Xynthia : des sinistrés préparent la riposte en justice

le 09 avril 2010 à 17h09 , mis à jour le 09 avril 2010 à 17h50

Dossier : Xynthia, une tempête sur la France

Des sinistrés de la tempête Xynthia dont les maisons vont être rasées car elles se trouvent dans les "zones noires" s'apprêtent à saisir les tribunaux administratifs.

L'annonce d'une "indemnisation à 100%" des propriétaires des maisons promises à la démolition parce que situées dans les zones "noires" touchées par la tempête Xynthia  n'a pas suffit à calmer les esprits. Individuellement ou réunis en collectifs les riverains concernés se préparent à attaquer l'Etat en justice pour garder leur toit. "Il y a quelque chose de violent sans aucune procédure de concertation. Les préfets ont laissé faire et aujourd'hui ils interviennent dans l'urgence et dans l'émotion", affirme Bruno Kern, spécialiste en droit public et ancien chargé de la mission urbanisme auprès du médiateur de la République. En Charente-Maritime comme en Vendée, les sinistrés ne comprennent pas "l'arbitraire" de la cartographie.
  • Après Xynthia, remous autour de zones noires baladeuses

    Un rapport révélé par Figaro modifie le tracé des zones décrétées inhabitables après le passage de la tempête et revoit à la baisse le nombre de maisons à exproprier. Certaines ont pourtant déjà été rachetées par l'Etat. Philippe de Villiers monte au créneau.

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  • Xynthia: plainte contre X pour "homicide involontaire"

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  • Sinistrés de Xynthia : vers une plainte au pénal

    L'Association des Victimes des inondations à la Faute-sur-Mer et des environs "devrait déposer plainte au pénal très rapidement", sous 15 jours, selon l'avocate Corine Lapge.

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  • Les sinistrés de Xynthia à l'Etat: "Arrêtez-vos zoneries"

    Près de 500 personnes, élus locaux, habitants et membres des collectifs de sinistrés ont défilé sur l'île de Ré pour protester contre des "décisions prises dans l'urgence et la précipitation".

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  • Xynthia: le gouvernement promet "100% d'indemnisation"

    Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a assuré vendredi que les sinistrés de la tempête Xynthia situés en "zone noires" seront indemnisés "totalement".

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Un zonage "arbitraire" ? 

Plus de 300 habitants de Charron, la commune la plus durement touchée de Charente-Maritime où quelque 180 maisons devraient être détruites, ont laissé éclater leur colère jeudi soir devant le préfet. Thierry Demaegdt, président de l'association "Reconstruire Charron", estime qu'en dehors de certaines "rues évidentes" d'autres avaient selon lui été classés "arbitrairement en zone noire". Il a annoncé des recours contre cette décision "unilatérale, totalitaire et inadmissible" et s'apprête à envoyer une pétition d'un millier de noms au président Nicolas Sarkozy. "J'ai devant moi des gens qui n'ont pas eu d'eau dans leur maison, une dame qui n'a même pas déclaré de sinistre", dit-il à l'AFP.

En Vendée, une cinquantaine d'habitants de La Faute et de L'Aiguillon ont  déjà contacté un avocat spécialisé en droit public pour entamer une action collective. Leur conseil, Me Yves-Noël Gentil envisage de contester le bien fondé du zonage qui n'a pas été effectué "de façon pertinente et approfondie", selon lui. "Attaquer l'Etat en responsabilité me paraît la meilleure des choses pour les sinistrés. Il n'y avait pas une urgence telle pour que l'Etat prenne une décision unilatérale", déclare l'avocat parisien Bruno Kern. Le maire de Charron Jean-François Faget juge d'ailleurs des "recours  possibles" sur une "mauvaise définition de la zone noire". Me Kern explique que ce n'est pas le principe du zonage qui est contestable mais la façon dont il a été mis en oeuvre, "sans concertation avec les sinistrés et les élus". Une procédure qui met à mal "la décentralisation du pouvoir", souligne-t-il, déplorant également qu'il n'y ait pas eu "de véritables études des services de l'Etat sur les risques et les moyens d'y remédier".

L'entretien des digues également en question

A Aytré (Charente-Maritime), Marie-Olivia Rocca, présidente de l'Association de défense des intérêt des victimes de Xynthia, remarque, amère, qu'elle n'a vu passer aucun expert de l'Etat avant la publication des cartes. Me Kern ne cache pas que contester la décision de l'Etat, c'est s'engager  dans une procédure longue et difficile "notamment pour des questions d'expertises". Mais cela reste envisageable surtout pour des maisons situées "à  la marge des zones noires", dit-il, ajoutant que ces éventuels recours ne doivent pas dissuader pour autant les demandes d'indemnisation.

Les sinistrés pourraient aussi saisir la justice de la question de l'entretien des digues et des ouvrages de protection, un sujet "compliqué" pour  établir les responsabilités, selon Me Kern. A Charron, un projet de reconstruction des 6 km de digues, lancé depuis huit à neuf ans, n'attendait plus que le déclenchement d'une enquête publique, indique Patrick Blanchard, président du syndicat intercommunal d'aménagement hydraulique du Curé, en charge du dossier.

A lire aussi : Le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a assuré vendredi matin que les sinistrés de la tempête Xynthia situés en "zone noires" seront indemnisés "totalement".

le 09 avril 2010 à 17:09
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4 Commentaires

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  • 1potiron, le 10/04/2010 à 20h54

    Une seule solution : lats tribunaux administratifs ! Battez-vous.

  • nicapae, le 09/04/2010 à 19h29

    Il y a quelque chose d irresponsable et de bien francais : "oui il faut changer il y a un problème mais non pas moi , pas ma maison .."

  • mcg35, le 09/04/2010 à 18h55

    Quand ces gens ont acheté leur terrain, ils ne se sont pas renseigné si ces zones, en-dessous du niveau de la mer, situées dans une région extrêmement platte, étaient inondables ... Des personnes âgées auraient pu leur dire qu'en 1940, ces mêmes régions avaient été inondées ... 250 000 ?, le prix est tout à fait raisonnable. Il permet l'achat d'un autre bien, et comme le dit très bien une dame dans le reportage, de "se reconstruire" et de "reconstruire" dans une région sûre. Maintenant, que les personnes qui veulent à tout prix rester ne demandent pas l'aide de la collectivité - assurances notamment - lorsqu'elles auront des problèmes. On est adulte, on prend des décisions, et on assume les conséquences de ses décisions.

  • henri_bambelle, le 09/04/2010 à 18h39

    Si la justice leur donne tort et révise les indemnisations à la baisse, ils vont avoir l'air malin !

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