Des retraités et des étudiants pour remplacer les profs absents

le 09 mars 2010 à 10h15 , mis à jour le 12 avril 2010 à 12h04

Dossiers : Violences scolaires, Quel avenir pour les retraites ?

Face à la grogne des parents d'élèves, le ministre de l'Education nationale a annoncé mardi plusieurs mesures visant à faciliter le remplacement des profs absents.

classe école élève © LCI

Des jeunes retraités et des étudiants pourraient être sollicités pour remplacer les enseignants absents, a annoncé mardi le ministre de l'Education. Recevant les recteurs d'académie, Luc Châtel a prôné un "système de remplacement plus réactif et beaucoup plus souple", permettant, par exemple, aux académies de se prêter des remplaçants. De plus, a-t-il expliqué, il faut élargir le vivier de professeurs remplaçants disponibles, surtout pour les absences de courte durée, et mettre en place un fichier de contractuels associés qui s'ajouterait à celui des professeurs non titulaires.

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Plus d'infos

Luc Chatel pense à "des personnes qui auront déjà été vues par les inspecteurs et dont on sait qu'on pourra les appeler au pied levé, pour un ou trois jours, de jeunes retraités de l'Education nationale, des étudiants qualifiés ou adultes diplômés". Il précise que ces personnes bénéficieront de stages d'observation avec des professeurs expérimentés. Il souhaite également que chaque chef d'établissement désigne une personnalité "pilote" chargée de gérer ces questions.

Du "bricolage" pour la FSU

"C'est totalement du bricolage", a dénoncé Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, sur France Inter. "C'est mettre tout le monde en difficulté, y compris ces personnes qui seraient appelées à intervenir, et ce sont des mesures à très courte vue". "Le ministre se met lui-même dans une situation impossible", estime Bernadette Groison. "Il supprime des postes dans l'Education nationale et il fait comme s'il découvrait par ailleurs qu'il y a des services qui ne sont pas rendus".

Le Parti communiste et la Fédération indépendante démocratique lycéenne (FIDL), proche du Parti socialiste, se sont aussi insurgés contre ces propositions et rappellent l'appel des syndicats à une "journée nationale d'action" dans les collèges et les lycées vendredi. "La formation des générations futures est désormais traitée à l'emporte-pièce", le ministre de l'Education "ne connaît qu'une seule opération mathématique, la soustraction", accuse dans un communiqué le PCF, qui dénonce la politique de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. "L'éducation n'est pas un jeu de pions", prévient de son côté la FIDL dans un communiqué. Pour le syndicat lycéen, le ministre "ferait mieux de travailler sur une vraie réforme du lycée et un vrai plan d'embauche massive de personnel éducatif formé".

Grande manifestation le 12 mars

La série d'annonces de Luc Châtel fait suite à plusieurs démarches d'associations de parents d'élèves qui dénoncent la fréquence des absences non remplacées. Encore ce matin, cinquante recours contre le ministre de  l'Education ont été envoyés par des parents d'élèves de cinq écoles de Pantin (Seine-Saint-Denis). Ces parents demandent "une réparation symbolique d'un euro par jour" d'école non remplacé, a déclaré Daniel Garault, délégué FCPE élu des parents d'élèves,  père d'une élève en CE1 à l'école Joliot-Curie. Il avait déjà déposé une plainte contre Luc Chatel mi-février, mais il avait été débouté pour vice de forme.

"On a envoyé des courriers au ministre, au recteur, à l'inspecteur  d'académie, mais personne ne nous a répondu", a déploré M. Garault. "Là, nous  nous sommes entourés d'avocats (...) et nous nous dirigeons vers une  condamnation de l'Etat", a-t-il affirmé lors d'un point de presse organisé à Pantin avant de poster les recours. "Nous demandons un enseignant devant chaque élève et que tout le monde soit  traité de la même façon sur le territoire", a expliqué le parent d'élève, assurant que "certains enfants (avaient) manqué jusqu'à un mois de scolarité depuis le début de l'année" dans des villes de la Seine-Saint-Denis comme Pantin, Saint-Ouen, Gagny et Montreuil.

 

le 09 mars 2010 à 10:15
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113 Commentaires

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  • corinne06, le 09/07/2010 à 15h36

    Très bonne mesure

  • gledouin, le 13/03/2010 à 13h32

    Bien sur, l'enseignement n'est pas un métier, ça ne s'apprend pas, c'est tout au plus un job pour étudiants. Si t'en as d'autres comme ça n'hésite pas. Je serais curieux de voir un étudiant non formé devant mes classes de 25 élèves au collège. Mais malheureusement j'aurais peut-être l'occasion de voir cette absurdité à la rentrée prochaine si la réforme passe.

  • jacquot2000, le 13/03/2010 à 11h38

    Moi j'ai été deux ans dans le privé et meme s'il y a eu des profs absent je ne m'en souvient pas tellement ca devait être rare. Dans le privé, les prof sont des salarié comme les autres qui peuvent etre viré plus facilement que dans l'éducation national.

