La colère des profs de l'académie de Créteil

Par TF1 News (D'après agence), le 16 février 2010 à 07h06 , mis à jour le 06 avril 2010 à 17h57

Dossier : Violences scolaires

Au lendemain d'une nouvelle agression dans un lycée du Val-de-Marne, la troisième depuis un mois et demi, ils sont appelés à faire grève et à manifester pour réclamer plus de moyens.

Agression au lycée de Vitry : les profs en appellent à ChatelEnseignants et élèves du lycée de Vitry ont manifesté vendredi devant le rectorat de Créteil pour réclamer davantage de sécurité dans l'établissement. Ils demandent à Luc Chatel de débloquer "rapidement" la situation. © TF1/LCI

"Les caméras ne suffisent pas. Il faut des moyens humains". Ce commentaire d'une enseignante du lycée de Thiais dont un élève a été agressé au cutter, lundi, par six individus cagoulés, illustre le sentiment d'abandon des équipes éducatives. Depuis début janvier, le Val-de-Marne a déjà connu trois agressions graves dans ses établissements scolaires. A Thiais, les enseignants ont décidé mardi de ne pas reprendre le travail, exerçant leur droit de retrait. "On veut des moyens pour empêcher les tensions (...) on veut pouvoir transmettre le savoir dans de bonnes conditions", a plaidé devant la presse Marianne Boucheret, professeur d'histoire-géographie derrière laquelle une délégation d'enseignants s'était rassemblée. Elle a affirmé que le lycée ne comptait que 11 surveillants à mi-temps pour 1500 élèves. Avant d'ajouter : "On est ouvert à n'importe quel dialogue (...) mais sur des vraies questions", invitant le ministre de l'Education nationale à visiter l'établissement.

  • "On ne nous a même pas appris à apprendre !"

    <b> Témoignage -</b> Elle fait partie des quelque 15.000 enseignants-stagiaires qui ont fait leur première rentrée cette année, sans aucune formation : Maryline, 22 ans, est devenue prof d'anglais au collège. Alors que Luc Chatel a promis aux syndicats un premier bilan en novembre, elle raconte à TF1 News ses tribulations et son malaise.

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  • Chatel répond aux profs de Vitry

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    Quatre mineurs et un majeur ont été interpellés à Thiais et L'Haye les Roses, au lendemain de l'agression d'un élève de 14 ans dans son lycée de Vitry-sur-Seine. Les enseignants du collège ont décidé d'exercer leur droit de retrait.

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Plus d'infos

Une attitude qui avait déjà été celle des enseignants de Vitry-sur-Seine. Eux ont, en revanche, décidé de reprendre le travail mercredi, quitte à poursuivre leur protestation d'une autre manière avec les élèves et leurs parents. Cette question de la sécurité des établissements scolaires est en tout cas déjà devenue un enjeu politique : le président du conseil régional d'Ile-de-France, le socialiste Jean-Paul Huchon, est ainsi monté au créneau lundi soir pour dire "son émotion et sa solidarité avec la communauté éducative du lycée Guillaume-Apollinaire de Thiais et avec la famille du lycéen" ; il en a profité pour "réaffirmer sa solidarité avec les enseignants qui réclament des personnels supplémentaires". Du côté du ministère de l'Education nationale, Luc Chatel a jugé "intolérable que des règlements de comptes se déroulent pendant le temps scolaire", en dénonçant : "L'école ne doit pas devenir un terrain de jeu des bandes". Alors qu'il n'avait évoqué jusqu'alors aucune mesure spécifique, il a annoncé mardi des "Etats généraux de la sécurité à l'école" en avril. 

Un mouvement qui peine à s'étendre

Cette nouvelle agression donne d'autant plus de poids à l'appel à la grève lancé pour ce mardi dans l'académie de Créteil. Depuis janvier, plusieurs lycées et collèges sont déjà en grève dans cette académie, qui regroupe trois départements (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Seine-et-Marne), et qui est à la fois l'une des plus importantes de France en nombre d'élèves (850.000) et l'une des plus défavorisées. Après un premier défilé jeudi dernier à Paris d'un millier de personnes, les enseignants de l'académie sont appelés par des syndicats (FO, Snes-FSU, CGT) à manifester de nouveau ce mardi, puis une fois encore jeudi, pour exiger le retrait de la réforme des lycées et protester contre la dégradation des conditions de travail.

