Violences scolaires : les enseignants manifestent à Paris

Par , le 16 février 2010 à 17h27 , mis à jour le 06 avril 2010 à 17h55

Dossier : Violences scolaires

Les enseignants du Lycée de Thiais où un élève a été agressé lundi ont exercé leur droit de retrait, tandis que les cours reprennent mercredi à Vitry. A Paris, entre 1000 et 2000 personnes ont manifesté pour exprimer leur malaise.

manifManifestation d'enseignements à Paris le 16 février 2010. © TF1/LCI

Premier cortège à Paris, un second attendu jeudi 

  • Education : une vingtaine d'établissements en grève en Seine-Saint-Denis

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  • La colère des profs de l'académie de Créteil

    Au lendemain d'une nouvelle agression dans un lycée du Val-de-Marne, la troisième depuis un mois et demi, ils sont appelés à faire grève et à manifester pour réclamer plus de moyens.

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  • Malgré la menace sur les salaires, les profs de Thiais tiennent bon

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  • Education : "supprimer 16.000 postes, ça c'est violent"

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  • Les profs de Vitry interpellent Chatel

    Toujours pas de cours au lycée Adolphe-Chérioux : les enseignants continuent à réclamer plus de sécurité face aux agressions. Ils réclament un médiateur et un débat télévisé avec le ministre de l'Education. Qui refuse.

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    Un jeune homme de 17 ans a été gravement blessé lundi par six personnes qui se sont introduites dans le gymnase jouxtant le lycée Guillaume-Apollinaire de Thiais.

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  • Collégienne rouée de coups : gardes à vue levées

    La jeune fille de 14 ans a repris les cours vendredi matin dans un autre établissement. L'enquête se poursuit pour déterminer notamment les circonstances des faits et le nombre d'agresseurs.

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  • Les trois collégiennes auraient bien été menottées

    Les premiers éléments d'enquête recueillis par la police des polices tenderaient à confirmer les dires des parents des trois collégiennes dont le placement en garde à vue la semaine dernière à Paris fait polémique.

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  • Vitry reprend les cours, Thiais manifeste, plainte contre Chatel

    Les enseignants du Lycée de Thiais où un élève a été agressé lundi ont décidé d'exercer leur droit de retrait, tandis que les cours reprendront demain à Vitry. Une manifestation aura lieu cet après-midi à Paris. Un parent excédé porte plainte contre Luc Chatel... Le point sur la situation.

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  • Agression d'un élève à Thiais, les profs exercent leur droit de retrait

    Au lendemain de l'agression à coups de cutter d'un lycéen de Thiais, les enseignants ont décidé d'exercer leur droit de retrait pour soutenir les élèves qui s'inquiètent d'une insécurité grandissante.

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Plus d'infos

Entre 1000 et 2000 enseignants et lycéens de la banlieue Est ont défilé mardi à Paris pour réclamer des postes, dénoncer les réformes de la formation et du lycée et surtout protester contre les récents actes de violence qui se sont déroulés dans plusieurs établissement d'Ile-de-France. Le cortège, parti en début d'après-midi du Carrefour de l'Odéon (VIe arr) a défilé jusqu'à la rue de Grenelle (VIIe arr) aux abords du ministère de l'Education nationale, où il s'est peu à peu dispersé.

Les enseignants, essentiellement du second degré, et des élèves de plusieurs lycées étaient représentés, dont ceux de Darius-Milhaud au Kremlin-Bicêtre, d'Adolphe-Chérioux à Vitry-sur-Seine et de Guillaume-Apollinaire à Thiais, trois établissements du Val-de-Marne où de graves incidents ont eu lieu récemment. Plusieurs établissements de Seine-Saint-Denis étaient aussi représentés, d'Aubervilliers, Bagnolet, Drancy, La Courneuve, Les Lilas, Saint-Denis, Saint-Ouen, Bobigny, Epinay-sur-Seine.

