La rampe d'accès au camp d'Auschwitz © www.auschwitz.org.pol/P. Sawincki"Mes élèves ne participeront plus au devoir de mémoire et aux cérémonies commémoratives. Je renonce à souscrire à ce que j'appelle une forme de censure", s'indigne mercredi Nathalie Lanzi, conseillère régionale PS et professeur d'histoire-géographie au collège de la Couldre (Deux-Sèvres), dans le Courrier de l'Ouest. La professeure, qui accompagne depuis cinq ans ses élèves aux cérémonies commémoratives et patriotiques qui ont lieu à Parthenay, avait demandé à l'ancienne déportée d'Auschwitz, Ida Grinspan, de rédiger un texte que les élèves devaient lire dimanche dernier. Mais ce témoignage a heurté Michel Birault, ancien gendarme et adjoint en charge des affaires patriotiques à la mairie de Parthenay. Ida Grinspan y évoque son arrestation par "trois gendarmes" à 14 ans. La professeure a accepté, à contrecoeur, de remplacer le mot "gendarmes" par "hommes".
| c'est triste de penser qu'on ne peut pas raconter l'histoire telle qu'elle s'est passée |
Mais cela n'aura pas suffi. Michel Birault a présenté le texte au maire de la ville, Xavier Argenton (NC) qui, lui, a refusé sa lecture. "Ne stigmatisons pas une catégorie professionnelle qui dans ces temps troubles avait obéi aux ordres de l'autorité légitime", aurait-il dit à son adjoint, selon le Courrier de l'Ouest. Ce texte "n'est pas de nature à apaiser les ressentiments à une époque où le repentir est malheureusement mis en exergue", aurait-il ajouté. "Dans un pays démocratique comme le nôtre, c'est triste de penser qu'on ne peut pas raconter l'histoire telle qu'elle s'est passée", a déploré pour sa part Ida Grinspan. "C'est terrible, cette mentalité-là. Il faut savoir regarder la vérité en face. Ce que je dis dans ce texte, je le dis à chaque fois que j'interviens dans une école. Je dis simplement ce qui a été", poursuit-elle dans les colonnes du quotidien local.
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