des lieux où ils pouvaient se dissimuler, notamment la fameuse "jungle" de Calais. Une vaste zone sablonneuse située à proximité du port, non loin des axes empruntés par les poids lourds en attente d'embarquer sur les ferries qui traversent la Manche, et où devaient trouver refuge des centaines de clandestins en transit. La "jungle", surnommée ainsi par les migrants eux-mêmes, regroupait entre 700 et 800 migrants, dans leur immense majorité de jeunes Afghans de l'ethnie pachtoune, peu avant l'annonce de son démantèlement par le ministre de l'Immigration, le 16 septembre dernier.

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Un peu moins de cinq mois plus tard, des militants altermondialistes, membres de l'association No Border, ont voulu attirer de nouveau l'attention sur le sort des migrants. Revendiquant la liberté de circulation entre pays, l'association a permis à un groupe d'une centaine d'entre eux de s'installer samedi, provisoirement, dans un hangar de Calais. Des policiers présents sur place ont tenté dans un premier temps de s'y opposer, mais ils ont vite été débordés par la foule.

"Les migrants ne veulent pas bouger"

Des renforts de policiers et environ 75 CRS ont été appelés dans la soirée pour prêter main forte à la quinzaine d'agents qui étaient postés devant l'entrée du bâtiment dans l'après-midi et qui n'avaient pu empêcher les migrants d'entrer. Le sous-préfet et le directeur de la sécurité publique se sont également rendus sur place et le quartier autour du bâtiment a été bouclé.

"Le sous-préfet nous a demandé d'évacuer les lieux, nous promettant en échange qu'aucune interpellation de migrants ne serait faite. Mais les migrants, eux, ne veulent pas bouger", a expliqué Rodolphe Nettier, président de l'association SOS soutien ô sans-papiers. Plusieurs d'entre eux sont même allés chercher des matelas, et c'est ainsi qu'ils se sont installés pour la nuit. "Légalement, les autorités n'ont aucune raison d'intervenir. Il s'agit d'une réunion privée, qui se déroule dans un lieu privé", a fait valoir Rodolphe Nettier.

"Pas de base arrière aux filières mafieuses"

Le hangar de 600 mètres carrés avait été loué il y a quelques semaines par cette association qui en a ensuite confié la gestion aux militants de No Border, lesquels n'ont jamais caché leur intention de s'en servir comme hébergement pour les migrants. Cependant, ce hangar, destiné à la base au stockage de matériels, n'est pas aux normes pour recevoir du public, a fait valoir la préfecture du Pas-de-Calais. Un dispositif policier avait d'ailleurs été mis en place dès la location du hangar pour prévenir toute installation de migrants.

La maire UMP de Calais, Natacha Bouchart, s'est dite prête dimanche à signer un arrêté d'expulsion dès le lendemain pour faire évacuer le hangar. L'élue a demandé à l'Etat que "dans les 24/48 heures le problème soit réglé et qu'on ne se laisse pas manipuler politiquement par des agités qui viennent faire de la provocation et qui risquent de provoquer des réactions extrémistes". Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a réagi de son côté par voie de communiqué : "L'Etat ne laissera pas se reconstituer un lieu qui servirait de base arrière aux filières mafieuses de l'immigration clandestine à proximité du port de Calais", a-t-il assuré, en réaffirmant sa "détermination" à "ne pas laisser se créer de nouvelle jungle ou de nouveau Sangatte sur le territoire français". Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a dénoncé pour sa part "les manipulations de migrants par des associations altermondialistes".

Par TF1 News (Avec agence) le 07 février 2010 à 07:45
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20 Commentaires

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  • henri_bambelle, le 08/02/2010 à 23h31

    Contrairement à ce qu'indique le titre, les militants ne défient pas Besson mais la république. Celle-ci est inerte et sans amour-propre. Ce n'est plus qu'une loque sur laquelle chacun peut essuyer ses chaussures.

  • hispanicus, le 07/02/2010 à 17h07

    Peut-être il y a des membres de l'association qui ont des intérêts (économiques) dans l'arrivée de clandestins, voilà pour quoi utiliser la face "humanitaire" de l'association pour défier l'État et créer une polémique autour d'un sujet qui vient être embarrassant; c'est pour voir s'ils peuvent aller plus loin. Il faudrait supprimer l'association, l'aide au séjour d'illégaux n'est-elle pas réprimée par la Loi? Nulle est sensé d'ignorer la Loi (même si c'est une association à but humanitaire). Si cela s'était passé en Angleterre les choses se passeraient comment?

  • hispanicus, le 07/02/2010 à 16h59

    Le Ministrère ne devait-il pas entamer une procédure à l'encontre de l'association? Ce n'est pas aide au séjour d'immigrants illégaux sur le territoire? Je crois que c'est cela qui dit la Loi,n'est-ce pas?

  • safir7878, le 07/02/2010 à 15h33

    Un lieu privé n'est pas un "No mans land "! , et heureusement, sans quoi on autoriserait aussi les regroupements de gangsters ou de terroristes. la seule présence de personnes en infractions (sans papier) suffit à justifier un intervention de la police.

  • 0546390296, le 07/02/2010 à 15h27

    C est terrible pour tous ces gens qui espere mieux vivre en france que dans leur pays , mais aujourdhui nous avons une telle misere avec des Francais sans travail, qu il serait deja bien de faire le necessaire pour nos Francais malheureux, tout du moins ceux qui avaient de boulot et aujourdhui non plus rien, plutot que de vouloir aider la terre entierre, car la c est plus possible, nos jeunes pour la plupart son en detresse, alors desolee, mais aidons nos jeunes ensuite on verra pour les autres.

  • jeanjam, le 07/02/2010 à 13h46

    Vous voulez dire responsable pour dire coupable ? Je vous rappelle que si vous jetez votre chien à la rue, vous serz poursuivi. Mais laisser des femmes, des hommes et des enfants dans le froid, sous la pluie, sans hébergement est coupable ? Jean-Jacques Amerein

  • autrepouvoir, le 07/02/2010 à 13h05

    "Légalement, les autorités n'ont aucune raison d'intervenir. Il s'agit d'une réunion privée, qui se déroule dans un lieu privé"....ah ah ah ! Ces personnes sont en infraction avec nos lois alors bien sûr que si ils ont toute latitude pour intervenir !!!

  • rojo48, le 07/02/2010 à 12h26

    Qui vous dit qu'il ne le font pas? D'autre part on ne peut pas leur demander pusque c'est interdit !

  • fdd66, le 07/02/2010 à 10h55

    Oui certainement. Savez-vous que si vous louez un appartement à une prostituée et qu'elle y exserce son métier, vous êtes considéré comme proxenete. Alors idem .

  • henri_bambelle, le 07/02/2010 à 10h48

    La république n'ose plus faire respecter ses lois. J'aurais honte d'être député et devoir en créer de nouvelles.

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