"Comment empêcher les événements d'Adolphe-Chérioux ou de Thiais? Il faut une réponse humaine et pas matérielle. Le gouvernement parle diagnostics et vidéosurveillance, nous on répond à ça: des moyens!", a déclaré Pierre Claustre, représentant du Snes-FSU en Seine-Saint-Denis. L'annonce faite mardi par le ministre de l'Education nationale Luc Chatel d'"états généraux de la sécurité à l'école" organisés début avril, "révèle que la mobilisation en cours commence à inquiéter le gouvernement", a-t-il ajouté, jugeant que la mobilisation "montait en puissance".

Dans les cortèges, étaient notamment représentés les syndicats Snes-93, CGT Educ'action, FO, Sud Education et les organisations lycéennes UNL et Fidl. "Nous manifestons pour dire notre opposition à la réforme du lycée" (mise en place à la rentrée), qui est "très nocive", avec des programmes "abêtissants" et à la "suppression des postes" dans l'Education, a expliqué une enseignante en langues vivantes d'un lycée des Lilas. Dans le cortège défilaient également plusieurs professeurs stagiaires (en formation en deuxième année d'IUFM) de l'académie de Créteil réunis en association, venus "dénoncer" la réforme de la formation et du recrutement des enseignants. Une nouvelle manifestation est prévue jeudi à Paris.

Chatel convoque des "Etats généraux de la sécurité"

Face au malaise des enseignantsn, le ministre de l'Education nationale a jugé mardi "intolérable que des règlements de comptes se déroulent pendant le temps scolaire", en dénonçant : "L'école ne doit pas devenir un terrain de jeu des bandes". Alors qu'il n'avait évoqué jusqu'alors aucune mesure spécifique, il a annoncé ce mardi des "Etats généraux de la sécurité à l'école" en avril. 

 
A Thiais, les professeurs exercent leur droit de retrait 

Ce malaise des enseignants prend sa source dans plusieurs cas de violences qui se sont succédés récemment dans des établissements de la région parisienne. "Les caméras ne suffisent pas. Il faut des moyens humains". Ce commentaire d'une enseignante du lycée de Thiais dont un élève a été agressé au cutter, lundi, par six individus cagoulés, illustre le sentiment d'abandon des équipes éducatives. Les enseignants de cet établissement ont décidé mardi de ne pas reprendre le travail, exerçant leur droit de retrait. "On veut des moyens pour empêcher les tensions (...) on veut pouvoir transmettre le savoir dans de bonnes conditions", plaide Marianne Boucheret, professeur d'histoire-géographie. Elle a affirmé que le lycée ne comptait que 11 surveillants à mi-temps pour 1500 élèves. Avant d'ajouter : "On est ouvert à n'importe quel dialogue (...) mais sur des vraies questions", invitant le ministre de l'Education nationale à visiter l'établissement.

Reprise des cours à Vitry 

Les enseignants du Lycée Adolphe Chérioux de Vitry-sur-Seine ont, en revanche, décidé de reprendre le travail ce mercredi. "On reprend les cours parce que ça commençait à devenir compliqué pour  certains élèves qui passent le bac à la fin de l'année", a expliqué Sabine Contrepois, enseignante en lettres. Ils avaient cessé les cours il y a près de deux semaines au lendemain de l'agression au couteau d'un élève de 14 ans dans l'enceinte de leur établissement. Ils réclamaient le doublement du nombre de surveillants dans l'établissement (11 pour 1.500 élèves). Le ministère de l'Education nationale leur a proposé la nomination de quatre surveillants supplémentaires, une offre jugée insuffisante par les enseignants. "Le ministre se rend donc responsable des incidents qui pourraient survenir à nouveau", estiment-ils.

