Violences scolaires : quelles solutions ?

Par , le 07 avril 2010 à 06h00 , mis à jour le 07 avril 2010 à 17h03

Dossier : Violences scolaires

A l'initiative du gouvernement, des "Etats généraux de la sécurité à l'école" se tiennent mercredi et jeudi à Paris autour de scientifiques et de représentants du monde éducatif.

Le contrôle des élèves déjà renforcé dans certains lycéesAlors que Xavier Darcos a confirmé mercredi sa volonté de lutter plus activement contre l'insécurité dans les établissements scolaires, certaines écoles ont déjà pris des mesures. Exemple à Aubervilliers. © eTF1

Annoncés le 16 février par Luc Chatel à la suite d'une série d'agressions violentes dans différents établissements scolaires, les "Etats généraux de la sécurité à l'école" se tiennent mercredi et jeudi à Paris. Réunis à la Sorbonne sous la direction du chercheur Eric Debarbieux, scientifiques et représentants du monde éducatif, d'associations et du gouvernement participeront à une série de séances plénières, tables rondes et ateliers thématiques. "J'attends d'abord, pour la première fois, un vrai travail de fond entre les différents acteurs", a déclaré la semaine dernière le ministre de l'Education nationale. Les thèmes des dix ateliers donnent une idée de l'approche choisie pour ces Etats généraux : "Mesure de la violence", "L'élève : auteur, victime de la violence", "La prévention des discriminations", "L'enseignement, la classe et l'autorité", "La formation à la prévention de la violence", "La 'judiciarisation' et les droits des victimes", "L'établissement face à la violence, les conditions de la mobilisation", "Les règles du vivre-ensemble" ou encore "Quels partenariats locaux?".
  • Son prof lui fait un reproche, il le poignarde

    Mercredi matin, un élève de 4e d'un collège de Moselle a donné un coup de couteau à son professeur qui l'avait retenu à la fin du cours pour un cahier mal tenu. Le pronostic vital de l'enseignant n'est pas engagé.

    Publié le 28/04/2010 Son prof lui fait un reproche, il le poignarde
  • Tir à blanc dans un lycée strasbourgeois : l'élève a donné 2 versions

    Un lycéen qui a reconnu lors de sa garde à vue avoir tiré un coup de feu à blanc sur une enseignante le 31 mars a été mis en examen vendredi et remis en liberté sous contrôle judiciaire. Il a d'abord évoqué un pari avant d'affirmer avoir agi seul de sa propre initiative.

    Publié le 09/04/2010 Tir à blanc dans un lycée strasbourgeois : l'élève a donné 2 versions
  • Etats généraux de la sécurité à l'école : ce qui a été décidé

    Parmi les décisions annoncées jeudi par le ministre de l'Education à l'issue des états généraux de la sécurité à l'école : le maintien de la "sanctuarisation" des établissements et la menace de suppression des allocations familiales aux parents d'élèves trop absents.

    Publié le 08/04/2010 Etats généraux de la sécurité à l'école : ce qui a été décidé
  • L'intrusion armée dans un lycée de Strasbourg issue d'un pari ?

    Le lycéen de 16 ans, soupçonné d'avoir tiré un coup de feu à blanc sur une enseignante le 31 mars dans un lycée de Strasbourg, a été placé mercredi en garde à vue où il a reconnu les faits. Il affirme avoir agi à la suite d'un pari.

    Publié le 08/04/2010 L'intrusion armée dans un lycée de Strasbourg issue d'un pari ?
  • Trois lycéens en garde à vue pour avoir insulté une autre élève

    L'affaire, révélée par le syndicat Snes-FSU et la fédération des conseils de parents d'élèves, FCPE, remonte à fin mars à Marseille. La mère de l'élève insultée était commandante de police.

    Publié le 06/04/2010 Trois lycéens en garde à vue pour avoir insulté une autre élève
  • Explosions dans un lycée à Metz : un adolescent arrêté

    <b>Info TF1 News -</b> Un adolescent est entré dans une classe du lycée hôtelier Raymond Mondon, à Metz, vendredi matin, pour y déposer des engins artisanaux qui ont explosé peu après, faisant quelques dégâts mais pas de blessés.

