La Fondation Abbé Pierre évalue à 3.261.600 le nombre de personnes mal-logées © LCILundi prochain, le 15 mars, est une date guettée avec angoisse par des milliers de locataires en difficulté : elle marquera la fin de la trêve hivernale des expulsions locatives. Et à l'approche de la date fatidique, les associations remontent au front. Chaque année, plus de 100.000 décisions de justice d'expulsion sont prononcées, et plus de 10.000 expulsions sont réalisées avec l'aide de la force publique. Dont certaines touchent des familles reconnues prioritaires par les commissions du Droit Au Logement Opposable, mises en place après la loi Dalo.
Plus d'un Français sur trois donne de son temps pour les autres
Solidaires malgré la crise, les Français sont plus de 36% à s'impliquer dans des activités pour aider les autres. La grande majorité (soit 11,3 millions) le fait au sein d'une association.
Publié le 27/09/2010
Fin de la trêve des expulsions, les associations continuent le combat
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi pour demander l'arrêt des expulsions locatives. Mais le gouvernement estime qu'il faut aussi protéger les propriétaires.
Publié le 15/03/2010
3,5 millions de mal-logés en France
Dans son 15e rapport publié lundi, la Fondation Abbé Pierre s'alarme : dix millions de personnes sont affectées de près ou de loin par une crise du logement qui ne cesse de s'aggraver.
Publié le 01/02/2010
Une absurdité dénoncée dès vendredi par le comité de suivi de la mise en oeuvre du Dalo, qui a adopté une motion demandant aux pouvoirs publics de mettre fin aux expulsions de personnes prioritaires pour un relogement. "L'Etat déloge alors qu'il doit reloger selon la loi, c'est un scandale qu'on ne peut pas laisser perdurer", affirme Paul Bouchet, ancien président d'ATD Quart-Monde et membre de ce comité. Le sénateur UMP des Yvelines Dominique Braye, également membre, a dénoncé "un gâchis monumental d'argent public", alors que 18% des personnes qui font un recours Dalo le font au titre de menaces d'expulsions.
Le moratoire, "un très mauvais signal"
Ce samedi, plus de 60 associations de locataires (CNL, CSF), de défense des sans-logis et des mal-logés (Dal, Fondation Abbé Pierre, ATD Quart Monde, Croix-Rouge, etc.) et de syndicats, soutenus par les partis de gauche (PS, PCF, Verts, NPA, PG) appellent à manifester à Paris et dans une quinzaine de villes pour réclamer aussi ce moratoire des expulsions. Ce front "inédit" d'associations vise "à obtenir par la mobilisation dans la rue ce qu'on n'obtient pas en discutant", explique Christophe Robert de la Fondation Abbé Pierre. "La situation est pire qu'avant le début de la trêve", souligne pour sa part Serge Incerti, président de la CNL. "Tous les indicateurs sont au rouge, tous les ingrédients sont là pour que 2010 soit encore plus difficile", renchérit Jean-Baptiste Willaume de la CSF.
Mais le gouvernement ne veut pas entendre parler de moratoire. "Ce serait un très mauvais signal" envoyé aux "propriétaires publics comme privés", estime le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu. Entre le droit à la propriété et le droit au logement, le gouvernement privilégie le premier, mettant en avant le risque, sinon, de "restreindre l'offre de logement pour les personnes modestes ou en difficulté" dans un marché déjà très tendu. Les associations contestent cet argumentaire en période de crise économique et sociale, d'autant qu'il existe un fonds d'indemnisation des propriétaires auquel les préfets peuvent avoir recours (78 millions d'euros en 2005, 31 millions en 2008).
Pour Benoist Apparu, il ne s'agit pas de "mettre des gens à la rue". Une solution "d'hébergement adapté" doit être proposée à toute personne ou famille expulsée, assure-t-il. Mais les associations craignent que les gens soient "baladés d'hôtels en centres d'hébergements déjà surchargés" et dénoncent le coût d'une telle politique.
| Droit au logement : beaucoup d'appelés et peu d'élus |
Entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2009, 140.266 dossiers Dalo ont été déposés sur le plan national (60% en Ile-de-France) et 110.634 accusés de réception délivrés, soit près de 5000 par mois, a précisé vendredi le comité de suivi de la loi. Les commissions de médiation ont examiné 93.553 recours parmi lesquels 43.052 ont fait l'objet d'une décision favorable (37.210 pour un logement, 5842 pour un hébergement) et 42.337 ont été rejetés. Sur les 37.210 décisions favorables pour un logement, 15.410 demandeurs ont reçu une offre par un bailleur, 2426 ont refusé cette offre et 11.007 ont été logés suite à l'offre. Si l'on intègre les ménages relogés avant le passage en commission de médiation, on compte un total de 18.380 ménages relogés après avoir engagé un recours Dalo. |
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