A Pantin, un parent d'élève porte plainte contre Chatel

Le parent d'une élève scolarisée à Pantin, en Seine-Saint-Denis, a annoncé lundi avoir déposé deux plaintes au tribunal administratif contre le ministre de l'Education nationale Luc Chatel "pour faute grave d'organisation du service public de l'Education", déplorant "des problèmes de remplacement intenables". "Il manque de façon régulière sur la commune de Saint-Denis 12 à 13 enseignants, l'équivalent d'une grosse école", a affirmé à l'AFP Daniel Garault, délégué FCPE élu des parents d'élèves, père d'une élève en CE1 à l'école Joliot-Curie. "Nous sommes soumis en tant que parent à une obligation scolaire pour nos  enfants, et il appartient à l'Etat de fournir les moyens du service public  d'éducation", dénonce-t-il dans l'Humanité.

Au cours de son CP, puis de son CE1 depuis la rentrée de septembre, sa fille "a été en face de 18 maîtres ou maîtresses différents et a manqué sur les six derniers mois 13 jours de classe d'un enseignement obligatoire", affirme-t-il dans sa plainte. La seconde plainte, concerne  l'enseignement de langue vivante à sa fille, qui n'aurait débuté que le 23 janvier 2010 et non à la rentrée de septembre 2009. "Au titre de réparation du préjudice, je vous demande le rattrapage des  heures non assurées (...) ou à défaut, une somme correspondant aux émoluments de  cours à domicile", ajoute le parent d'élève dans les plaintes. 

L'UMP s'en prend aux régions socialistes

L'UMP a interpellé mardi les régions socialistes, plus particulièrement le président PS de l'Ile-de-France Jean-Paul Huchon, sur la nécessité de travailler "main dans la main" avec l'Etat sur la sécurité en milieu scolaire. Valérie Pécresse, tête de liste de la majorité présidentielle en Ile-de-France, "a proposé d'utiliser les financements correspondant à 5000 emplois-tremplins non pourvus pour recruter en urgence des surveillants-tuteurs régionaux et renforcer la sécurité dans les lycées en région parisienne", assure le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, candidat en position éligible dans les Hauts-de-Seine. "L'embauche de surveillants tuteurs doit servir de base au pacte Etat/Région pour la sécurité en Ile-de-France que nous appelons de nos voeux", selon lui.

 

Par Alexandra Guillet le 16 février 2010 à 17:27
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18 Commentaires

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  • sambrest, le 17/02/2010 à 12h28

    Aucun centime de l'argent public ne devrait aller à l'école privée, je le redis. après tout n'est pas parfait dans l'Education Nationale (et je ne l'ai jamais dit) mais les enseignants font un travail remarquable. savez vous par exemple que nous avons la meilleure école maternelle du monde? école maternelle que ce gouvernement envisage de supprimer (ça fait un moment que c'est dans les tuyaux). enfin, quand j'entends que dans le privé il n'y a pas de gaspillage, ça me faire rire! comme je vous l'ai déjà dit, j'ai travaillé de nombreuses fois dans des entreprises privées, alors votre ritournelle vous ne me l'a ferez pas avaler... pour finir JAMAIS je ne mettrai mon enfant dans le privé. c'est une question de principes. sans compter que dans le privé Dieu n'est jamais loin, et je suis un athée absolument convaincu. "l'homme a créé Dieu, l'inverse reste à prouver"

  • sky_92, le 17/02/2010 à 09h55

    Sambrest: Si aucun argent public ne devrait etre donné aux écoles privées, il serai judicieux que les parents qui y mettent leurs enfants ne payent pas, au travers de leurs impots, les professeurs du public, logique !! dans le privé, seul les profs sont payés par l'état, pas les infrastructures ! Rien d'illogique là dedans...

  • robert51, le 17/02/2010 à 09h07

    Quand vous dites "aucun centime du public devrait etre attribué au privé" : vous pensez que c'est normal que CHAQUE citoyen bosse, paye , pour l'education publique et qu'en échange on ne voit que "des défilés dans les rues , des enfts agressés ,des profs toujours absents non remplacés , et par conséquent des résultats lamentables !!! " . Je préfère payer mais etre sur d'avoir du RESULTAT ! là au moins pas de GASPILLAGE , notre argent sert à quelque chose . Venez , renseignez vous , les tarifs ne sont pas du tout plus chers que si vous mettez votre enft interne , beaucoup de fausses rumeurs à ce sujet !!! Si vous voulez du résultat , de la discipline FAUT le PRIVE !!!

