Paris-Dauphine : plus on est riche, plus on paye

Par TF1 News avec Agence, le 02 février 2010 à 12h41 , mis à jour le 02 février 2010 à 14h35

L'université de Paris-Dauphine a pris la décision de multiplier jusqu'à quinze fois les droits de scolarité de certains de ses diplômes de masters pour répondre à son ambition internationale.

Université Paris-DauphineUniversité Paris-Dauphine © TF1 News

Voilà une décision qui risque de fâcher certains parents de la prestigieuse Université Paris-Dauphine qui a décidé de multiplier jusqu'à quinze fois les droits de scolarité de certains de ses diplômes. A la rentrée 2010, les frais qui sont actuellement de 231 euros s'échelonneront ainsi de 1.500 à 4.000 euros par an selon les revenus de la famille, et seront réduits par des abattements de 500 euros si la famile comporte plus d'un enfant étudiant de 500 euros lorsque la résidence de la famille est hors Ile-de-France, selon un communiqué de l'université parisienne. Les étudiants boursiers, les étudiants handicapés et ceux ayant le statut de réfugié seront exonérés de tout droit.  
 
Le conseil d'administration de l'établissement a accepté lundi cette hausse pour les spécialités de gestion et d'économie internationale et de développement, soit 48 sur les 80 masters proposés par l'université. Le montant des frais de scolarité des autres masters, ainsi que des licences, reste inchangé. L'université se justifie en expliquant qu'elle entend porter la valeur et la notoriété de ses diplômes au meilleur niveau international et doit, à cette fin, "diversifier ses ressources financières". "Le coût de la qualité impose d'ajouter aux ressources publiques, l'apport des entreprises, les dons des mécènes, et la contribution des étudiants", se justifie l'Université.

33.700 euros pour HEC
 
Dauphine dispose depuis 2004 du statut de "Grand établissement", lui permettant notamment de gérer de façon autonome les frais d'inscription pour les masters.   L'organisation étudiante Unef, globalement opposée à toute hausse des frais d'inscription dans les universités au-delà des droits fixés chaque année par arrêté ministériel, dénonce "une tentative de coup de force de Dauphine".

Le quotidien Les Echos rappelle que les "business schools" pratiquent en général des tarifs bien supérieurs à ceux que va instaurer Dauphine. A HEC, par exemple, le tarif "nominal" est ainsi de 8.500 euros en première année et 12.600 euros pour les deux suivantes, soit 33.700 euros pour l'ensemble du cursus.  

Déjà en février 2008, un projet de Dauphine de hausse des frais d'inscription en licence avait suscité la polémique. Il avait finalement été abandonné par l'établissement, notamment après une décision du Conseil d'Etat et une intervention de la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse.
 
 
 

Par TF1 News avec Agence le 02 février 2010 à 12:41
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8 Commentaires

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  • __anto, le 03/02/2010 à 21h01

    C'est ironique? Etudiant, je suis allé voir mon conseiller pour une somme largement inférieure à 50 000? pourtant pour une école de renommée; je me suis fait reçevoir. Les banquiers ne font pas de paris, ils font des placements surtout en ce moment. Ne jamais oublier le vieil adage : "Un banquier et quelqu'un qui vous prête un parapluie quand il fait beau et qui vous le reprend quand il entend l'orage gronder. PS: Le conseiller que vous allez voir n'est pas "banquier" et je ne pense pas que beaucoup d'étudiants puissent espérer se faire servir par un banquier, même ceux qui postulent à HEC.

  • no2r, le 03/02/2010 à 07h13

    Totalement inique et amoral. Je plains ceux qui, voulant faire des études, auront eu la malchance de naître dans des familles non nécessiteuses le temps de leurs études car il n'est pas exclus qu'elles puissent, par le hasard des accidents de la vie le devenir, mais peut être trop tard". Il faudrait donc être toute la vie ou bien "riche" ou bien "pauvre". Démagogie quand tu nous tiens...

  • bearnais64, le 02/02/2010 à 17h33

    C4est déja le cas si vous n'avez pas de mutuelle!!

  • neovieux, le 02/02/2010 à 16h55

    C'est une forme d'impot indirect. Ce n'est pas à la fac de collecter l'impot et de faire de la politique. Bientot en pharmacie, la prise en charge sera interdite pour les familles à revenus non faibles?

  • halx, le 02/02/2010 à 16h29

    Donc ça se confirme : en France il faut soit être très riche soit être très pauvre! Si t'es au milieu, tu paies comme un riche sauf que t'as beaucoup moins d'argent pour le faire... La vraie lose quoi! Ah j'oubliais : "merci à Mme Pécresse pour l'autonomie des universités!" On en voit déjà les conséquences...

  • vdorl, le 02/02/2010 à 14h56

    En effet, voici une très regrettable décision qui, je l'espère, sera annulée. Je me souviens de mes propres études universitaires, mes parents, pourtant cadres supérieurs, n'auraient pas pu acquitter une telle somme en plus du logement, de la nourriture etc. Je leur souhaite une bonne grève paralysant la fac...

  • regis_92, le 02/02/2010 à 14h51

    Suffit d aller voir son banquier et de dire: "je suis pris chez HEC il me faut 50 000 euros et dans 3 ans je gagne 4000 euros par mois" il va vous ouvrir bien grand la porte de son bureau et vous proposer un café

  • 0301camimi, le 02/02/2010 à 13h43

    C'est la nouvelle égalité des chances ! paris dauphine se donne bonne conscience en exonérant les éléèves boursiers, mais quid des familles aux professions intermédiaires ! Et quelle garantie de résultats pour les étudiants ? Si les résultats ne sont pas là, peut-on exiger un remboursement de la différence ? Décidément la devise française est bine mise à mal, liberté égalité fraternité ....

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