© Isabelle Levy-Lehmann/DR"322,83 € de la CAF, 265 € d'aide au logement, 200 € de pension alimentaire et 25,36 € d'indemnités de la sécurité sociale. J'ai un loyer de 456 €, 30 € d'électricité, 155 € pour la nourrice et la cantine, 65 € de téléphone... Soit un total de 812,29 € de rentrées pour 706 € de sorties incompressibles. Il me reste 106,89 €. A peine plus de 3 € par jour". Voilà le décompte que Nelly Zin effectue dans son livre (1). Pour TF1 News, cette jeune mère célibataire de 28 ans revient sur le scenario de sa longue descente en enfer.
13% des Français sous le seuil de pauvreté
Quelque 7,9 millions de personnes vivaient, en 2006, avec 880 euros par mois, selon une étude publiée mercredi par l'Insee.
Publié le 06/05/2009
Sarkozy veut réduire la pauvreté d'un tiers
A l'occasion de la Journée mondiale du refus de la misère, le chef de l'Etat a rappelé vouloir faire de cette question un "enjeu politique".
Publié le 17/10/2007
La pauvreté sous les traits des femmes
C'est le nouveau visage de la pauvreté : le visage d'une femme, très souvent seule avec ses enfants. Dans une enquête, le Secours catholique attire l'attention sur cette détresse.
Publié le 05/11/2009
Le nouveau visage de la pauvreté
Le froid touche particulièrement les sans-abris mais aussi des personnes en situation de précarité, des gens qui ont un emploi mais vivent dans leur voiture ou des abris de fortune.
Publié le 06/01/2010
"Jusque-là, tout allait bien"
"J'ai grandi à Saint-Germain-en-Laye, une jolie banlieue de Paris. Ma mère nous élève seule, ma sœur et moi. Elle ne gagne pas beaucoup mais elle réussit toujours à subvenir à nos besoins. Ma vie d'alors est plutôt tranquille, mon enfance plutôt banale. Je rencontre Eric (2) le 12 janvier 2001. Je viens de finir une histoire compliquée, je ne vais pas très bien. Une amie veut me présenter son meilleur ami. Elle m'invite à dîner, il est là. C'est le coup de foudre. Il a 17 ans, moi 20 et on est amoureux. C'est beau, c'est bien. Pour la première fois de ma vie, je me sens heureuse, il m'aime, je l'aime, je suis bien, je ferme les yeux et j'en profite. Mon insouciance de la suite vient sans doute de là..."
"Les poches trouées, insouciants mais heureux"
"Au début de notre histoire, Eric et moi vivons chacun chez nos parents. Comme tous les jeunes, on vit d'amour et d'eau fraîche sans penser à l'après. On a tous les deux un petit salaire mais on se dit que ça suffit. Comme tous les jeunes, on sort en boîte, on voit nos copains. Comme tout le monde, on veut un téléphone portable, internet, le câble. Eric s'achète une voiture super équipée avec vitres teintées et sono. On s'achète un bichon à 830 euros, des jeux pour la Playstation à 50 euros pièce. Les économies fondent, les découverts se creusent."
"Mon ventre s'arrondit et mon avenir s'assombrit"
"Un jour, je tombe enceinte. J'ai peur de l'annoncer à ma mère. Avec Eric, on se dit que la solution, c'est de trouver un appartement. On a déjà quelques petites dettes dues aux factures de téléphone mais peu importe : on travaille tous les deux alors on ne se fait pas de souci. Un matin, Eric décide d'arrêter de bosser. Moi, je suis en congé maternité. Ce jour-là, on ne peut plus payer nos factures de téléphone, très vite, on ne peut plus payer le loyer."
"Plus on est pauvre, plus on le devient"
"Nos premières dettes remontent aux factures de téléphone. On peut les régler grâce à un crédit revolving. Le premier date d'avant notre vie à deux. On nous explique alors qu'il va prendre en compte toutes nos dettes et qu'on a plus qu'une somme à rembourser. Le taux exorbitant ? A l'époque, cela ne nous parle pas. C'est comme de l'argent transparent : on se dit qu'on en a en fait, ce n'est pas le cas. Lors de notre emménagement, le banquier nous propose de prendre un deuxième crédit pour renflouer le premier et nous acheter des meubles. Plus les mois passent, moins on a d'argent. On ne peut plus rembourser le crédit. Chaque mois, on rembourse les taux d'intérêt des crédits. Proposer ce genre de prêt à des personnes non solvables est irresponsable, presque criminel. Plus on est pauvre, plus on le devient. En voyant que tout dégringole, notre assistante sociale nous dit de faire un dossier de surendettement. C'est ce qu'on fait."
Le jour où la vie bascule...
"Quelques mois après la naissance de Maéva, je me retrouve de nouveau enceinte. Je le découvre très tard faute de symptôme. On se retrouve à quatre dans un studio, la tension monte. Eric part. Il est jeune, il a dû en avoir marre. Je me retrouve seule avec deux bouts de chou sous les bras et les factures et les crédits. Je veux faire une formation de secrétaire médicale par correspondance pour travailler tout en m'occupant de mes filles mais c'est plus compliqué que cela. S'occuper de deux enfants, c'est un travail un temps complet."
Des gâteaux apéro en guise de repas
"Avec trois euros par jour, on ne vit pas, on survit. C'est le système D dans toute sa splendeur. On ne va pas dans les grands magasins, on court les encombrants. Dans les supermarchés, on ne regarde pas les rayons au niveau des yeux, mais celui qui est tout en bas. J'essaye d'acheter des aliments qui peuvent durer plusieurs jours, constituer plusieurs repas. Je fais aussi appel à l'aide alimentaire. L'autre fois, une amie m'a apporté de la viande rouge parce qu'elle sait que je ne peux pas me le permettre. Un week-end, j'ai vraiment touché le fond. Les placards étaient aussi vides que mon porte-monnaie. Mes filles avaient faim, je n'ai trouvé que des paquets de gâteaux apéritifs. Ils nous ont fait les deux jours..."
J'avais tort aux yeux de tout le monde
"Par leurs mots ou par leurs regards, les gens nous ont longtemps traités d'enfants gâtés, d'insouciants, d'irresponsables.... Cette descente aux enfers peut arriver à tout le monde. Une perte de boulot, une séparation... Personne n'est à l'abri. J'étais la première à me dire que cela ne pouvait pas m'arriver mais aujourd'hui la pauvreté n'a plus de visage. La pauvreté n'est pas un virus, faut arrêter de nous mettre en quarantaine, on a le droit de se donner la main ou de s'entraider. Au lieu d'entasser des choses dans des placards qui ne nous servent plus, autant les donner à des associations, qui elles sauront quoi en faire."
(1) 3 euros par jour ; Nelly Zin, Albin Michel, 15 euros
(2) Le prénom a été modifié
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13% des Français sous le seuil de pauvreté
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