  • robert51, le 17/02/2010 à 08h34

    Tout à fait d'accord avec vous , là on paye pour du RESULTAT !!!

  • sambrest, le 17/02/2010 à 08h14

    Les parents devraient reprendre l'éducation de leurs enfants, plutôt que de rester vautrés devant la télé... le problème central il est là. à mon travail (quand j'en ai), j'en suis à remarquer les gens polis tellement ça devient rare!

  • sambrest, le 17/02/2010 à 08h10

    Bonjour, à etien86, il n' y a pas plus d'absentéisme dans le public, simplement dans le privé, les remplacements sont beaucoup plus rapides et efficaces, c'est vrai. et dans le public, ils sont obligés d'accepter tout le monde, ce qui fait une grosse différence avec le privé! d'où une implication supérieure des parents dans le privé, puisqu'ils sont "sélectionnés" sur dossier. la grande injustice étant, à mon avis, que l'argent public finance les écoles privées. aucun centime ne devrait leur être attribué. et je le redis aussi ici (pour robert51) : une grande partie des parents se fiche éperdument de l'éducation de ses enfants. c'est très triste, mais c'est ainsi.

  • clementine1218, le 17/02/2010 à 01h06

    Entièrement d'accord avec vous surtout que rajouter des cpe n'empêchera pas dix jeunes de rentrer dans un gymnaste pour réglé des comptes avec un élève le problème est plus en amont . Ras le bol de toujours trouver les boucs émissaires là ou ils ne sont pas mais c'est la France et hélas les mentalités on la vie dur et tant que la population n'aura pas compris ça nous sommes mal partie.Une française pur souche du moins peu être car au dessous de 1812 ça devient compliqué alors peu être anglaise ?

  • jps7658, le 17/02/2010 à 01h06

    Vous avez tout compris vous pourrez truffer de cameras et poster des flics partout cela ne servira a rien cest les mentalitées qu il faut changer ,on a coupé la tete a louis 16 mais on a créé l enfant roi ,une baffe ou une fessée n a jamais tué personne

  • etien86, le 16/02/2010 à 21h48

    à evatoumcasser : l'état ne paye que le salaire des profs du privé (le même salaire que celui du public, sans les avantages). Tout le reste est a la charge de l'école privée, donc des parents (qui pour autant payent leurs impots). Et au global, il y a moins de profs et d'encadrants par élève dans le privé que dans le public. A l'arrivée pourtant , moins d'absentéisme, pas de greves, moins d'agressions ... la grosse différence entre privé et public ? le role des parents. Ceux qui mettent leurs enfants dans le privé sont souvent aussi ceux qui ont quelques valeurs et principes qu'ils essayent d'inculquer à leurs enfants. je rejoins beaucoup de commentaires : on peut demander toujours plus de moyens (et les syndicats ne savent demander que ça) , tant que les parents ne joueront pas leur rôle d'éducateurs , cela ne servira a rien

  • jeanmarie63, le 16/02/2010 à 21h44

    Pour resoudre ce probleme, il faut identifier les fauteurs de trouble, et les envoyer travailler dans des centres de reeducation loin des villes. Peut etre les envoyer dans une ferme, ou le travail est dur. Mais manifester contre le pouvoir ne meme a rien, pouquoi les Francais doivent toujours tous attendre de l'etat, et ne peuvent pas se prendre en main. Francais Francaise , vous etes devenu un peuple d'assistés. La police et la justice devrez faire le travail et être plus protéger par la hierarchie. En Angleterre si vous agresser un bobbies, qui n'est pas armé, vous prenez prison a vie. En France vous emprisonnée vos policiers, vous êtes le seul pays en Europe, ou vous juger les policiers; Pour info, je suis fils d'immigrée Italiens.

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