    Publié le 26/03/2010 Explosions dans un lycée à Metz : un adolescent arrêté
  • Intrusion armée dans un lycée de Strasbourg

    Un individu cagoulé et porteur d'une arme de poing probablement factice a fait irruption mercredi dans une classe d'un lycée de Strasbourg et tiré un coup de feu avant de s'enfuir.

    Publié le 31/03/2010 Intrusion armée dans un lycée de Strasbourg
  • Lycéen tué: l'agresseur présumé refuse de parler

    Le jeune homme suspecté d'avoir poignardé à mort Hakim vendredi dans leur lycée du Val-de-Marne, a été déféré dimanche soir devant le parquet de Créteil.

    Publié le 11/01/2010 Lycéen tué: l'agresseur présumé refuse de parler
  • Les lycées et les gares sous surveillance vidéo ?

    Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a proposé vendredi soir sur France 3 l'installation de caméras de vidéosurveillance dans tous les lycées et les gares de France.

    Publié le 06/03/2010 Les lycées et les gares sous surveillance vidéo ?
  • Agression dans un lycée de Vitry: la grogne des profs continue

    Les enseignants de l'établissement, où un élève a été agressé, ont décidé vendredi de ne pas reprendre les cours lundi afin d'obtenir de meilleures conditions de sécurité. Ils exhortent le ministre de l'Education nationale à débloquer "rapidement" la situation.

    Publié le 05/02/2010 Agression dans un lycée de Vitry: la grogne des profs continue
  • Passé à tabac dans son lycée par sept personnes

    Un lycéen a été hospitalisé après avoir été agressé par sept personnes cagoulées mardi à l'intérieur de son établissement à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, où un coup de feu a été tiré en l'air. Deux mineurs ont été interpellés.

    Publié le 02/02/2010 Passé à tabac dans son lycée par sept personnes
  • Rixe devant un lycée: un jeune blessé au couteau

    Le jeune homme a été blessé la cuisse par un coup de couteau lundi matin devant un lycée de Chennevières-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.

    Publié le 11/01/2010 Rixe devant un lycée: un jeune blessé au couteau
  • Violences sur le chemin du lycée : 3 arrestations

    Trois collégiens soupçonnés d'avoir agressé et racketté des lycées sur le chemin de l'école à Gonesse, ont été présentés à un juge.

    Publié le 25/09/2009 Violences sur le chemin du lycée : 3 arrestations
  • Les jupes et les shorts interdits au lycée ?

    Un élève a été sanctionné pour avoir organisé une "journée du short" après plusieurs "remarques" du personnel enseignant au sujet du port de la jupe et du short.

    Publié le 16/09/2009 Les jupes et les shorts interdits au lycée ?
  • Expédition punitive dans un lycée

    Deux individus se sont introduits mardi dans un lycée professionnel de Pont de Cheruy, dans le Rhône, et ont frappé à coups de bâton deux élèves, qui ont du être hospitalisés.

    Publié le 16/09/2009 Expédition punitive dans un lycée
  • "Le ministre ne veut pas nous entendre"

    Corinne Barre, professeur au lycée Adolphe Chérioux à Vitry-sur-Seine (Val de Marne), participait à la manifestation à l'ouverture des états généraux sur la violence en milieu scolaire.

    Publié le 07/04/2010 "Le ministre ne veut pas nous entendre"
  • Les violences scolaires au coeur des débats

    Comment éradiquer la violence à l'école ? La question est posée alors que des états généraux s'ouvrent sur le sujet mercredi. Une violence dont le nouveau visage désarme les acteurs du monde éducatifs. C'est l'enquête du 20 heures.