  • vocabulaire-1, le 10/03/2010 à 15h09

    Réponse à Robert 51, baal... et quelques autres... Les profs sont recrutés à Bac+5 (licence ou master+ préparation aux concours, 10% de réussite..) Les premiers salaires sont actuellement à 1310 euros BRUT (pas de quoi fouetter un chat...) surtout lorsque l'on est nommé en région parisienne ou dans une académie à l'autre bout de la France, où il faudra s'installer, et prévoir quelques retours obligés vers sa famille...(Je sais de quoi je parle, il m'a fallu dix ans avant d'avoir une mutation). Cela a un coût, en Euros, en temps, en fatigue... Aucune indemnité professionnelle n'est prévue: A nous d'acheter ordinateur, matériel de travail, de prévoir une pièce pour travailler à la maison, etc... Eh oui, un(e) prof ne corrige pas ses copies devant les élèves!!!, et ce travail "discret" existe bel et bien... Ex: une rédaction en 10mn, cela vous paraît excessif??? Multipliez par 25 élèves (minimum!), vous arrivez à...plus de 4 heures!!! Et en Français, nous avons 4 ou 5 classes... Et en lycée, il ne faut pas 10 mn pour corriger une dissertation, croyez-moi... Comptez le nombre de devoirs par trimestre, et vous aurez une idée... Certes, nous pouvons corriger le soir, la nuit, le dimanche, ..une vraie chance! Et remplir les bulletins, assister aux conseils de classe, réunions/RV de parents (de plus en plus nombreux), Et préparer quelques cours, non? Ceux qui rabâchent comme des perroquets tous les ans les mêmes cours,ne sont pas les plus nombreux, c'est sûr... Je ne vois que des gens qui adaptent leurs cours à leur public, différent chaque année, et qui essaient de (re) motiver les "clients" en perdition, avec des trésors d'imagination... Certes, nous avons les fameuses vacances. Oui, et je les apprécie. Les élèves n'écoutent plus, en fin de trimestre, ce ne sont pas des cruches à remplir pendant 365 jours... une coupure permet à chacun de revenir plus frais et plus dispos... En général, j'ai besoin de me reposer, de corriger des copies (je prends de l'avance...), je pars peu (en début de carrière, mes moyens ne me permettaient guère de folies, ensuite , tout était calculé: un prof n'est pas pauvre, mais pas riche non plus..., il fallait penser aussi aux études des enfants...) Bref.. Je terminerai en disant que les profs du privé sont souvent des gens qui n'ont pas réussi les concours publics(j'en connais beaucoup) et ont bien galéré pour être embauchés. Est-ce un gage de compétence supplémentaire??? Finalement, j'arrive en fin de "carrière", je suis satisfaite d'avoir exercé ce métier (une "vocation") surtout dans les premières années, mais très déçue de voir ce qu'il est devenu: Nous sommes -peu estimés des parents, (et pourtant, ils nous appellent à l'aide de plus en plus souvent, incapables de gérer les problèmes de leurs enfants) -détrônés par les joies de l'ordinateur (les blogs, les mails...c'est tellement plus rigolo qu'un prof!) , téléphones, etc... -et malgré tout enviés pour tous nos avantages (???) Mais, que diable! Allez-y, faites pousser vos vocations...et passez les concours!! Ils sont ouverts à tous... ou presque!! Quant à moi, je suis bien heureuse que mes enfants n'aient pas choisi ce chemin compliqué: Il vaut mieux travailler soi-même que d'essayer de faire travailler des enfants qui ne le veulent plus. Je ne me plains pas, il y a plus malheureux, j'en suis convaincue, mais cessez de raconter des bêtises, renseignez-vous, les envieux n'ont jamais fait avancer les choses...

  • kilian0611, le 10/03/2010 à 14h34

    Des millions d'heures d'absences en tout genre (arret maladies conges formations) sur une années comme quoi il y a plus qu'un gros probleme et met en évidence que ce gros mammouth a besoin d'un grand nettoyage. commencons deja par rendre l'Education National APOLITIQUE et cela sera deja un grand pas en avant

  • frozengod, le 10/03/2010 à 12h28

    Au lieu de chercher des remplacant, il faudrai mieux trouver les problèmes entrainant l'absenteisme des profs et y remedier non???

  • pinz, le 10/03/2010 à 10h35

    Pas forcement des économies, puisque je le rappel: les profs du privé sont pour leur très grande majorité (voir la totalité) payés par l'état. Ce sont également des fonctionnaires, soumis au même règles mais travaillant sous d'autres conditions. Désolé d'écrouler comme ça vos rêves....

  • robert51, le 10/03/2010 à 09h02

    Kangouroux1 : dans le privé , "un gamin qui se fait trop remarquer "comme vous dites on le prend déjà en main et s'il persiste et ne fait pas d'effort là et seulement là on le renvoie d'où il vient !!!

  • ann93-02, le 10/03/2010 à 08h59

    Bonjour à Narrateurhi et à tous les autres. C'est à peu près ce que j'aurai dit, car je suis certainement dans le même état d'esprit. Ce n'est pas pour prendre le travail des jeunes, mais aider momentanément à pallier ce manque d'enseignants. Jeune retraitée de 57 ans, j'ai cessé mes activités en septembre 2005 où j'exerçais en tant que professeur des écoles et directrice d'école. Depuis, je me sens toujours proche de l'éducation nationale car je suis l'actualité et les programmes. Mes trois filles sont enseignantes. Je suis dynamique et disponible, et ne me suis pas encore engagée dans des activités de bénévolat qu'elles soient. J'apprécie le contact des enfants en particulier de 3 à 11 ans, et suis prête à reprendre du service, sans doute faut-il dire en tant que vacataire ou suppléante. J'aimerais savoir comment m'inscrire ? liste et lieu etc... Je demeure dans le 93 secteur Villepinte. Bien à vous cher collègue.

  • robert51, le 10/03/2010 à 08h53

    Bravo "ouzouz31" tout à fait d'accord avec vous !!

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