Dans le Val-de-Marne, le combat est mené par les enseignants de Vitry-sur-Seine qui ont cessé les cours le 2 février. Après plusieurs coups d'éclat, ils ont réclamé, en vain, un débat public avec Luc Chatel. Mais le fer de lance du mouvement est en fait la Seine-Saint-Denis, où 50 à 80 établissements étaient en grève la semaine passée et où plusieurs écoles primaires pourraient rejoindre le mouvement, espère la CGT. "Les suppressions de postes sont ressenties plus durement dans cette académie", analyse Thierry Cadart, secrétaire général du Sgen-CFDT. Pour toute la France, 16.000 postes dans l'Education doivent être supprimés cette année, après 13.500 en 2009.

Mais en dépit des soutiens politiques et syndicaux, le mouvement peine à faire tâche d'huile. "La situation de Créteil est spécifique parce qu'elle est directement liée à celle des banlieues. Les jeunes pour qui les débouchés se ferment rendent plus difficile l'exercice du métier d'enseignant et les violences de l'extérieur interférent avec la vie de l'établissement", explique Thierry Cadart. D'après lui, la grogne ne pourrait gagner qu'une académie sujette, elle aussi, aux violences urbaines, comme l'académie de Versailles. De plus, une propagation du conflit vers l'université ne semble pas à l'ordre du jour. Enfin, les vacances de février, qui ont déjà débuté dans certaines académies, provoquent des "mobilisations sporadiques", souligne Thierry Cadart.

Par TF1 News (D'après agence) le 16 février 2010 à 07:06
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63 Commentaires

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  • millord4, le 17/02/2010 à 13h22

    Toujours plus de moyens pour moins de résultats. ça fait des années qu'il y a des problèmes dans les ets scolaires et ils se réveillent maintenant avant les élections. Grèves plus congés à la suite c'est cool ! Ils devaraient être en forme en arrivant à la retraite !

  • acacg, le 17/02/2010 à 07h24

    Pauvre france,les profs ont se qu'ils ont seme.Se disant les meilleurs du monde,pour elever les enfants a la place des parents,ces profs qui ont soit disant la science infuse croyant tout savoir et tout connaitre ne voulant pas la police dans leur etablissement.A non non,et bien ont se qu'ils meritent.Une idee,mettre de jeunes policiers en civil par exemple.Il n'y a jamais eu autant de viols,violences drogues et les profs le savent mais attention nous .......pas toucher.Faire greve et attendre vacances

  • ignota, le 16/02/2010 à 15h42

    Savez-vous que pour obtenir l'agrégation par exemple, il faut avoir fait au moins avoir fait 5 années d'études après le bac? Savez-vous aussi qu'avec les suppressions de postes, les concours de recrutement des professeurs sont devenus beaucoup plus sélectifs que dans les années 80? Qu'entendez-vous par travailler réellement 35h, puisque si on prend en compte la préparation des cours et la correction des copies, les professeurs travaillent déjà plus de 35h? Savez-vous seulement ce que signifie, physiquement et intellectuellement, assurer une heure de cours? En tout cas c'est plus difficile que d'écrire un mail diffamatoire sur internet. L'éternel argument qui consiste à dire que les professeurs sont déconnectés de la réalité économique est lassant; la réalité des entreprises est plurielle, elle varie considérablement d'une structure à l'autre. Vous même ne connaissez sans doute qu' un univers restreint, limité à votre expérience et qui ne vous permet en aucun cas de juger la réalité de l'enseignement sans l'avoir pratiquée. Vous êtes "déconnecté", du monde enseignant pour reprendre votre élégante-et si originale!- formule. Vous parlez de "résultats", mais à l'époque bénie que vous évoquez les professeurs n'étaient pas évalués différemment d' aujourd'hui. A cette époque les professeurs avaient peut-être aussi plus de moyens de rétorsion et on en parlait sans doute avec plus de respect que vous ne le faites. En tout cas, merci de contribuer, par votre discours si subtil, à la dévalorisation des enseignants. Vous contribuez ainsi à asseoir leur autorité et à inciter la jeunesse à tirer profit de leur savoir.

