© LCIDepuis 6h lundi matin, les expulsions locatives peuvent reprendre. La fin de la trêve hivernale a sonné, mais les critiques sur la gestion faite par l'Etat, garant du récent droit au logement, ont été ravivées ce week-end par un front d'associations unies et plusieurs milliers de personnes qui ont manifesté samedi à Paris et en province. Leurs revendications : l'arrêt de ces expulsions locatives, le droit à un logement stable et la création de plus de logements sociaux, répondant à l'appel d'une soixantaine d'associations.
Une hotline pour éviter les expulsions locatives
La Fondation Abbé Pierre met en place à partir du lundi 1er juin une plate-forme téléphonique dédiée aux foyers qui peinent à régler leur loyer.
Publié le 01/06/2009
Menacée d'expulsion locative, une mère se défenestre
Elle s'est tuée mardi en se jetant du 3e étage à l'arrivée de l'huissier et de la police venus l'expulser de chez elle, dans les Bouches-du-Rhône.
Publié le 02/09/2008
Les associations dans la rue pour un vrai droit au logement
La trêve hivernale s'achève lundi, les expulsions vont reprendre ; parmi les futurs expulsés, des familles reconnues prioritaires par les commissions du Droit Au Logement Opposable. Des associations manifestent pour réclamer un moratoire.
Publié le 13/03/2010
Chaque année, plus de 100.000 décisions de justice d'expulsion sont prononcées, et plus de 10.000 expulsions sont réalisées avec l'aide de la force publique. Dont certaines touchent des familles reconnues prioritaires par les commissions du droit au logement opposable (Dalo). Le comité de suivi de la mise en œuvre du Dalo a adopté vendredi une motion demandant aux pouvoirs publics de mettre fin à ces expulsions de personnes prioritaires pour un relogement, parlant de "dysfonctionnement de l'Etat". "L'Etat déloge alors qu'il doit reloger selon la loi, c'est un scandale qu'on ne peut pas laisser perdurer", affirme Paul Bouchet, ancien président d'ATD Quart-Monde et membre de ce comité. Le sénateur UMP des Yvelines Dominique Braye, également membre, dénonce "un gâchis monumental d'argent public", alors que 18% des personnes qui font un recours Dalo le font au titre de menaces d'expulsions.
Droit du propriétaire contre droit au logement
Le gouvernement, lui, ne veut pas entendre parler de ce moratoire. "Ce serait un très mauvais signal" envoyé aux "propriétaires publics comme privés", a déclaré le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu. Entre le droit à la propriété et le droit au logement, le gouvernement privilégie le premier, mettant en avant le risque, sinon, de "restreindre l'offre de logement pour les personnes modestes ou en difficulté" dans un marché déjà très tendu, selon le secrétaire d'Etat. Les associations contestent cet argumentaire en période de crise économique et sociale, d'autant qu'il existe un fonds d'indemnisation des propriétaires auquel les préfets peuvent avoir recours (78 millions d'euros en 2005, 31 millions en 2008).
Selon l'INSEE, en 2006, 1,8 million de personnes étaient en difficulté de paiement dont 500.000 avaient déjà deux mois de loyers impayés. Pour Benoist Apparu, il ne s'agit pas de "mettre des gens à la rue". Une solution "d'hébergement adapté" doit être proposée à toute personne ou famille expulsée, dit-il. Mais les associations craignent que les gens soient "baladés d'hôtels en centres d'hébergements déjà surchargés" et dénoncent le coût d'une telle politique. La trêve a été instaurée par une loi du 3 décembre 1956. Elle durait alors du 1er décembre au 15 mars et a été prolongée d'un mois (1er novembre-15 mars) en 1990.
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