    Publié le 06/04/2010 Les violences scolaires au coeur des débats
Plus d'infos

 
Luc Chatel souhaite la mise en place d'"un éventail de sanctions plus large", qui réponde tant au manque de respect à un professeur qu'à un cas de racket violent. "Il est clair que nous ne sommes pas bien armés, en France, dans notre dispositif de sanctions : elles ne sont ni assez graduées ni suffisamment compréhensibles pour les élèves", estime le ministre dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui de mardi. Luc Chatel doute par exemple que "le fait de changer quatre fois d'établissement un élève perturbateur soit la bonne réponse". Il veut en revanche développer les mesures d'éloignement des "élèves difficiles" en "rendant plus réactif et en débloquant des moyens financiers" pour le système des classes-relais, actuellement au nombre de 400. Selon l'inspecteur général honoraire Goerges Fotinos, concepteur d'un baromètre sur le climat des établissements scolaires et interrogé dans Le Monde, "17 000 jeunes sont définitivement exclus chaque année de leur établissement à l'issu d'un conseil de discipline et plus de 367 000 pour un ou plusieurs jours".

"Une dramatisation souvent excessive entrave une action de long terme"
  
Après de nouveaux incidents début 2010, enseignants et parents d'élèves réclament davantage de surveillants, dont les statuts se sont précarisés au cours des années 2000. Alors que le gouvernement prévoit de supprimer 16.000 postes d'enseignants cette année, ces Etats généraux seront-ils une énième initiative politique (cf encadré) ? Eric Debardieux se veut prudent : l'objectif est de "comprendre, prévenir, agir". Et il met en garde contre "des schémas simplistes pour aborder un phénomène complexe. Une dramatisation souvent excessive entrave une action de long terme". "Il s'agit selon moi de mettre en place des actions faisant consensus, pour plusieurs années, et qui échappent à tout changement de ministre", explique-t-il a l'afp. "Je ne crois pas à une augmentation globale de la violence", a-t-il ajouté, mais les risques sont concentrés dans "5 à 10% des établissements, situés dans des zones défavorisées".
  
En 2008-2009, collèges et lycées ont recensé en moyenne 10,5 incidents graves pour 1.000 élèves, en baisse par rapport aux 11,6 de l'année précédente, selon le ministère de l'Education nationale. Selon un sondage Ipsos pour France Soir du 17 mars, 81% des parents  interrogés pensent que leurs enfants sont en sécurité dans leur établissement.

Sur LCI Radio, Corinne Barre, professeur au lycée Adolphe Chérioux à Vitry-sur-Seine (Val de Marne), participait à la manifestation à l'ouverture des états généraux sur la violence en milieu scolaire. 

 

Au Lycée Jean Zay à Bondy, la violence scolaire c'est d'abord l'irrespect

 

Les mesures gouvernementales prises depuis 1992

-En mai 1992, Jack Lang classe 80 établissements comme "sensibles". Ils reçoivent un renfort de 300 postes administratifs et 2.000 appelés du contingent. Un bonus de carrière doit inciter les enseignants au volontariat dans ces établissements. Le plan prévoit aussi un partenariat avec la police et la justice.
-En mars 1995, son successeur François Bayrou décide la réduction de la taille des établissements "sensibles", crée un fonds d'assurances pour les enseignants, des postes de "médiateurs" et un numéro SOS-violence. L'année suivante, il crée des "classes-relais", renforce les effectifs d'encadrement avec 2.200 appelés, 150 surveillants, 50 conseillers principaux d'éducation (CPE) et de nouveaux postes de personnels de santé. Il relance l'internat et propose un tutorat aux professeurs débutants.
-En novembre 1997, le plan anti-violence de Claude Allègre concentre sur 400 établissements de six académies des moyens humains supplémentaires : chefs d'établissements adjoints, CPE, assistantes sociales, infirmières et 30.000 emplois-jeunes. Il établit une aide aux victimes.
-En janvier 2000, Claude Allègre lance son second plan, avec la volonté de rétablir le civisme et réformer les textes régissant la justice scolaire. Le système de classes-relais et de l'école ouverte (accueil dans les établissements  en dehors des heures de cours) est étoffé. Près de 7.000 personnels supplémentaires (emplois-jeunes, surveillants, infirmières) sont affectés.
-En octobre 2000, M. Lang installe le "Comité national de lutte contre la  violence scolaire" qui formule des recommandations pour les établissements.  D'autres mesures suivront, comme un bonus de carrière pour les enseignants volontaires dans une centaine de collèges franciliens, le logiciel SIGNA pour recenser les actes violents et l'opération "Le respect à l'école".
-Mai 2009, en réaction à de nouveaux incidents, après lesquels Nicolas Sarkozy avait prôné une "sanctuarisation" des établissements, Xavier Darcos annonce la création d'"équipes mobiles de sécurité".
-A la rentrée 2009, Luc Chatel définit un "plan de sécurisation", comprenant des "diagnostics de sécurité" (pouvant aboutir au cas par cas à l'installation de clôtures et de systèmes de vidéosurveillance) et un plan de formation à la gestion de crise et à l'exercice de l'autorité devant viser à terme 14.000 personnes.

