En 2009, 157 femmes ont ainsi succombé, en France, sous les coups de leur conjoint. La lutte contre ces violences faites aux femmes a été déclarée "grande cause nationale" en 2010. L'Assemblée examinera ce jeudi une proposition de loi prévoyant de renforcer l'arsenal législatif. Mesure phare de ce texte : la création d'une "ordonnance de protection" provisoire des victimes, intervenant en amont du dépôt de plainte. "Cette ordonnance de protection permettra aux juges aux affaires familiales de prendre toute une série de dispositions en faveur des femmes en danger. Et ce, en matière d'hébergement, d'exercice de l'autorité parentale ou d'éviction du domicile du conjoint violent", a expliqué mrercredi la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie dans une interview à La Croix. "Les moyens seront là, mais il ne s'agit pas que de moyens financiers", ajoute-t-elle.
Autre mesure importante : "Le harcèlement moral qui était reconnu dans la sphère du travail sera introduit dans la sphère privée car au 3919, numéro d'appel dédié auxviolences sexuelles, 84% des appels concernent desviolences psychologiques graves", a rappelé la secrétaire d'Etat à la famille Nadine Morano jeudi sur France 2. Le juge pourra statuer "sur des preuves matérielles, lettres, SMS, mails témoignages et des preuves médicales, puisque de nombreuses femmes sombrent dans la dépression" à la suite deviolences psychologiques, a-t-elle précisé.
Un bracelet pour éloigner les conjoints violents
Le dispositif d'éloignement des maris violents sera élargi aux pacsés et aux concubins et un amendement gouvernemental introduira le principe du bracelet électronique, testé avec succès en Espagne pour garantir la sécurité des femmes menacées. "Nous voulons lancer une démarche globale dans la lutte contre lesviolences faites aux femmes en renforçant l'arsenal législatif, en introduisant des moyens technologiques très performants" a souligné Mme Morano qui a rappelé qu'un tiers des hommes violents ayant tué leur compagne en 2009 avaient fait l'objet d'une mesure d'éloignement. le port du bracelet électronique, explique également MAM "permettra aux autorités de les suivre et de réagir dès qu'ils approcheront trop près de leurs victimes", souligne la ministre. "Le recours aux téléphones portables d'urgence - qui permettent aux femmes menacées d'avoir un accès prioritaire à la police - s'inscrit dans cette même logique".
A cela s'ajouteront des campagne de communication (spot TV, brochure distribuée aux primo-arrivants et aux Jeunes lors des journées d'appel) et un renforcement de la formation des personnels d'accueil, conduisant notamment à la présence d'un "référentviolences" dans chaque département.








