Humidité récurrente, isolation inexistante, avec une température qui peut chuter l'hiver à 7°C le matin dans les chambres : les étudiants de Lille n'en peuvent plus. © LCILogements insalubres, coût des logements universitaires en hausse : pour protester, des étudiants lillois ont lancé une grève des loyers. Environ 300 d'entre eux, occupant des chambres dans quatre résidences universitaires à Lille et Villeneuve d'Ascq, ont décidé de ne pas verser au Crous leur loyer de février, selon Alexia Savinel, présidente de l'Unef à Lille. "La région a le plus fort taux d'étudiants boursiers mais seuls 7% ont accès aux résidences universitaires et celles-ci sont de plus en plus insalubres. Les loyers ne cessent d'augmenter et les aides au logement n'ont pas été revalorisées depuis 1994", explique la représentante du syndicat étudiant.
Près de 4 millions de mal logés en France
La Fondation Abbé Pierre estime dans son rapport annuel que 8 millions de personnes sont concernées par la crise du logement en France.
Publié le 01/02/2012
- La grande misère des logements étudiants de Lille - 01 min 05 s
Mais Laurent Soucheyre, responsable de la division "vie de l'étudiant" au Crous de Lille, prévient : les grévistes "s'exposent réglementairement à des procédures de recouvrement de loyer, y compris contentieuses". Selon lui, la période d'encaissement des loyers de février n'étant pas close, le suivi de la grève reste encore difficile à mesurer : "A ce jour, aucune donnée ne nous permet de constater que la grève ait un impact".
Une réhabilitation qui tarde
L'Unef et la Féruf (Fédération des étudiants en résidence universitaire de France), à l'origine du mouvement, demandent "le respect par la ministre (de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse) du plan Anciaux qui prévoit 6500 nouveaux logements et 8000 logements rénovés par an jusqu'en 2014".
Il y a urgence à Lille : l'académie compte 152.000 étudiants, dont environ le tiers de boursiers, pour 38 résidences et 9250 logements. "Environ 4700, soit la moitié, ne sont pas aux normes de confort souhaitées", reconnaît Laurent Soucheyre. Insalubres ou ne comportant pas de sanitaires individuels, ils font l'objet depuis 2005 d'un programme de réhabilitation qui a eu "du retard à l'allumage" mais est aujourd'hui "à son rythme de croisière", assure-t-il. Entre 300 et 500 logements sont ainsi réhabilités chaque année dans l'académie et 260 logements ont été construits.
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