Par Alexandra Guillet le 07 avril 2010 à 06:00
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61 Commentaires

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  • michu75, le 19/04/2010 à 08h35

    Il y a un monde entre l"enfant à la maison et l'enfant a l'école des agneaux transformés en loups et vice versa des profs incompétents qui ne sont debordés déjà en maternel et qui acceptent qu'un enfant de quatre ans les insulte ou soit violent des parents qui n'acceptent pas les régles de la vie scolaire la suite on la connait.............................................

  • globetrotter3, le 11/04/2010 à 10h34

    L'éducation première des enfants commence chronologiquement par les parents. Les Profs ne peuvent pas pallier à des carences parentales, ou si peu. Les notions de respect, d'esprit civique,d'une crainte de l'autorité etc.. commencent dès le plus jeune âge. Si les parents étaient un peu plus sanctionnés d'avoir laissé leur progéniture s'élever seule dans la rue tard le soir, de ne pas se préoccuper si devoirs sont faits et leçons sues, de leur donner raison quand un Prof veut sévir etc.. Mais toucher aux prestations sociales est impensable en France: on voit ce que ça donne comme résultat, l'angélisme et la lâcheté : ça empire sans arrêt. D'un autre côté les Profs et mai 68 ont porté un coup fatal à l'autorité, et à présent le boomerang leur revient dans la gueule.

  • kilian0611, le 09/04/2010 à 15h44

    C'est pour cela qu'il faille toucher au portefeuille et faire des suspension temporaires sur les prestations sociales et la croyez moi que ca va en faire réagir certains !!!! mais faut il encore que si on opte pour cette méthode que la Gauche soit elle aussi d'accord

  • alea53, le 08/04/2010 à 15h01

    Des gendarmes à la porte et à l'intérieurs des lycées et collèges...Cela fonctionne déjà...

  • baal_, le 08/04/2010 à 12h17

    N'importe quoi, y a des tueries aux USA, bagarres, règlements de comptes, pneus des profs crevés et j'en passe. Ne prenez pas que les exemples qui vous intéressent. Bien sûr qu'il faut sévir, mais pas juste pour faire comme les autres.

  • lannaah, le 08/04/2010 à 06h00

    Tout commence dans les familles : tant que les parents n'éduqueront pas leurs enfants, qu'il y aura ces "enfants rois" qui se donnent tous les droits, on n'en sortira pas.

  • andine972, le 08/04/2010 à 03h40

    Apprendre les bonnes manières à des parents vivant dans ce pays des lumières qu'est la France, quelle tristesse,

  • andine972, le 08/04/2010 à 03h26

    Il n'y a plus d'enfants, plus d'adultes, dans cette société tout le monde a le même âge et l'on s'étonne.

  • clementine1218, le 08/04/2010 à 02h10

    Nicko50160, justement pour ne plus côtoyé les jeunes non éduqué ce n'était pourtant pas dur a comprendre. Entièrement d'accord corinne06 il faut taper la ou ça fait mal et peu être que les parents feront leurs travail de parents.

  • pecari31, le 07/04/2010 à 23h10

    Pecari, C'est la descente aux enfers depuis Mai 68, mreci Chn-bendit qui a viré du rouge au vert

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