  • 28marieden, le 16/02/2010 à 15h04

    Au lieu de perdre leur temps dans des manifes, qu'ils se mettent à l'entrée de leur lycée et regarde qui entre avec vérification de la carte du jeune. Vous allez me dire que ce n'est pas leur boulot ? bien entendu, mais faire grève à tout moment c'est dans leur contrat ?

  • syberya, le 16/02/2010 à 15h02

    Que les parents se sortent un peu les doigts!! excusez moi mais nous avons étés nombreux à le faire !! Nous étions 8 chez nous, et Feu ma mère était femme de ménage et trimait comme une perdue du matin au soir, jamais nous n'avons manqué de respect à qui que ce soit!!! Pas besoin d'aller à l'école, ma mère s'en est chargée de nous apprendre tout ça, le respect , le politesse, etc etc, et j'en ai fait de même avec les trois miens, mais c'est vrai nounou télé etc etc...n'ont jamais pris le pas sur mes devoirs de mère, et l'immense plaisir qu'est celui d'élever un enfant..Les miens sont rentrés en C.P. ( non pas parce que je n'avais pas confiance en l'école...) avec une lecture acquise et une écriture quasi maîtrisée, mes enfants ne sont pas surdoués.. mais moi je me devais d'être disponible, et je le leur devais, pour les avoir désirés et faits...Maintenant chacun voit midi à sa porte...Cordialement syberya.

  • jopat75, le 16/02/2010 à 13h04

    Oui Sky_92, mais pas de cette manière... Avez-vous déjà eu des jeunes difficiles en charge ? savez-vous comment se déroule leur quotidien ? Savez-vous ce qui leur manque réellement ? J'ai tous les ans (ou presque) des élèves dans ce cas, et croyez-moi ce n'est pas la meilleure solution que de toujours confronter ces élèves, et leurs parentes, à la police. Comme vous l'avez dit vous même, la plupart des "parents", mais les élèves n'y sont pour rien... Croyez-moi, mon métier ne se limite pas non plus à la porte du lycée, quand je rentre chez moi, l'avenir de mes élèves me préoccupe toujours, et je travaille encore pour eux le soir, chez moi, ou au lycée...

  • jopat75, le 16/02/2010 à 12h59

    Oui Robert, à cause de mes élèves à qui on ne peut pas apporter tout ce qu'on devrait leur apporter... mais sûrement pas à cause de vous...

  • sibowi, le 16/02/2010 à 12h01

    Aciery, vous connaissez l'expression "c'est l'hôpital...", comptez sur toutes vos contributions le nombre de "j'aime", et le nombre de "j'aime" sur les contributions de vos contradicteurs, alors pour les vacances, on serait nombreux à souhaiter que vous en preniez beaucoup

  • ludo74300, le 16/02/2010 à 11h47

    Toujours plus de moyens, toujours plus de personnel,toujours plus d'argent... Un constat, c'est en france qu'il y a le plus de fonctionnaires en proportion d'actifs, le plus d 'enseignants en proportion des étudiants et c 'est en france aussi qu'on paye le plus d'impots (pour ceux qui en payent).Et pourtant personne n'est content (profs, hopitaux,sncf...) Le probleme de la sécurité dans les écoles, c est le probleme dans la fonction publique. Redeployer les effectifs la ou il y en a besoin, supprimer les postes et les services inutiles, travailler reellement 35H,combattre l'absentéisme et utiliser l argent economisé pour regler les vrais problemes. Au lieu d'envoyer les eleves faire un stage en entreprises on devrait plutot y envoyer les profs, deconnectés de plus en plus de la réalité et qui vont connaitre des reveils tres pénibles.Il n'y pas si longtemps (j étais éléve dans les années 80) on respectait encore les profs et leur savoir. C est vrai qu'ils avaient des résultats et ne se prenaient pas pour des intellos parce qu'ils avaient fait trois années de fac.

  • robert51, le 16/02/2010 à 11h39

    Lamentable "jopat75 " il n'y a pas que les établissemnts scolaires sur terre , sortez de votre bulle ...et apprenez à lire les commentaires " videos surveillance à l'EXTERIEUR " voilà ce que j'ai noté . Mais biensur quand ce n'est pas pour l'éducation nationale c'est du gaspillage d'argent ! et payer des incompétents ,ce n'est pas du gaspillage ??? vous êtes vraiment SPACE !

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