Universités : "Ce ne peut pas être la loi de la jungle !"

Par , le 22 février 2010 à 16h51 , mis à jour le 23 février 2010 à 17h53

Interview - Selon un recensement de l'Unef, certaines universités ne respectent pas la réglementation en matière d'examen et d'évaluation. Le syndicat s'insurge contre cette inégalité et en appelle à Valérie Pécresse. Le point avec son président.

étudiants amphi examen partiel fac université étudierImage d'archives © Sxc Kalilo

TF1 News : Selon vous, certaines universités sont "hors-la-loi", qu'entendez-vous par là ?

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Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef : A l'heure actuelle, pour obtenir une licence d'histoire, mieux vaut étudier à l'Université de Paris I, qu'à celle d'Avignon. Pourquoi ? Parce que cette dernière, comme dix autres, se sont affranchies de la session de rattrapage, véritable deuxième chance pour ceux qui auraient échoué à certains de leurs examens. D'après notre recensement, plusieurs universités ne respectent ainsi par les arrêtés réglementaires du ministère de l'Enseignement supérieur les obligeant à organiser le contrôle des connaissances et l'évaluation des étudiants dans certaines conditions. La session de rattrapage est l'une d'elles.
 
TF1 News : Vous dénoncez également un autre cas de figure...
J-.B. P. Oui, la deuxième situation concerne les universités mettant en place des notes éliminatoires. Elles sont une vingtaine dans ce cas. Par exemple, elles considèrent qu'avec une note en dessous de 7, l'étudiant ne pourra pas valider l'ensemble du diplôme. Effectivement certaines matières sont jugées plus importantes que d'autres dans un cursus mais dans ce cas là, que les universités mettent des coefficients ! Là, ce sont de véritables barrières à cause desquelles, certains étudiants ne vont pas pouvoir valider leur semestre, ou leur année. Pire, devoir redoubler ! Et cela, même s'ils ont un niveau global satisfaisant et qu'ils ont progressé toute l'année.
 
On ne peut pas dénoncer en permanence le taux d'échec des étudiants et ne pas considérer que la manière dont on les évalue joue un rôle déterminant dans cette réussite. L'évaluation doit prendre en compte la progression du travail des étudiants. Elle ne doit pas simplement les sélectionner. Il en va de la réussite des étudiants, de l'égalité entre les universités.
 
TF1 News : Ces pratiques sont-elles une conséquence de la loi sur l'autonomie des universités ?
J-.B. P. : Pas particulièrement. Ces situations existaient avant la loi Pécresse. Cette loi sur l'autonomie leur a peut-être donné les coudées un peu plus franches. Elles se sont peut être dit que maintenant qu'elles étaient autonomes, il n'y avait pas de raison qu'elles ne le soient pas aussi sur la façon dont elles évaluaient les étudiants... Mais force est de constater que cette loi ne leur permet pas de faire n'importe quoi. Ni en ce qui concerne les droits d'inscription, ni en matière de sélection des étudiants, ni même en contrôle des connaissances.
 
TF1 News : Que demandez-vous à Valérie Pécresse ?
J-.B. P. De faire respecter les arrêtés de son ministère ! A son arrivée au ministère de l'Enseignement, elle s'était présentée comme la ministre des étudiants. Nous attendons qu'elle soit la ministre qui fasse respecter leurs droits. Aujourd'hui, nous souhaitons donc un règlement politique de la situation. Mais si elle n'intervient pas, nous porterons l'affaire devant les tribunaux administratifs. Nous l'avions fait pour les droits d'inscription illégaux, nous avions gagné.

L'université d'Avignon répond à l'Unef

L'Université d'Avignon est l'université la plus "populaire" de France, avec 48% de boursiers inscrits en première année. Assumant pleinement ses missions de service public dans un territoire défavorisé, elle a pris, dans le cadre des moyens affectés par le plan Réussite en Licence, des mesures exceptionnelles visant à garantir l'excellence comme la plus haute forme d'égalité pour tous. Ces nouvelles mesures respectent en tous points la légalité. Elles produisent déjà des effets bénéfiques puisque les taux de réussite augmentent entre 3 et 5% dès le premier semestre de la première année. (...) L'audace de nos dispositifs pour la réussite de tous devrait nous positionner en tête des classements pour la réussite."

 

Les bonnets d'âne, selon l'Unef

  • 1. Université d'Avignon
  • 2. Université de Toulouse 1
  • 3. Université de Lyon 3
  • 4. Université de Bordeaux 1
  • 5. Université de Poitiers
  • 6. Université de Montpellier 2
  • 7. Université de Nîmes
  • 8. Université de Montpellier 3
  • 9. Université d'Angers
  • 10. Université d'Aix-Marseille 3
  • 11. Université de Rouen
  • 12. Université de La Réunion
  • 13. Université de Bordeaux 4
  • 14. Université de Toulouse 3
  • 15. Université de Grenoble 3
  • 16. Université de Lyon 1
  • 17. Université de St. Etienne
  • 18. Université de Paris 7
  • 19. Université de Cergy
 
 
  • 20. Université de Strasbourg
  • 21. Université de Paris 5
  • 22. Université d'Orléans
  • 23. Université de Limoges
  • 24. Université de Mulhouse
  • 25. Université de Paris 6
  • 26. Université de Valenciennes
  • 27. Université de Tours
  • 28. Université de Montpellier 1
  • 29. Université de Chambéry
  • 30. Université de Bordeaux 2
  • 31. Université de Brest
  • 32. Université d'Evry
  • 33. Université d'Aix-Marseille 1
  • 34. Université deDijon
  • 35. Université de LeHavre
  • 36. Université deToulon
  • 37. Université de Paris11
  • 38. Université de Metz
 

 

Par Amélie Gautier le 22 février 2010 à 16:51
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7 Commentaires

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  • radamand, le 25/02/2010 à 14h04

    Si seulement tu savais de quoi tu parles... Personnelement étant étudiant dans les universités, je ne vois pas où est l'argent dont tu parles... Par ailleurs, le "demander toujours plus" est le moteur du progrès social...

  • gegeclermont, le 23/02/2010 à 08h18

    L'UNEF, la filiale du PS, lance ses accusations avant les régionales ! toujours les mêmes insatisfaits. Ils ont plus d'argent dans les universités mais ils veulent plus, toujours plus !

  • sincere86, le 23/02/2010 à 06h15

    Un enfant manuel ne sera jamais intellectuel ils faut les deux pour faire une société stable

  • sincere86, le 23/02/2010 à 06h13

    Toute l incompétence d un ministère est présenté nous voulons des fac a l image de l international mais si en haut lieu il y a plus de blablabla et pas de moyen comment voulez vous faire des jeunes des bons étudiants et ne pas cherche a faire des facs de riche et des facs de classes sociales inférieures et a des prix acceptables pour des étudiants boursiers et de revenus modestes car c est eux qui trinques avec ces politiques a la noix

  • julienlevy, le 22/02/2010 à 23h17

    Après avoir tué l'école en rendant quasi obligatoire l'obtention du BAC, nos amis les gauchistes réclament un diplôme universitaire pour tout le monde. Des diplomés sans valeur (cf. leur orthographe, leur ignorance crasse,...). La seule solution est une vraie sélection qui permettrait de redonner de la valeur au diplôme mais je sais que cela n'arrivera plus, dans nos sociétés bien pensantes, nos jeunes ont tous les droits et aucun devoir. Alors donnons leur un diplôme sans valeur cela leur fera une belle jambe quand ils iront au pôle emploi. Bravo aux universités mal classées par l'unef, sortant moi même de Bordeaux I, il y a plus de 10 ans déjà avec une maîtrise de maths pures (d'ailleurs nous n'étions pas plus de 25 à l'avoir obtenue et tous avons trouvé un travail ou décroché un concours de la fonction publique). La sélection est un devoir pour une université.

  • andre-victor, le 22/02/2010 à 22h41

    Mais bien sûr ! Il faut faire comme pour le Bac ! Au plan national, un élève qui entre en terminale a 91% de chances d'obtenir le Bac. De la sorte, plus de 90% des bacheliers qui entreront à l'université obtiendront au minimum une licence, voire une maîtrise... Il faudra donc imaginer une société qui nécessite et puisse employer une telle proportion de diplômés de l'enseignement supérieur.... Que l'on m'explique !

  • syberya, le 22/02/2010 à 18h55

    Tout est à revoir, à commencer par l'octroi des bourses, c'est la misère la plus totale, les inscriptions n'en parlons pas.. aucun suivi, les logements..laisse tomber, etc etc...

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